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dimanche 28 octobre 2018

"Conversations avec Monsieur Poutine" d'Oliver Stone


Un documentaire non dénué d'intérêt réalisé par Oliver Stone.
On aurait aimé que quelques sujets soient abordés plus en profondeur (la religion notamment) mais ce que dit (et ne dit pas) Vladimir Poutine permet tout de même de cerner un peu mieux le personnage.
Intéressant notamment la façon dont ce dernier voit Donald Trump et son prédécesseur Barack Obama et la manière qu'il a de décrire le poids de "l'état profond" (il n'emploie pas cette expression mais l'idée est là) sur les présidents américains.
Ce même état profond que certains fauteurs de guerre (Serbie, Libye...) louent :


Pour revenir à ce "Conversations avec Monsieur Poutine", on notera quelques contradictions chez le président russe, notamment lorsqu'il évoque les musulmans de Russie qui n'auraient qu'une seule patrie (russe donc) pour ensuite évoquer les milliers de musulmans russes qui se battent pourtant sous la bannière... de l'Etat Islamique en Syrie...
Quoiqu'il en soit, ces entretiens font ressortir un Poutine pragmatique, intelligent, habile, très attaché à l'ONU et à un ordre international respectant le "multilatéralisme".
Enfin, Vladimir Poutine ne semble pas très lié à la religion chrétienne orthodoxe sinon pour s'en servir de "ciment" afin de structurer une société russe qu'avait laissé sans repères des décennies de communisme.

Partie 1 :



Partie 2 :



Partie 3 :



Partie 4 :


mercredi 10 octobre 2018

Russie : le grand rabbin russe fustige la livraison des S-300 à la Syrie

Vladimir Poutine et Berel Lazar

Des nuages semblent s'amonceler dans le ciel (si bleu jusqu'ici) des relations entre le président russe Vladimir Poutine et le grand rabbin de Russie Berel Lazar.
Ce dernier était même de la délégation russe qui s'est rendue en Iran en avril dernier : 

Le grand-rabbin de Russie Berel Lazar s'est rendu à Téhéran au printemps dernier. Cette information, publiée initialement dans les médias israéliens, a été confirmée par une source diplomatique informée.
(...)
Début septembre, des médias israéliens ont rapporté que le grand-rabbin de Russie Berel Lazar faisait partie de la délégation de la Douma. En particulier, le site Ynet a écrit que «malgré les objections iraniennes, la Russie, qui cherche à améliorer les liens commerciaux et économiques avec Téhéran, a imposé la participation de Berel Lazar comme une condition de la visite». La visite de représentants de la communauté juive à Téhéran a été également confirmée par le milieu d'experts.

Mais cela, c'était avant la mort des 15 soldats russes et la livraison des missiles S-300 à la Syrie qui en a découlé.
Cette opposition du leader de la Fédération des communautés juives de Russie à Vladimir Poutine sera-t-elle sans conséquence ?
L'avenir nous le dira.

***

Dans une démarche rare, Berel Lazar a qualifié la décision de fournir des systèmes avancés de défense antiaérienne au régime d'Assad "d'erreur", indiquant en avoir parlé à Poutine

Le grand rabbin de Russie a déclaré que la décision prise par Moscou d’approvisionner la Syrie en missiles antiaériens avancés est une « erreur », une réprimande rare de la part de cet homme de la politique de défense mise en oeuvre par son pays.

Berel Lazar, du mouvement hassidique ‘Habad, a tenu ces propos jeudi lors d’une conférence organisée par le groupe culturel du Limmud FSU à Sighet, en Roumanie.

La Russie a donné à la Syrie le système S-300 suite à l’abattage accidentel, le mois dernier, d’un avion espion russe par les forces syriennes, alors qu’elles répondaient à une frappe israélienne dans l’espace aérien syrien. La Russie a attribué la responsabilité de cet incident, au cours duquel 15 soldats russes sont morts, à Israël.

« Je pense que c’est une erreur qui ne fera qu’augmenter les problèmes dans la région », a dit Lazar, qui rencontre régulièrement le président russe Vladimir Poutine, au journaliste israélien Eli Mandelbaum sur le transfert de missiles.

Le groupe de Lazar, la Fédération des communautés juives de Russie, s’est souvent exprimé contre les expressions d’antisémitisme en Russie et certains aspects de la politique russe en ce qui concerne Israël, notamment du vote de Moscou, en 2017, en faveur d’une résolution de l’ONU qui ignorait la signification de Jérusalem pour les Juifs. Mais Lazar, qui dit s’opposer à l’implication excessive des leaders communautaires juifs dans la politique russe, a rarement critiqué publiquement la Russie concernant ses relations bilatérales avec Israël sur des sujets dénués de dimension religieuse.

Le rabbin, né en Italie et devenu citoyen russe en l’an 2000, a déclaré que lui et son organisation « parlent de la question des S-300 avec le président », se référant à Poutine. « Nous expliquons, ai-je envie de dire, le caractère sensible de ce problème pour nos frères en Israël, à Sion, et nous espérons que la Russie et Israël pourront continuer à coopérer pour stopper le terrorisme, pour stopper l’Iran et qu’Israël continuera à garder ses frontières et à neutraliser toutes les menaces avant qu’elles n’atteignent son seuil ».

Depuis des années,Israël et ses alliés font pression sur la Russie pour que cette dernière ne livre pas à la Syrie et à d’autres acteurs régionaux le système S-300, affirmant que cela limiterait la capacité israélienne à neutraliser les menaces terroristes et notamment le groupe du Hezbollah, basé au Liban.

Plusieurs centaines de personnes ont assisté à cet événement organisé à Sighet, lieu de naissance d’Elie Wiesel, lauréat du prix Nobel de la paix et survivant de la Shoah décédé en 2016.

Au mois d’août, la police roumaine avait arrêté un homme de 37 ans soupçonné d’avoir écrit des slogans antisémites sur la maison d’enfance de Wiesel.

Source : TimesofIsrael

mardi 9 octobre 2018

Vers un siège franco-allemand au Conseil de sécurité de l'ONU et une assemblée commune entre la France et l'Allemagne ?


Les "élites" dirigeantes de la France semblent fatiguées par le pouvoir, à un point tel qu'elles songent à laisser l'Allemagne prendre la direction du pays.
Premièrement en créant une assemblée commune avec le voisin teuton mais aussi en partageant avec lui le siège au Conseil de sécurité de l'ONU.
Ce n'est ni plus ni moins que de la haute trahison (une de plus) envers les intérêts du peuple français mais c'est tout sauf surprenant et dans la lignée d'une Union Européenne qui n'est que le masque de la domination germanique sur le Vieux Continent et en premier lieu sur la France.
C'est évidemment tout sauf un "couple" sain et équilibré, chose qui ne saurait exister en matière de relations internationales dans lesquelles le balancier penche toujours du côté du plus fort, mais la soumission volontaire (et de moins en moins dissimulée) du vassal français au suzerain germanique.

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L'idée d'une «assemblée parlementaire commune» franco-allemande chemine

Par  Le Figaro.fr avec AFP   Mis à jour le 20/09/2018 à 23:54  Publié le 20/09/2018 à 23:46

Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand a choisi pour son premier déplacement à l'étranger l'Allemagne, où il a évoqué jeudi devant son homologue allemand Wolfgang Schäuble l'idée d'une "assemblée parlementaire commune" des deux pays.

"Je salue la grande idée que serait la création d'une assemblée parlementaire commune qui pourrait avoir pour rôle de suivre la mise en oeuvre des décisions des conseils des ministres conjoints", a déclaré M. Ferrand, selon le texte de son discours transmis par la présidence de l'Assemblée.

