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samedi 14 avril 2018

Les frappes occidentales sur la Syrie et leurs possibles conséquences



Retour sur les événements de ces 48 dernières heures.

Jeudi, le président français Emmanuel Macron annonçait qu'il avait la preuve que des armes chimiques avaient été utilisées en Syrie.
Rien de très surprenant à cela, le Young Leader 2012 suivant la voie tracée par son maître américain.
Le lendemain, Moscou affirmait pourtant qu'il s'agissait d'une mise en scène.
Les experts de l'OIAC (Organisation pour l'Interdiction des Armes Chimiques) devaient commencer leur travail samedi (gageons que les frappes occidentales intervenues dans la nuit de vendredi à samedi ne facilitera pas leur travail, ne serait-ce que sur un plan psychologique...).

Mais revenons à la journée de jeudi durant laquelle, l'Allemagne quant à elle, était restée fidèle à sa tradition de prudence, voire de double-jeu en refusant de participer à des actions militaires contre la Syrie (rappelons-nous de sa position lors de la dernière intervention atlantiste en Irak, ne participant pas militairement mais donnant un sérieux coup de pouce aux Américains en leur livrant les plans de défense de Bagdad...).
C'est une constante géopolitique découlant de la centralité géographique du monde germanique, placé entre la Russie et l'Europe de l'ouest, ce dernier se doit d'éviter de pencher trop ouvertement d'un côté ou de l'autre, il lui faut adopter une subtile posture d'équilibriste.
Le même jour, la Russie appelait les occidentaux à réfléchir aux conséquences de leurs menaces.

La suite est connue...
On peut lire notamment dans le communiqué de presse de l'Elysée du 14 avril que "les faits et la responsabilité du régime syrien ne font aucun doute."
C'est intéressant... 
Pas besoin d'enquête donc, la présomption d'innocence est un concept qui n'existe pas en droit international selon l'Elysée (et la Maison Blanche).
Intéressant également de constater que la France s'engage militairement dans le conflit syrien au moment où les djihadistes sont en train de perdre le combat face aux efforts conjugués d'Assad et de Poutine.
On le savait, mais c'est confirmé par les faits, la lutte contre Assad est donc plus importante que de vaincre l'Etat Islamique, les familles des victimes des multiples attentats apprécieront.

Après l'intervention de la nuit de vendredi à samedi la tendance est à l'auto-satisfaction chez le président américain Donald Trump :



("Une frappe parfaitement exécutée la nuit dernière. Merci à la France et au Royaume-Uni pour leur sagesse et la puissance de leur excellente armée. Nous ne pouvions obtenir meilleur résultat. Mission accomplie !")

Autre son de cloche dans le camp opposé avec l'intervention de Sergueï Lavrov, le ministre russe des Affaires Etrangères, qui s'est exprimé aujourd'hui suite aux frappes occidentales (et également à propos de l'affaire Skripal).
Lavrov nous apprend notamment que Emmanuel Macron aurait refusé de fournir à Vladimir Poutine les informations qu'il détient sur la présumée attaque chimique de Douma.




A noter que sur les 103 missiles lancés par la coalition américano-franco-anglaise, 71 auraient été interceptés par la DCA syrienne.

Autre déclaration, du président russe Vladimir Poutine cette fois : 

Le 14 avril, les États-Unis soutenus par leurs alliés ont frappé des sites militaires ainsi que ceux de l'infrastructure civile de la République arabe syrienne. Sans l'aval du Conseil de sécurité de l'Onu, en violation de la Charte de l'Onu, des normes et des principes du droit international, un acte d'agression a été commis à l'encontre d'un État souverain qui se tient à l'avant-garde de la lutte antiterroriste.

À nouveau, tout comme il y a un an, lorsque les États-Unis ont attaqué la base aérienne de Shayrat, en tant que prétexte a été utilisée une mise en scène d'usage de substances toxiques contre les civiles, cette fois à Douma, banlieue de Damas. Après avoir visité le lieu de l'incident fictif, les experts militaires russes n'ont pas découvert de trace d'utilisation de chlore ou de toute autre substance toxique. Pas un seul habitant n'a confirmé le fait de l'attaque chimique.
L'Organisation sur l'interdiction des armes chimiques a dépêché ses spécialistes en Syrie afin d'élucider la situation. Or, un groupe de pays occidentaux l'a méprisé de façon cynique en entreprenant une action militaire sans attendre les résultats de l'enquête.

La Russie condamne avec une extrême fermeté l'attaque contre la Syrie où des militaires russes aident le gouvernement légitime à combattre le terrorisme.

Par leurs actions, les États-Unis aggravent davantage la catastrophe humanitaire en Syrie, apportent des souffrances aux civils, laissent faire les terroristes qui déchirent depuis sept ans le peuple syrien, provoquent une nouvelle vague de réfugiés en provenance de ce pays et de la région en général.

L'escalade en cours autour de la Syrie produit des effets destructeurs sur l'ensemble du système des relations internationales. L'histoire remettra tout à sa place et elle a déjà attribué à Washington une lourde responsabilité pour avoir mis en œuvre sa justice sanglante en Yougoslavie, en Irak et en Libye.
La Russie convoque une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'Onu afin de discuter des actions agressives des États-Unis et de leurs alliés.


***

La provocation occidentale va nécessairement engendrer une réaction de la part de la Russie, si tel n'était pas le cas, cela serait considéré comme un aveu de faiblesse par Washington et ses vassaux et donc comme une invitation à défier un peu plus Moscou en Syrie ou ailleurs.





mercredi 14 juin 2017

En marche vers la dictature numérique ?


