lundi 24 juillet 2017

Ismaël Emelien, l'éminence grise d'Emmanuel Macron

Ismaël Emelien, le conseiller spécial du Président de la République.
J'évoquais hier les similitudes entre Emmanuel Macron et Barack Obama mais l'ex président américain n'est pas la seule source d'inspiration pour le fondateur d'En Marche !
L'ancien directeur du Fonds Monétaire International, Dominique Strauss-Kahn est un autre de ses maîtres à penser.
Des rencontres régulières auraient eu lieu entre ces deux amoureux du libéralisme et L'Express n'hésitait pas à parler en octobre 2016 d'une "filiation certaine entre DSK et Macron" en reprenant à son compte les propos d'Ismaël Emelien.

Emmanuel Macron nourrit surtout des contacts directs et réguliers avec DSK. "Entre eux, il y a une estime et un respect réciproques, affirme Emelien. Ils partagent la même analyse de l'importance de la relation franco-allemande. Le concept d'égalité réelle [défendu par Macron], DSK l'avait développé dans une note de la Fondation Jean-Jaurès en 2004. DSK apprécie d'avoir quelqu'un qui porte ses valeurs."  

Un ami commun aux deux hommes ajoute: "Comme DSK, Macron est l'un des rares à pouvoir expliquer le monde à la France et la France au monde; tous deux sont dotés d'une grande intelligence et d'une capacité de séduction. Mais la différence, c'est que DSK était très soucieux du parti." Macron, lui, transgresse, suscitant ce doute d'un ancien du PS: "DSK se retrouve face à un mec qui fait ce qu'il aurait pu faire il y a dix ans. Qu'en pense-t-il vraiment?" 
Ismaël Emelien, qui est-ce ?
Un inconnu pour la grande majorité de la population mais surtout un des liens les plus forts unissant les visions strauss-kahniennes et macronistes.




Né le 9 mars 1987 à Grenoble, Emelien est le conseiller spécial de l'Elysée, il débuta sa carrière politique en intégrant... l'équipe de Dominique Strauss-Kahn (son professeur à Science-Po) en 2005 :


Son parcours politique commence en 2005. Alors à Sciences-Po Paris, Emelien n'a que 19 ans quand il décide de suivre son professeur, un certain Dominique Strauss-Kahn, dans sa campagne pour l'investiture socialiste à la présidentielle. Le jeune Emelien joue d'abord les petites mains dans l'équipe du candidat mais finit par aider Gilles Finchelstein à mettre la main aux discours du socialiste, note "l'Express" dans un portrait publié à l'automne dernier. 

Gilles Finchelstein est lui-même un proche de DSK, directeur général de la Fondation Jean-Jaurès qui a pour but de « favoriser l’étude du mouvement ouvrier et du socialisme international, de promouvoir les idéaux démocratiques et humanistes par le débat d’idées et la recherche, de contribuer à la connaissance de l’homme et de son environnement, de mener des actions de coopération économique, culturelle et politique concourant à l’essor du pluralisme et de la démocratie dans le monde ».




Du blabla de première catégorie pour une usine à "bien-penser" financée en grande partie par les deniers publics : Selon les propres informations de la fondation, son budget global en 2010 s'élevait à 2 100 000 euros dont 80 % provenant de différents services et ministères de l'État et 2 % des groupes socialistes du Parlement et du Sénat.


Notons qu'en 2014 la fondation crée un "observatoire des radicalités politiques" dont est membre l'inénarrable Rudy Reichstadt, le chasseur de complotistes.


Mais revenons à Gilles Finchelstein qui est accessoirement membre du Club Le Siècle (comme a également pu l'être DSK ) ou encore auteur d'un livre avec Mathieu Pigasse (passé par la banque Lazard et actuellement co-propriétaire -avec Pierre Bergé et Xavier Niel- du quotidien Le Monde).
Finchelstein, comme on a pu le constater, possède quelques relations et sera le mentor d'Ismaël Emelien .


en 2006, le jeune homme reprend ses études et effectue un stage auprès de son mentor strauss-kahnien Gilles Finchelstein au sein de la fondation Jean Jaurès et de l'agence Havas.

Le jeune Emelien baigne donc dans les eaux claires de la Pravda, une assurance d'un formatage idéologique et mondialisto-compatible de premier plan.

En 2013, alors qu'il travaille pour Havas (dirigé par Yannick Bolloré, membre du Club Le Siècle lui aussi), il permet à Nicolas Maduro de remporter l'élection présidentielle vénézuélienne.




Malgré son jeune âge, Ismaël Emelien est donc déjà rompu aux joutes politico-médiatiques quand il rejoint En Marche !.

Pour conclure, l'épisode relaté ci-dessous est assez caractéristique de l'importance du paraître, de la superficialité et de la nécessité de posséder une bonne formule publicitaire pour espérer convaincre le plus grand nombre :


Deux scènes du documentaire "les Coulisses d'une victoire" de Yann L'Henoret illustrent à merveille le rôlé clé d'Emelien auprès de d'Emmanuel Macron. La première a lieu deux heures avant le débat télévisé du 20 mars. "Quand tu dis par exemple, moi j'augmente tous les salaires nets, tu perds des gens, ça fait trop papa Noël. Faut que tu dises, j'augmente tous les salaires nets, mais je demande beaucoup plus d'effort quand on est en recherche d'emploi [...]", intime Emelien, avec ses grosses lunettes et sa doudoune sans manche. Et d'ajouter :

"Il faut que t'aies à chaque fois la caresse et la claque. Sinon t'es pas audible."

L'autre scène remonte au 1er mars dernier. Macron apprend que Fillon ne se retire pas de la course lors de sa visite au salon de l'agriculture à Paris. A ses côtés, Richard Ferrand sort son téléphone portable et lui lit les éléments de langage concoctés par Emelien : "Ismaël dit : Chose importe, c'est pas 'pas de commentaire à faire', mais 'JE n'ai pas de commentaires à faire', insiste bien sur le 'JE'. Sur la dimension judiciaire : 'Cela concerne François Fillon ET SES JUGES. Cette notion de 'ET SES JUGES' lui paraît très importante. Et sur la dimension politique : 'c'est les Français qui jugeront'. Ca fait trois mots, ça paraît basique, mais il dit c'est les trois phrases-clés." "Je suis d'accord", répond Macron. Avant d'aller réciter ces phrases au mot près devant la foule de caméras qui l'attend.  
D'une certaine manière, Ismaël Emelien représente donc le chaînon manquant entre l'ex directeur du FMI et candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2007 et l'actuel président français, lui-même adoubé par le Fonds Monétaire International.
Une vision globaliste digne de la Fabian Society.

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