M. Ferrand et M. Schäuble s'étaient retrouvés à l'Hôtel de Ville de Lübeck pour des échanges à propos du nouveau Traité de l'Élysée souhaité par le Bundestag et l'Assemblée.

M. Schaüble et le prédécesseur de M. Ferrand, François de Rugy, avaient appelé en janvier à la conclusion d'un nouveau traité de coopération franco-allemande, à l'occasion du 55e anniversaire du "Traité de l'Elysée", conclu en 1963 entre Paris et Berlin.

Source : LeFigaro

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Vers un siège franco-allemand au Conseil de sécurité de l'ONU ?

7 oct. 2018, 18:54

La chancelière allemande Angela Merkel et le président français Emmanuel Macron.
Le projet évoqué il y a quelques mois par Angela Merkel de doter l'Union européenne d'une présence propre au sein du Conseil de sécurité de l'ONU suscite de nombreux commentaires. La France serait-elle prête à partager son siège avec l'Allemagne ?

Le projet semble faire son chemin. Trois mois après que la chancelière allemande Angela Merkel a suggéré l'idée que l'Union européenne devrait être présente au sein du Conseil de sécurité de l'ONU (où ne siègent que des Etats à titre individuel), des informations laissent entendre que des discussions auraient lieu actuellement pour que la France partage son fauteuil de membre permanent au Conseil de sécurité de l'ONU avec l'Allemagne. Sur fond de Brexit, l'idée serait en quelques sorte d'«européaniser» le Conseil en s'appuyant sur le seul siège permanent dont dispose l'un des pays de l'UE : celui de la France.

Ainsi, s'exprimant le 6 octobre lors d'une conférence intitulée «L'Allemagne et les Nations unies» dans le cadre de la German American Conference qui a lieu chaque année à l'université de Harvard, Christoph Heusgen, l'ambassadeur d'Allemagne auprès des Nations unies, aurait annoncé la tenue de pourparlers entre lui et son homologue français François Delattre pour la mise en place d'un siège permanent franco-allemand au Conseil de sécurité de l'ONU.

Lien vers l'article complet de Russia Today

samedi 28 avril 2018

Gog et Magog



Le Rav Ron Chaya parle de Gog et Magog...




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Chirac, Bush et l'Apocalypse

En 2003, le président français comprit, par un coup de fil de son homologue américain, ce qui poussait ce dernier à vouloir faire la guerre à l'Irak.

Directeur de la rédaction du Journal du dimanche entre 1999 et 2005, Jean-Claude Maurice rencontre à une dizaine de reprises, en tête à tête, Jacques Chirac, alors chef de l'Etat. Et notamment en 2003, avant la guerre que les Etats-Unis s'apprêtent à déclencher en Irak et à laquelle le président français s'opposera. Dans Si vous le répétez, je démentirai, à paraître le 5 mars, il raconte. Extraits. 

[...] Jacques Chirac l'a appris, le mois précédent, de la bouche même de Bush Jr. Une révélation reçue d'abord avec étonnement, puis, renseignement pris, avec effroi. Lors de cette conversation téléphonique visant à convaincre son homologue français de se joindre à la coalition, George Bush Jr. a utilisé un argument singulier, affirmant que... "Gog et Magog sont à l'oeuvre au Proche-Orient" et que "les prophéties bibliques sont sur le point de s'accomplir". Sur le moment, Jacques Chirac, stupéfait, ne réagit pas. Il sait Bush religieux, mais il a du mal à comprendre que le président de la première puissance du monde soit à ce point fondu des Ecritures qu'il batte le rappel des duettistes Gog et Magog pour justifier son combat! Chirac s'en ouvre à ses conseillers, d'abord portés à sourire. Il les charge de l'éclairer plus précisément sur Gog et Magog. 

Un jour plus tard, George Bush récidive, prononçant ces deux noms mystérieux lors d'une conférence de presse sur "l'axe du mal". L'Elysée consulte d'urgence un spécialiste. Pas en France, mais en Suisse, pour éviter d'éventuelles fuites. C'est Thomas Römer, professeur de théologie à l'université de Lausanne, qui est mis à contribution. Son rapport a de quoi glacer le sang. Gog, prince de Magog, c'est l'apocalypse. Ce personnage apparaît dans la Genèse, et surtout dans deux des plus obscurs chapitres du Livre d'Ezéchiel, prophétie d'une armée mondiale livrant la bataille finale à Israël. Un conflit voulu par Dieu qui doit, terrassant Gog et Magog, anéantir à jamais les ennemis du peuple élu avant que naisse un monde nouveau. 

Pour un esprit français, l'évocation de Gog et Magog pouvait prêter à rire. Chirac, lui, ne rit pas. Cette parabole d'une apocalypse annoncée pour réaliser une prophétie l'inquiète et le tourmente. Il s'interroge aussi sur l'inculture religieuse à l'heure où les soubassements religieux sont beaucoup plus déterminants qu'on ne veut le croire dans les décisions politiques et militaires. [...] 

Jacques Chirac dès lors ne s'y trompe pas. Le président américain a sommairement décrypté les Ecritures: une armée mondiale islamiste fondamentaliste menace le monde occidental qui soutient Israël. Les attentats du 11 septembre contre les tours de Manhattan en sont la preuve. [...] "Ils vont mettre la région à feu et à sang. Ils ne comprennent rien à rien et sont d'une inculture crasse en ce qui concerne un Orient déjà compliqué. Demandez-leur de vous citer le nom d'un poète arabe. C'est tout juste si pour eux l'affrontement entre chiites et sunnites ne renvoie pas à la finale d'un Super Bowl du Moyen-Orient!" Et d'énumérer tout ce qui va se passer. "Vous verrez: ils vont mener une guerre de Pandore, la gagner rapidement, mais le plus dur alors commencera. Sunnites et chiites vont se déchirer. Après l'invasion, une guerre civile fera plus de victimes civiles que les combats de la guerre éclair. Al-Qaeda trouvera en Irak un terrain de manœuvre qui lui est jusqu'ici interdit. Dans un an, il faudra envoyer des renforts. Et dans trois ans, quand 3000 GI seront morts, ils n'auront le choix qu'entre le retrait et l'envoi de nouvelles troupes." 

Source : https://www.lexpress.fr/actualite/politique/chirac-bush-et-l-apocalypse_746203.html




mercredi 18 avril 2018

Une base américaine en plus d'une adhésion à l'Union Européenne pour l'Albanie ?


Deux informations qui tombent le même jour (le hasard...) et qui sont révélatrices de la marche en avant commune de l'Union Européenne de l'OTAN et des Etats-Unis face à un même ennemi : la Russie.

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L’Albanie et la Macédoine, bientôt États membres de l’Union européenne ?

La Commission européenne a proposé, ce mardi 17 avril, aux États membres de l’Union européenne d’ouvrir les négociations pour une adhésion de l’Albanie et de l’ancienne république yougoslave de Macédoine.

L'article complet sur le site de Ouest-France.

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L'Albanie souhaite une base américaine sur son sol

L'Albanie souhaite que les Etats-Unis installent une base militaire sur son sol, notamment pour contrer l'influence de la Russie, a déclaré mardi à Washington la ministre albanaise de la Défense, Olta Xhacka.

L'article complet sur le site du Figaro.