Réunis mardi à Paris, la Première ministre britannique Theresa May et Emmanuel Macron ont annoncé "un plan d'action" conjoint et "très concret" pour renforcer la lutte antiterroriste. Le sujet est plus que jamais d'actualité après les récents attentats qui ont frappé Manchester fin mai et Londres début juin. Les deux dirigeants ont expliqué travailler sur ce projet commun "depuis plusieurs jours", avec pour ambition de "renforcer les obligations des opérateurs en ligne pour supprimer les contenus qui promeuvent la haine".

Ce qu'il y a de pratique avec les attentats, c'est que ça n'est jamais inutile pour broyer toujours plus les libertés (qui se réduisent de plus en plus telle la peau de chagrin de Balzac).
La rencontre Theresa May/Emmanuel Macron d'hier aura servi à accorder les violons anglais et français en ce qui concerne la réduction de la marge de manœuvre sur internet pour nous autres, utilisateurs potentiellement terroristes et propagateurs de "haine".
Qu'est-ce que la "haine" ?
Comment définir les contours d'un concept aussi vague ?
Pourquoi s'en prendre uniquement à internet, le seul endroit où une information réellement indépendante est encore disponible ?
Les terroristes sont-ils tous des geeks ?
Peu importe, ne posons pas trop de questions, cela voudrait certainement dire que nous avons quelque chose à nous reprocher.

Il est intéressant de voir que les attentats de Manchester (23 mai) et de Londres (3 juin) auront simplement permis de passer la vitesse supérieure concernant une surveillance accrue d'internet Outre-Manche.
Le projet était déjà dans les cartons et prêt à être déballé comme nous le confirme l'article suivant du 22 mai dernier :



Grande-Bretagne : Theresa May veut créer un nouvel Internet contrôlé et réglementé par le gouvernement


Il y a quelques jours, l’actuelle Première ministre de Grande-Bretagne a fait part de la volonté de son parti politique d’assainir Internet. Theresa May promettait de sanctionner les réseaux sociaux qui seront incapables de contrôler les posts de leurs utilisateurs. Elle militait pour interdire la diffusion de contenus inadaptés, voire dangereux, pour les mineurs ou de contenus incitant à la haine (raciale, religieuse...), à la pornographie, à la violence ou à toutes formes de discrimination sur Internet.

Theresa May est revenue à la charge avec un nouveau projet visant à autoriser son gouvernement à prendre le contrôle d’Internet en Grande-Bretagne en choisissant le contenu qui peut être publié ou pas. Actuellement, une grande partie d’Internet est gérée par des entreprises privées comme Google et Facebook, mais le gouvernement britannique souhaite remédier à cette situation. Il a l’intention de prendre le contrôle total d’Internet et de filtrer les informations auxquelles sa population a accès : publication, partage, post ou autre. 
« Certaines personnes pensent que le gouvernement n’est pas censé intervenir dans le contrôle des technologies et d’Internet. Nous ne sommes pas d’accord », a-t-elle déclaré.
Elle a présenté un manifeste qui expose les différents changements que souhaiterait apporter son parti sur la gestion d’Internet. Selon elle, l’objectif officiel de cette initiative serait de permettre à la Grande-Bretagne de devenir « le leader mondial de la régulation des données personnelles et d’Internet », et « mieux combattre le terrorisme en limitant les moyens de communication en ligne des terroristes. »



Au travers de leur manifeste, les conservateurs britanniques souhaiteraient encourager les entreprises technologiques à équiper leurs services de messagerie chiffrés avec des backdoors qui permettraient d’espionner les conversations de n’importe qui, terroristes ou non. Ils voudraient que soient instaurées de nouvelles lois et des restrictions qui rendraient plus difficile que jamais l’accès à des sites qu’ils jugent sensibles ou simplement empêcher les moteurs de recherche de diriger leurs utilisateurs vers ces sites web. Ils voudraient obliger les entreprises technologiques d’Internet à ne pas conserver les données et l’historique de navigation des moins de 18 ans.

Le manifeste détaille le projet des conservateurs pour la réglementation de la nature des contenus qui pourront être affichés en ligne et comment les entreprises d’Internet devront être rémunérées. Il propose également qu’une taxe soit imposée aux entreprises d’Internet comme celle qui existe actuellement pour les entreprises de jeux d’argent. Cet argent devra servir à financer des programmes publicitaires pour informer les gens sur les dangers d’Internet, mais surtout pour « soutenir la sensibilisation et l’activité préventive contre les méfaits de l’Internet. »
« Nous allons mettre en place un système qui oblige l’industrie à ne pas diriger ses utilisateurs, même involontairement, vers des contenus incitant à la haine, la propagande, la pornographie ou d’autres sources de préjudice. »

Ces évènements interviennent après l’adoption de l’Investigatory Powers Act, la loi britannique sur les pouvoirs spéciaux d’investigation qui avait été initiée par la même Theresa May, alors ministre de l’Intérieur à ce moment. Cette loi donne une base légale aux services compétents du gouvernement britannique pour procéder à l'espionnage et au piratage des ordinateurs ou des téléphones portables, forcer un site Internet à sauvegarder et divulguer l’historique de navigation de ses utilisateurs ou bloquer le chiffrement des messages envoyés par des applications comme WhatsApp pour accéder à leurs contenus.

Un petit questionnaire pour conclure, attention, il n'y a qu'une seule bonne réponse.

Pour lutter efficacement contre le terrorisme il faut :
a) restreindre les libertés sur internet.
b) stopper l'immigration incontrôlée.
c) assécher les sources du financement des terroristes (trafics de migrants, d'armes, de drogue...).
d) arrêter de soutenir le renversement de gouvernements d'Etats (Libye, Syrie, Irak...) qui basculeront dans une instabilité faisant le jeu des djihadistes.


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