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L'Albanie avec un taux de chômage à 16% selon les chiffres officiels, 30% selon d'autres estimations plus proches, semble-t-il, de la réalité et un salaire mensuel moyen qui oscille autour de 300 euros est de surcroît un pays gangrené par la corruption et le trafic de drogue.
Tout pour plaire donc aux élites de Bruxelles.
A moins qu'il ne soit seulement question de faire plaisir à l'Oncle Sam pour lequel, tout ce qui peut freiner l'influence russe est bon à prendre ?
Et tant mieux si cela plombe encore plus une Europe totalement asservie à ses injonctions.

Évoquons également, le projet  de "Grande Albanie" (réunion de l'Albanie, du Kosovo et d'une partie des territoires de la Serbie, de la Grèce, de la Macédoine et du Monténégro), projet, qui en cas d'adhésion de Tirana à l'UE, serait favorisé par les ambitions allemandes de constituer une Europe fédérale parcellisée selon des critères ethniques (dans ce cadre, la France, créature on ne peut plus politique et éloignée de ces vues ethnicisantes, est appelée à voler en éclats).

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De la réalité de la Grande Albanie



L’idée d’une Grande Albanie se développe au XIXe siècle, alors que l’Empire ottoman est encore présent dans les Balkans. La Grande Albanie est un projet nationaliste visant à réunir au sein d’un même Etat tous les albanais se trouvant dans des Etats voisins de l’Albanie. Des minorités albanaises sont présentes au Kosovo-et-Métochie, dans la région de Preševo, en Macédoine, au Monténégro, en Grèce. Les Serbes étaient encore majoritaires dans la province du Kosovo-et-Métochie il y a un siècle. On peut se demander d’ou viennent ces albanais présent au Kosovo ?

L'article complet sur le site de Stratpol.

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En ce qui concerne la volonté albanaise de voir une base américaine érigée sur son sol, rappelons que l'US Army dispose déjà de la base de Bondsteel située au... Kosovo voisin.

Corruption, drogue, économie en berne, chaos ethnique et géopolitique en gestation... l'Albanie a définitivement le profil idoine pour rallier une Union Européenne à la dérive, ou plus précisément rejoindre "la famille euro-atlantique" comme le déclarait la ministre albanaise de la Défense Olta Xhacka.


samedi 14 avril 2018

Les frappes occidentales sur la Syrie et leurs possibles conséquences



Retour sur les événements de ces 48 dernières heures.

Jeudi, le président français Emmanuel Macron annonçait qu'il avait la preuve que des armes chimiques avaient été utilisées en Syrie.
Rien de très surprenant à cela, le Young Leader 2012 suivant la voie tracée par son maître américain.
Le lendemain, Moscou affirmait pourtant qu'il s'agissait d'une mise en scène.
Les experts de l'OIAC (Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques) devaient commencer leur travail samedi (gageons que les frappes occidentales intervenues dans la nuit de vendredi à samedi ne facilitera pas leur travail, ne serait-ce que sur un plan psychologique...).

Mais revenons à la journée de jeudi durant laquelle, l'Allemagne quant à elle, était restée fidèle à sa tradition de prudence, voire de double-jeu en refusant de participer à des actions militaires contre la Syrie (rappelons-nous de sa position lors de la dernière intervention atlantiste en Irak, ne participant pas militairement mais donnant un sérieux coup de pouce aux Américains en leur livrant les plans de défense de Bagdad...).
C'est une constante géopolitique découlant de la centralité géographique du monde germanique, placé entre la Russie et l'Europe de l'ouest, ce dernier se doit d'éviter de pencher trop ouvertement d'un côté ou de l'autre, il lui faut adopter une subtile posture d'équilibriste.
Le même jour, la Russie appelait les occidentaux à réfléchir aux conséquences de leurs menaces.

La suite est connue...
On peut lire notamment dans le communiqué de presse de l'Elysée du 14 avril que "les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute."
C'est intéressant... 
Pas besoin d'enquête donc, la présomption d'innocence est un concept qui n'existe pas en droit international selon l'Elysée (et la Maison Blanche).
Intéressant également de constater que la France s'engage militairement dans le conflit syrien au moment où les djihadistes sont en train de perdre le combat face aux efforts conjugués d'Assad et de Poutine.
On le savait, mais c'est confirmé par les faits, la lutte contre Assad est donc plus importante que de vaincre l'Etat Islamique, les familles des victimes des multiples attentats apprécieront.

Après l'intervention de la nuit de vendredi à samedi la tendance est à l'auto-satisfaction chez le président américain Donald Trump :



("Une frappe parfaitement exécutée la nuit dernière. Merci à la France et au Royaume-Uni pour leur sagesse et la puissance de leur excellente armée. Nous ne pouvions obtenir meilleur résultat. Mission accomplie !")

Autre son de cloche dans le camp opposé avec l'intervention de Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires Etrangères, qui s'est exprimé aujourd'hui suite aux frappes occidentales (et également à propos de l'affaire Skripal).
Lavrov nous apprend notamment que Emmanuel Macron aurait refusé de fournir à Vladimir Poutine les informations qu'il détient sur la présumée attaque chimique de Douma.




A noter que sur les 103 missiles lancés par la coalition américano-franco-anglaise, 71 auraient été interceptés par la DCA syrienne.

Autre déclaration, du président russe Vladimir Poutine cette fois : 

Le 14 avril, les États-Unis soutenus par leurs alliés ont frappé des sites militaires ainsi que ceux de l'infrastructure civile de la République arabe syrienne. Sans l'aval du Conseil de sécurité de l'Onu, en violation de la Charte de l'Onu, des normes et des principes du droit international, un acte d'agression a été commis à l'encontre d'un État souverain qui se tient à l'avant-garde de la lutte antiterroriste.

À nouveau, tout comme il y a un an, lorsque les États-Unis ont attaqué la base aérienne de Shayrat, en tant que prétexte a été utilisée une mise en scène d'usage de substances toxiques contre les civiles, cette fois à Douma, banlieue de Damas. Après avoir visité le lieu de l'incident fictif, les experts militaires russes n'ont pas découvert de trace d'utilisation de chlore ou de toute autre substance toxique. Pas un seul habitant n'a confirmé le fait de l'attaque chimique.
L'Organisation sur l'interdiction des armes chimiques a dépêché ses spécialistes en Syrie afin d'élucider la situation. Or, un groupe de pays occidentaux l'a méprisé de façon cynique en entreprenant une action militaire sans attendre les résultats de l'enquête.

La Russie condamne avec une extrême fermeté l'attaque contre la Syrie où des militaires russes aident le gouvernement légitime à combattre le terrorisme.

Par leurs actions, les États-Unis aggravent davantage la catastrophe humanitaire en Syrie, apportent des souffrances aux civils, laissent faire les terroristes qui déchirent depuis sept ans le peuple syrien, provoquent une nouvelle vague de réfugiés en provenance de ce pays et de la région en général.

L'escalade en cours autour de la Syrie produit des effets destructeurs sur l'ensemble du système des relations internationales. L'histoire remettra tout à sa place et elle a déjà attribué à Washington une lourde responsabilité pour avoir mis en œuvre sa justice sanglante en Yougoslavie, en Irak et en Libye.
La Russie convoque une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'Onu afin de discuter des actions agressives des États-Unis et de leurs alliés.


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La provocation occidentale va nécessairement engendrer une réaction de la part de la Russie, si tel n'était pas le cas, cela serait considéré comme un aveu de faiblesse par Washington et ses vassaux et donc comme une invitation à défier un peu plus Moscou en Syrie ou ailleurs.





mercredi 3 janvier 2018

Manifestations en Iran, les services secrets occidentaux impliqués ?



Cette information demande confirmation mais semble tout à fait plausible...

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Un Européen, dont la nationalité n'a pas été précisée, a été arrêté lors d'une manifestation antigouvernementale dans la région de Borujerd, dans l'ouest de l'Iran, a-t-on appris aujourd'hui de source judiciaire iranienne.

"Un citoyen européen a été arrêté dans la région de Borujerd (...) Cette personne, entraînée par des services de renseignement européens, conduisait les émeutiers", a précisé Hamidreza Abolhassani, responsable judiciaire de la préfecture de Borujerd, à l'agence de presse Tasnim.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/01/03/97001-20180103FILWWW00127-iran-un-europeen-arrete-lors-d-une-manifestation.php

lundi 1 janvier 2018

Accord Etats-Unis-Israël destiné à renforcer la lutte contre l'Iran



Les "grands médias" ont été assez discrets à ce sujet.
Bien sûr, seuls les esprits malintentionnés feront le lien entre cet accord et les événements se produisant actuellement en Iran.

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Israël et les Etats-Unis ont secrètement signé un accord stratégique visant à développer leur coopération dans le domaine de la lutte contre la menace nucléaire iranienne et contre les ambitions croissantes de Téhéran dans la région, a rapporté vendredi le Times of Israel.Conduisant une délégation israélienne, le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben Shabat a rencontré le 12 décembre son homologue américain H. R. McMaster à la Maison Blanche. Selon Channel 10, un document a été signé lors de ce meeting, suivi d'intenses discussions.Dans le cadre des discussions entre les Etats-Unis et Israël, qui cherchent à définir leurs objectifs stratégiques communs, cette réunion a abouti à la création d'équipes conjointes qui se concentrent sur les éléments de menaces pour les deux alliés. Parmi les thèmes abordés figurent l'activité iranienne en Syrie, le programme d'armement nucléaire iranien et ses systèmes de missiles balistiques, ainsi que le soutien de Téhéran au groupe libanais du Hezbollah."Israël et les Etats-Unis partagent la même opinion concernant les tendances de la région, en particulier sur l'Iran, et ont conclu des accords sur la stratégie et la politique à mener", ont déclaré les hauts responsables israéliens selon Channel 10."Nous et les Américains sommes très satisfaits de ces conclusions et de notre engagement à faire face à la fois aux défis et aux opportunités dans la région", a poursuivi le responsable.

Cet accord fait suite au discours du président américain Donald Trump, le 13 octobre dernier, qui dévoilait une stratégie plus agressive pour contrôler la puissance croissante de l'Iran, annonçant qu'il ne certifierait pas l'accord nucléaire iranien conclu par l'administration Obama.Dans la foulée, une série de projets de loi avaient été adoptés au Congrès pour sanctionner le Hezbollah et cibler le financement illégal du groupe terroriste, cherchant ainsi à étouffer les ambitions iraniennes.Le secrétaire d'Etat Rex Tillerson dans une tribune pour le New York Times la semaine dernière a également réitéré les intentions américaines d'augmenter la pression sur l'Iran en déclarant que "l'accord nucléaire défectueux n'est plus le point central de notre politique iranienne... nous sommes confrontés maintenant à la totalité des menaces iraniennes. 

"La perspective des Etats-Unis et d'Israël sur le Moyen-Orient converge de plus en plus depuis l'arrivée au pouvoir du président Trump.
Lors de la présentation de sa stratégie de sécurité nationale le 18 décembre, Trump a déclaré qu'"Israël n'est pas la cause des problèmes de la région" et a plutôt eu tendance à dénoncer l'Iran comme une cause fondamentale d'instabilité.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou était également un farouche opposant à l'accord de 2015 sur l'Iran, il s'est joint aux efforts du millionnaire américain pour empêcher de certifier ce traité.La décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël a également été défendue par l'administration Netanyahou tout en recevant simultanément une foule de critiques internationales.En janvier, Trump devra réévaluer sa décision sur l'Iran et décider s'il veut réimposer des sanctions, portant ainsi atteinte à l'accord nucléaire de 2015.


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http://www.i24news.tv/fr/actu/international/163866-171229-accord-secret-signe-entre-les-usa-et-israel-contre-la-menace-grandissante-de-l-iran

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D'autre part, Donald Trump a aujourd'hui et une nouvelle fois réaffirmé son souhait de voir s'opérer un changement de régime à Téhéran.

"Trump: le "temps du changement" est venu en Iran

Le président américain Donald Trump a affirmé lundi que "le temps du changement" est venu en Iran, après les violences meurtrières de ces derniers jours, lors des plus importantes contestations du pouvoir depuis 2009.

"L'Iran échoue à tous les niveaux, malgré le très mauvais accord passé avec le gouvernement Obama", a affirmé Trump sur Twitter. "Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années. Il a faim de nourriture et de liberté. La richesse de l'Iran est confisquée, comme les droits de l'Homme. Il est temps que ça change".

C'est la troisième fois depuis vendredi que le président américain s'en prend au régime iranien. Samedi, il avait averti que "les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais".

Depuis un an que Donald Trump est au pouvoir, l'Iran est la bête noire de l'administration qui n'a de cesse de dénoncer les ambitions régionales de Téhéran, sa participation à plusieurs conflits qui déchirent la région comme en Syrie et au Yémen, ainsi que son programme de missiles balistiques.  


dimanche 31 décembre 2017

"Agiter le peuple (iranien) ... avant de s'en servir"



La maxime de Talleyrand est toujours d'actualité, dernier exemple en date avec l'Iran.
Sans doute, existe-t-il des raisons valables et légitimes pour le peuple iranien de manifester sa colère contre son gouvernement (dans quel pays cela n'est-il pas le cas ?).


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Contestation en Iran : au moins deux morts, menace du gouvernement

Des manifestations antigouvernementales ont éclaté samedi en Iran pour la troisième journée consécutive.

Samedi, pour la troisième journée consécutive, des manifestations antigouvernementales et contre les difficultés économiques de la population ont éclaté en Iran alors même que des rassemblements prorégime avaient lieu pour commémorer la fin du soulèvement postélectoral de 2009. Depuis deux jours, ces manifestations contre la vie chère, à Téhéran et dans d'autres grandes villes du pays, ont pris une tournure politique. Samedi soir, des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre.

***

Seulement, le timing des événements fait irrésistiblement penser à une tentative de révolution "colorée" dont les instigateurs sont assez faciles à distinguer.
L'Etat islamique est en train de perdre la bataille en Syrie et en Irak, laissant ces deux derniers pays exsangues, laminés par des années de guerre.
Donald Trump vient de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, et pour l'état hébreu, la seule vraie menace existant encore au Moyen-Orient reste l'Iran qui pour l'heure demeure un état solide et le plus puissant de la région.
Alors que la Syrie et l'Irak sont en voie de démembrement (conformément au "plan Yinon"), guerres, attentats, et montée des volontés indépendantistes kurdes participant à l'émiettement de Damas et Bagdad, on peut voir dans cette tentative de déstabilisation du gouvernement iranien une manière de parachever un travail de sape... 
Dans quel but me direz-vous ?

Regardons du côté de l'entourage de Trump, de l'état profond qui le soutient, de Jared Kushner son principal conseiller, relisons l'ouvrage de Mearsheimer et Walt ("le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine") rappelons-nous  que Gadi Eizenkot, le chef d'état major de l'armée israélienne ne faisait guère de mystère sur l'objectif prioritaire de Tsahal en juillet dernier et souvenons-nous des propos de Moshe Dayan (ministre israélien de la Défense et des Affaires étrangères) prononcés le 12 février 1952 à Radio Israël :
- "La population doit se préparer à la guerre, mais il revient à l'armée israélienne de poursuivre le combat avec l'objectif ultime qui est la création de l'Empire israélien."

Une autre manière de nommer le "Grand Israël" biblique (Genèse 15:18-21).

Or, pour l'élaboration de ce projet grandiose, il convient de faire "place nette" et d'évacuer de la scène géopolitique tous les acteurs qui seraient susceptibles de contester les visées sionistes.
Si l'ennemi est trop puissant, il conviendra de l'affaiblir par tous les moyens (embargo, manipulations diverses concernant l'opinion publique, attentats, guerre civile...) avant de porter l'estocade finale.
Le messianisme a un prix, celui du sang.


Sur le même sujet :
- Le Grand Israël, une espérance messianiste
- Vers un Kurdistan irakien indépendant ?
- Israël : objectif Iran
- Le Moyen-Orient au bord de l'implosion
- L'ennemi public numéro un : Etat islamique ou Hezbollah ?


samedi 30 septembre 2017

Les conséquences politiques de la paix de Jacques Bainville


Ce livre est une leçon.
Un enseignement magistral de géopolitique, d'histoire, de sociologie et de journalisme, une ode à la finesse d'analyse géostratégique qui mérite d'être lue et relue.
Jacques Bainville signe ici ce qui est peut-être son meilleur ouvrage, le plus spectaculaire en tout cas de par le côté prophétique qui en émane.

Ce passage est intemporel :
"D'ordinaire, en politique, les effets sont aperçus quand ils commencent à se produire, c'est-à-dire quand il est trop tard. Le principe de causalité, qui tourmente à peine les hommes, est encore plus indifférent aux peuples. (...) Pour que les conséquences apparaissent aux nations, il leur faut des catastrophes ou le recul de l'histoire. Elles se résignent à vivre entourées de forces invisibles, comme les génies des Mille et Une Nuits, qu'elles blessent sans le savoir et qui exigent des comptes tout à coup."


Jacques Bainville (1879-1936).
Les Conséquences Politiques de la Paix est publié en 1920, Jacques Bainville y dénonce le Traité de Versailles par le biais notamment de cette formule bien connue "Une paix trop douce pour ce qu'elle a de dur, et trop dure pour ce qu'elle a de doux".

Quelques extraits :


De nouvelles tribulations commencent. Combien l'ont vu ? Combien s'en doutent ?
Pourquoi ces choses et non d'autres ? A des sommes prodigieuses de dévouement et de sacrifice répondent des abîmes d'ignorance. Grand est le nombre des hommes qui subissent, qui vivent, souffrent et meurent sans avoir interrogé. Petit le nombre de ceux qui cherchent à déchiffrer les causes pour lesquelles ils payent jusque dans leur chair.

Un jour, peut-être, l'heure de la raillerie transcendante viendra, si les hommes retrouvent le loisir et l'humeur de railler. Tant d'espérances fauchées, de sacrifices à demi perdus, d'efforts à recommencer arracheraient plutôt des larmes à un grand poète patriote, à un Virgile si nous en avions un. 

A plus tard les lamentations, comme l'ironie qui sort de ces immenses gaspillages. Il faudra bien reprendre ce qui n'est pas achevé.
Les chirurgiens de Versailles ont recousu le ventre de l'Europe sans avoir vidé l'abcès.
Alors la France doit regarder en elle et autour d'elle.
Après cette guerre et après cette paix, voilà les dangers dont elle reste entourée, ce qu'elle a encore à faire pour que sa victoire ne s'envole pas et pour qu'elle en garde autre chose que le rayon et le parfum.
Dans cette vaste confusion, quelle politique peut-elle suivre ? La masse allemande jette encore son ombre sur nous.
Au-delà, dans la zone d'une confusion barbare ou presque barbare, qu'allons-nous trouver ?


Jacques Bainville pressent l’avènement en Allemagne "d'un seul chef", les malheurs de la Pologne, l'Anschluss, la crise des Sudètes...

Pendant plus d'une génération, les Allemands devront payer tribut aux Alliés.
Ils devront payer le tribut principal aux Français qui sont un tiers de moins qu'eux : 40 millions de Français ont pour débiteurs 60 millions d'Allemands dont la dette ne peut être éteinte avant trente années, un demi-siècle peut être. (...) Quelles garanties, quelles précautions eût appelées cette formidable créance !
Au moins que ces millions de créatures ne fussent pas attachées au même boulet, avec un seul gouvernement, peut-être demain un seul chef, pour les dresser à briser leur chaîne.

Accroupie au milieu de l'Europe comme un animal méchant, l'Allemagne n'a qu'une griffe à étendre pour réunir de nouveau l'îlot de Koenigsberg. Dans ce signe, les prochains malheurs de la Pologne et de l'Europe sont inscrits.


Il y a trois millions d’Allemands en Bohême. Une guerre avec l’Allemagne serait le suicide de la Tchécoslovaquie. Une extrême prudence est ordonnée au gouvernement de Prague. Et la prudence s’appelle neutralité. Et la neutralité inconditionnelle, absolue, s’appelle bientôt l’assujettissement.

Plus au sud, c’est pis. Voilà l’Autriche, un morceau d’Allemagne authentique. Elle seule est détachée de l’unité allemande…
À portée de sa main, l’Allemagne a désormais ces millions de frères pauvres et nus, réduits à une situation politique et géographique paradoxale. Là encore, pour 60 millions d’Allemands, la tentation est trop forte. L’appel à l’avenir est trop évident.

Rien n'instruit et rien n'améliore.

L'expérience des pères est perdue pour les enfants.
L'humanité tourne dans un cercle de douleurs.

Il reste l'Allemagne, seule concentrée, seule homogène, suffisamment organisée encore, et dont le poids, suspendu sur le vide de l'Europe orientale, risque de faire basculer un jour le continent tout entier.


Je pourrais continuer ainsi et citer l'ouvrage tout entier tant chaque phrase, chaque mot, en plus d'être frappés du sceau de l'élégance stylistique et de la supériorité intellectuelle de Jacques Bainville sont aussi fondus dans une logique d'analyse qui laisse pantois.

Monumental et lumineux.


dimanche 13 août 2017

Trump menace, le Rav Ron Chaya s'en délecte


Donald Trump promet "le feu et la colère" à la Corée du Nord.
Le président américain menace également le Venezuela d'une intervention militaire.

Derrière Trump, c'est bien évidemment l'Etat profond américain viscéralement belliciste et baignant dans la doctrine néoconservatrice (comme du temps de Bush fils) qui dicte son projet.
Contrairement à ce qui pouvait se dérouler sous l'administration Obama, ce n'est plus la stratégie du billard à plusieurs bandes qui est utilisée pour déstabiliser les "rogue states" via des révolutions colorées orientées et récupérées (Libye, Syrie) mais la forme plus brutale de confrontation directe qu'affectionnent les néoconservateurs (rappelons-nous de l'Afghanistan ou de l'Irak).
Si les méthodes diffèrent, les résultats eux sont peu ou proue les mêmes : destruction, morts et chaos.

Le courant néoconservateur est inséparable des intérêts d'Israël et du judaïsme, raison pour laquelle le Rav Ron Chaya semble particulièrement impatient à l'idée d'un début des hostilités mondiales dans les prochaines semaines.
En effet, ces cataclysmes (les "souffrances de l'enfantement") favoriseraient l'avènement du "Messie" juif.


jeudi 6 juillet 2017

Israël : objectif Iran

Gadi Eisenkot, le chef d'état major de l'armée israélienne.
Cela paraissait évident depuis de nombreuses années, c'est désormais officialisé par la voix du chef d'état major de l'armée israélienne Gadi Eisenkot : lutter contre l'Iran est l'objectif majeur d'Israël (ainsi que des Etats-Unis et de l'Arabie Saoudite), avant le combat contre l'Etat Islamique (qui tend à être utile pour ce qui est de déstabiliser durablement les voisins syrien et irakien).
L'Iran est en effet l'état le plus puissant et le plus stable de la région et l'un des rares à ne pas être ensanglanté par une guerre (civile ou autre).




Le chef d’état-major Gadi Eisenkot a déclaré que réduire la sphère d’influence de l’Iran dans la région est plus important que la lutte contre l’État islamique.
Devant la Comission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, Eizenkot a déclaré que « faire baisser l’influence de l’Iran dans les régions limitrophes avec Israël n’est pas moins important que vaincre l’État islamique, et pour Israël, ça l’est peut-être plus ».
Il a ajouté qu’au cours de ces onze dernières années, depuis la Seconde guerre du Liban, Israël a considérablement renforcé ses capacités opérationnelles et son renseignement, et a désormais des « capacités qu’il n’a jamais eu ».



lundi 3 juillet 2017

Vladimir Poutine, la Russie, l'Ukraine et les rivalités internes au monde juif

Vladimir Poutine et le rabbin loubavitch Berel Lazar.
L'article qui suit est l'oeuvre de Pierre de Villemarest*, il date de juin 2007 mais est très utile pour la compréhension de la situation russe, de plus, les tendances évoquées n'appartiennent pas au passé mais constituent une orientation qui ne s'est pas démentie ces dernières années, notamment concernant les liens unissant le mouvement loubavitch à Vladimir Poutine.  
Le document suivant enfonce le clou à propos de cette question, enfin, le dernier article "Les Juifs de Russie et d'Ukraine sont en guerre" éclaire sous un angle différent le conflit russo-ukrainien...

*Pierre de Villemarest (1922-2008) était un ancien membre des services de contre-espionnage français.


Le SVR n'a plus besoin de Vladimir Jirinovsky pour espionner les communautés juives, comme il le fit durant l'ère Andropov. Poutine, depuis, quand il dirigeait l'appareil des services secrets de la Russie, puis quand il est devenu Président de la Fédération russe, a résolu le problème. Et cela grâce à un rival, Berel Lazar.
Berel Lazar s'opposait en 1996 à Vladimir Gouzinsky, alors créateur du Congrès des juifs de Russie. Gouzinsky, propriétaire à l'époque d'une grande partie des médias du pays, jouissait en outre d'excellentes relations dans la diaspora juive des États-Unis et de Grande-Bretagne.

Pendant la présidence de Boris Eltsine, il a lutté pour s'imposer sur une communauté d'alors près d'un million de juifs russes. Il se heurtait à un noyau puissant de cadres du FSB (le KGB de l'intérieur) et aux indicateurs placés dans ce milieu par le député " libéral " Jirinovsky, nom du second mari de sa mère, mais en réalité fils de son premier époux, Volf Isakovitch Edelstein.
A l'âge adulte, Edelstein abandonna ce patronyme pour prendre celui de Jirinovsky, et devint un agent d'Anatoli Lioukanov, alors second de Gorbatchev à la direction des Organes administratifs, camouflage au Secrétariat du parti de la section qui coiffait les services de sécurité de l'URSS.

Le 2 avril 1994, Edelstein-Jirinovski présidait le Congrès de son parti, c'est-à-dire de 334 délégués représentant 120.000 adhérents, dits libéraux-démocrates. Il avait à ses côtés le général du KGB Alexandre Sterligov, représentant en URSS de l'éditeur britannique et agent soviétique Robert Maxwell. Étaient également présents : Abdel Ghani Ghafour, délégué personnel de Saddam Hussein ; Gerhard Frey, président en Allemagne de l'Union Populaire ; la soeur orthodoxe Monarkhina Angelina, sorte d'ayatollah en jupon, déléguée par la Serbe Mariana Milosevic, épouse du chef des Serbes nationaux-soviétiques ... et Bruno Gollnisch, vice-président du Front national, pourtant informé, comme Le Pen, du rôle d'agent double de Jirinovski.
Ce dimanche 3 avril 1994, il était question de créer une Union des Peuples Slaves, projet retourné presque tout de suite dans les limbes. Mais Jirinovski n'en demeurait pas moins l'agent de pénétration du KGB dans le milieu juif.

La Lettre du Centre européen d'information le précisait dès 1994, et publiait en 1996 sa biographie détaillée, précisant qu'il avait pris le nom de Jirinovski afin de pouvoir s'inscrire en 1964 au Département de l'Institut des Langues orientales de Moscou. Cinq années plus tard, il commençait sa carrière d'agent double dans les aciéries turques d'Iskanderun, mais il fut assez vite démasqué par le contre-espionnage turc. Rentré en URSS, il devint un indicateur des services de sécurité contre ses coreligionnaires, en participant, entres autres activités, à la création de l'organisation " Shalom " qui réunissait des juifs antisionistes.
Aux élections présidentielles de 1991, son Parti libéral démocrate obtint 7,83% des voix. Il arrivait troisième sur la liste des prétendants, devancé par Boris Eltsine et Nikolaï Ryjkov, alors Premier ministre. Il poursuivit alors ses missions pour les " services ", notamment auprès de Saddam Hussein, et sera l'hôte aux États-Unis des plus hautes sommités du CFR en novembre 1994 à San Francisco, New York et Washington.

La promotion du rabbin Berel Lazar

A cette époque, l'attention de Vladimir Poutine fut attirée par la secte des Loubavitchs, laquelle végétait en Russie depuis 1990 autour d'un étrange jeune rabbin: Berel Lazar, né à Milan, et qui avait suivi aux États-Unis les séminaires réservés aux futurs rabbins. Lazar avait séjourné en 1990 en Russie muni d'un visa valable un an, mais finalement il avait choisi de s'y ancrer. Il s'entoura de 150 fidèles fort actifs, et se heurta à Vladimir Gouzinsky, dont les publications et la radio se montraient fort critiques à l'égard de Poutine.
Lazar prit à partir de là de l'importance, à la fois en Russie et sur le plan international, avec son organisation : la Fédération des Organisations juives de Russie dans laquelle le secondait un juif d'Ouzbékistan, Lev Leviev, spécialisé dans le commerce des diamants. En 2000, nous avions noté un geste étrange de Poutine qui avait ouvert les portes et les salles du Kremlin à la fête annuelle des Loubavitchs. Cela ne s'était jamais vu, ni du temps des tsars, ni sous Staline, ni encore moins du temps de Khrouchtchev ou de Brejnev.
Cette réception correspondit à l'arrestation de Gouzinsky. Il sera relâché par le KGB au bout de quatre jours, à condition de s'exiler, et de renoncer à ses journaux et à sa radio. En revanche, dès le mois de juillet 2000, Poutine invitait Berel Lazar à assister, accompagné d'autres potentats, à son discours à la Nation. Le successeur de Gouzinsky au Congrès des Juifs de Russie n'a pas été convié.

En septembre suivant, selon nos sources à Moscou, Poutine accorda dix millions de dollars de subventions à la Fédération animée par Lazar, sous prétexte d'aider à la création d'un centre de formation loubavitch. Ce geste amorça les dons de plusieurs richissimes juifs, dont celui du plus fortuné des oligarques : Roman Abramovitch. En mai 2007, ce dernier est devenu le roi mondial du vanadium, un minerai hautement stratégique, puisque utilisé dans les systèmes radars et autres technologies. Abramovitch, qui vit à Londres dix mois sur douze, finance à bout de bras le budget de la ville d'Omsk, en Sibérie. C'est un fidèle de Vladimir Poutine, de même que l'oligarque George Rohr, un des plus importants investisseurs en Russie, qui s'active depuis sa résidence américaine.
La revanche juive de l'espionnage russe

Ici l'observateur doit s'interroger. La Fédération présidée par Berel Lazar compte à ce jour 4.000 prosélytes, dont 150 seulement animent le secteur russe, mais 3.850 sont répartis dans 73 communautés d'autant de pays étrangers. Un vrai succès en moins de dix ans de l'activisme loubavitch, dont les missionnaires s'appellent eux-mêmes des " chabadniks ", terme formé des initiales de l'acronyme des mots hébreux : " Sagesse, savoir et compétence ".

Poutine ne cache pas ses relations personnelles avec Berel Lazar. En septembre 2005, il s'est laissé photographier lui serrant la main, lors d'un congrès annuel des Loubavitchs. Une sorte d'adoubement pour ce fils d'émigrés juifs de Milan, dont Guy Chazan, correspondant en URSS du " Wall Street Journal ", assure qu'il a douze enfants. Mais cette réussite ne s'assortit-elle pas de services rendus en échange par les recrues du SVR et du GRU dans le milieu loubavitch, implanté, répétons-le, dans soixante-treize pays ?
De tous temps, les services russes ont préconisé la supériorité de l'espionnage " humain " sur l'espionnage par des moyens technologiques, souvent privilégiés par la CIA ou d'autres services secrets. Importance donc, pour eux, de l'emploi, sinon d'espions proprement dits, du moins d'agents d'influence dans les milieux politiques, commerciaux et religieux. C'est un aspect à ne pas négliger, en observant les communautés implantées dans nos pays et en particulier en France. Les Européens, inconditionnels de Vladimir Poutine, devraient réfléchir lorsqu'ils se félicitent que leur " héros " ait su écarter des allées du pouvoir les oligarques d'origine juive. Or, sept sur dix sont issus de cette communauté.
Pierre de Villemarest





Autre article concernant les liens entre Poutine et le monde juif :


La Jewish Connection De Vladimir Poutine Et Pourquoi Ça Pourrait Être Bien Pour Israël…
 Dans la longue histoire des Juifs de Russie, le gouvernement a rarement été un allié, et a souvent, au contraire, été source de persécution. L’actuel président Vladimir Poutine, cependant, est une formidable exception. Depuis qu’il est au pouvoir, les Juifs jouent un rôle important dans son histoire personnelle et dans son cercle intime. Cet élément personnel pourrait devenir important, voire décisif, dans la façon dont le conflit mondial se déroule.

Lors de l’Assemblée internationale des représentants Chabad en 2007, le grand rabbin de Russie, Berel Lazar, souvent désigné comme « le Rabbi de Poutine », a raconté une histoire remarquable à propos du dirigeant russe… Une histoire racontée par Poutine lui-même.
« Quand il était jeune enfant, il a grandi dans une famille très pauvre. Ses parents étaient toujours au travail et ses voisins étaient des juifs hassidim. Et a chaque fois que Vladimir était seul à la maison, les voisins l’invitaient à la maison. Et ils s’en occupaient comme si c’était leur propre enfant, pas comme si c’était celui des voisins, et pas non plus comme s’il était non juif. »
« Trente ans plus tard, en raison de la gratitude qu’il éprouvait pour cette famille, et pour le respect qu’il éprouvait pour le peuple juif dans son ensemble, il a accordé une autorisation officielle aux juifs de sa ville, Leningrad, d’ouvrir la première école juive de la région. »
La famille dans l’histoire de Lazar était celle d’Anatoly Rakhlin, l’entraîneur de lutte du lycée de Poutine ; un homme qu’il considérait comme une figure paternelle et aux funérailles duquel il a pleuré. Poutine a même largement parlé de cette famille dans son autobiographie:
« (Ils étaient) des juifs pratiquants qui ne travaillent pas le samedi. Les hommes étudiaient la Bible et le Talmud toute la journée. Un jour, j’ai demandé ce qu’ils marmonnaient et ils ont alors pris le temps de m’expliquer ce que c’était. Immédiatement, je me suis senti intéressé par cela. »
Mais les liens de Poutine avec le judaïsme ne sont pas limités à ses souvenirs d’enfance. En 2005, lorsque Poutine a effectué une visite officielle en Israël, il a rendu visite à son professeur de lycée, Mina Yuditskaya Berliner, qui vivait à Tel-Aviv. Plus tard, apprenant qu’elle vivait dans un tout petit appartement insalubre, Poutine ira jusqu’à lui acheter un appartement en plein coeur de Tel-Aviv.
En fait, Poutine s’est lui-même entouré de Juifs comme Moshe Kantor, Lev Leviev, Roman Abramovich et Victor Vekselberg. Ils sont tous des amis proches et confidents du président russe, et ils sont tous très ouvertement juifs.
Et lors de Rosh Hashana de cette année, Poutine a même envoyé cette lettre de vœux au Grand Rabbin de Russie:
« Pendant des siècles, les valeurs juives ont inspirées de nobles idéaux. Ces valeurs ont rendues meilleures les relations entre les différents peuples, ce sont des valeurs de charité, d’éducation et de bien public. »
Puis il a continué en promettant de s’opposer farouchement à toute manifestation d’antisémitisme et de xénophobie.
Reste à savoir si Poutine sera demain au côté de l’Etat juif quand les plus fortes violences de la 3ème guerre mondiale auront été déclenchées…






Enfin, des précisions fondamentales concernant le conflit qui oppose l'Ukraine à la Russie :


Les juifs de Russie et d’Ukraine sont en guerre
 Les dirigeants juifs russes déclarent qu’un antisémitisme virulent menace les juifs ukrainiens. Cette affirmation est fermement rejetée de l’autre côté de la frontière
Le conflit entre la Russie et l’Ukraine a monté les dirigeants juifs de deux pays les uns contre les autres en déclenchant des échanges discordants entre des rabbins éminents de chaque côté de la frontière.
La discorde a commencé à couver depuis le début des manifestations de novembre en Ukraine, mais elle est apparue au grand public ce mois-ci après que la Russie ait déployé ses forces armées en Crimée en réponse à ce que le président Vladimir Poutine a qualifié d’un « déchaînement » de groupes antisémites et nationalistes.
L’affirmation de Poutine a déclenché des réactions de colère de la part des dirigeants de la communauté juive d’Ukraine dont beaucoup d’entre eux ont déclaré qu’il s’agissait d’une fausse justification pour des actions russes agressives qui étaient plus dangereuses pour les juifs que n’importe quel nationalisme ukrainien.
Lundi, Berel Lazar, l’un des rabbins en chef de Russie, a riposté en encourageant les juifs ukrainiens à garder le silence sur des questions de géopolitique et en renouvelant ses préoccupations au sujet de l’antisémitisme dans le gouvernement d’après la révolution. Il a ensuite suggéré que les juifs ukrainiens étaient trop effrayés pour pouvoir exprimer ces préoccupations.
« La communauté juive ne devrait pas envoyer des messages au président Barack Obama à propos de sa politique ni au président Poutine ou à tout autre dirigeant. Je ne crois pas que cela soit la bonne méthode, a déclaré Lazar à JTA.
La révolution en Ukraine, un pays marqué par les souvenirs amers de la domination soviétique et comptant de nombreux russophones dans sa population, a éclaté en automne dernier après que le président Victor Yanoukovitch ait refusé de signer un accord de partenariat avec l’Union Européenne.


 Svodoba, un parti ukrainien ultranationaliste que les dirigeants de la communauté juive ukrainienne considèrent comme antisémitique et dangereux, a joué un rôle de premier ordre dans le soulèvement qui a conduit à la destitution de Yanoukovitch du mois dernier.
Le gouvernement intérimaire d’Ukraine a un vice-Premier ministre juif, Volodymyr Groysman, mais aussi trois ministres du mouvement SvobodaParmi les agitations de la révolution, plusieurs attaques antisémites ont eu lieu, y compris l’agression au couteau d’un juif religieux de Kiev, plusieurs passages à tabac de juifs dans les rues, une tentative d’incendie à une synagogue, et, dans une autre synagogue, des graffitis de croix gammées et de menaces, « Mort aux juifs ».
Au cours d’une conférence le 4 mars à Moscou, Poutine a expliqué que « la plus grande préoccupation » de la Russie concernait le « déchaînement de forces réactionnaires, nationalistes et antisémites qui avait lieu dans certaines régions d’Ukraine » en prévenant que la Russie ferait d’autres incursions si des minorités étaient en danger.
En réponse, Joseph Zissels, président de l’Association des communautés et des organisations juives d’Ukraine (Vaad), et 20 autres dirigeants de la communauté juive ukrainienne ont envoyé au président Poutine une lettre ouverte dans laquelle ils contestaient l’existence des niveaux anormalement élevés d’antisémitisme en Ukraine après la révolution et accusaient la Russie de menacer la sécurité des Ukrainiens.
« Votre politique visant à inciter au séparatisme et la forte pression que vous exercez sur l’Ukraine nous menace avec tout le peuple ukrainien », pouvait-on lire dans la lettre.


 Mercredi, Vaad a publié la lettre telle une publicité prenant la place d’une page entière dans le New York Times et plusieurs autres journaux.
Pour Lazar, un important rabbin du mouvement Chabad, qui s’est adressé à JTA, cette semaine à l’occasion de la conférence bisannuelle du Centre rabbinique européen à Budapest, la lettre du Vaad constitue un exemple de l’implication de dirigeants juifs dans des sujets qui ne concernent pas directement la communauté juive.
C’était une version plus tranchée encore des précédents appels pour un silence des juifs sur la crise ukrainienne, y compris une déclaration datée du 17 mars signée conjointment par Lazar et 47 autres rabbins russes et ukrainiens dont une bonne partie était affiliée au mouvement Chabad.
« Les dirigeants religieux et communautaires devraient se tenir en dehors de la sphère politique, soulignait la lettre. N’oubliez pas : toute parole irréfléchie peut entraîner de graves conséquences pour de nombreuses personnes. »
« Pourtant, plusieurs dirigeants juifs ukrainiens ont déclaré que Poutine, en utilisant la question de l’antisémitisme pour justifier ses actions, ne leur a pas laissé d’autre choix que de s’exprimer. »
« Nous ne sommes pas responsables de l’implication des juifs dans le débat pour en faire un problème juif, a expliqué Jacob Dov Bleich, un des rabbins dirigeants de l’Ukraine. Poutine nous a impliqué par son intrumentalisation cynique de l’antisémitisme comme une justification de ses actions. »


Meilakh Sheykhet, le directeur ukrainien pour l’Unions américaine des conseils pour les juifs dans l’ancienne Union soviétique a déclaré à JTA, que  » les principes juifs de justice et de vérité [imposaient aux juifs] ukrainiens de combattre les mensonges, les falsifications, la propagande extrémiste pro-russe orchestrée par Poutine.
Si les juifs ukrainiens n’avaient rien dit, explique Sheykhet, cela aurait donné l’impression d’un soutien à Poutine, et les juifs auraient été perçus comme la cinquième colonne en Ukraine. »
Le gouvernement intérimaire d’Ukraine a un vice-Premier ministre juif, Volodymyr Groysman, mais aussi trois ministres du mouvement Svoboda.
L’année dernière, au cours d’un entretien, l’un d’entre eux, Andriy Mokhnyk, le ministre de l’Environnement, a accusé les juifs de détruire l’indépendance ukrainienne.
Mokhnyk a également soutenu l’insistance des membres de son parti d’employer le mot ‘jid’ pour désigner dans la langue ukrainienne courante les juifs, malgré les protestations des dirigeants de la communauté juive ukrainienne qui rappellent que le mot est péjoratif.
« Ce parti, Svoboda, participe au gouvernement, a déclaré Lazar. Vous avez donc des ministres ouvertement antisémites qui sont présents dans ce gouvernement d’intérim. C’est préoccupant. »
Viatcheslav Likhachev, porte-parole du Vaad et chercheur de l’organisation sur l’antisémitisme, a déclaré que les ultranationalistes n’ont que très peu de pouvoir sur le gouvernement d’intérim. La révolution, a-t-il ajouté, n’a pas conduit à une augmentation massive des attaques antisémites.
Likhachev a également suggéré, à l’instar d’autres dirigeants juifs en Ukraine, que certaines des attaques ont pu être des provocations organisées par les pro-russes. Lazar a balayé d’un revers de main cette suggestion.
« Personne n’est sûr de rien, confie Lazar. Néanmoins, au cours des 15 dernières années, je n’ai rien vu de tel en Russie. Malheureusement en Ukraine, et tout spécialement dans certaines régions d’Ukraine, il existe un antisémitisme historique. »
Lazar est considéré comme étant un proche de Poutine, il avait guidé le président russe lors d’une visite du mur des Lamentations en 2012 et avait participé à des réceptions au Kremlin, y compris l’événement du 18 mars au cours duquel le processus officiel d’annexion de la Crimée avait commencé.
Plusieurs dirigeants de la communauté juive ukrainienne avaient rejetté la déclaration de Lazar comme émanant directement d’un porte-parole du Kremlin.
« Lorsque qu’il s’exprime, Lazar le fait comme quelqu’un occupant une position officielle, celle d’un dirigeant religieux dans la Russie contemporaine. En tant que tel, il lui est impossible, ou pour quiconque dans sa position, de formuler des points de vues qui ne suivent la ligne et la propagande officielle du Kremlin, déclare Likhachev. »
Le rabbin Shmuel Kamenetsky, l’une des figures de proue du propre mouvement Chabad de Lazar, a refusé de signer la lettre du 17 mars. Il a indiqué que la différence entre les dirigeants russes et ukrainiens doit quelque chose aux objectifs divergents des communautés juives respectives de ces pays.
« Le rabbin Lazar s’occupe très bien des juifs russes, explique Kamenestky. Ses déclarations correspondent à leurs objectifs. Ses liens très étroits avec le gouvernement sont très bénéfiques pour le judaïsme russe et pour les juifs vivant dans des régions éloignées qui, grâce à ces liens, sont protégés. »
Les juifs ukrainiens, souligne Kamenetsky, « veulent quelque chose d’autre. Nous voulons une Ukraine libre, unie et européenne. »
Boruch Gorin, un porte-parole de Lazar, a déclaré que la participation de Lazar à l’événement du 18 mars était simplement protocolaire et que cela n’impliquait pas que le rabbin ait une position sur les relations entre la Russie et l’Ukraine.




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