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samedi 17 février 2018

Emiettement des nations : un projet de régions autonomes entre la France et l'Allemagne



Le projet de concassage des états européens pourrait prochainement passer à la vitesse supérieure, tout cela sous l’œil bienveillant du Medef et du BDI (Bundesverband der Deutschen Industrie).


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Un projet de régions autonomes entre la France et l'Allemagne
THIBAUT MADELIN  

Situés à cheval sur les frontières, les eurodistricts pourraient recevoir des compétences autonomes. 

La résolution que doivent adopter l'Assemblée nationale et le Bundestag propose d'expérimenter dans les régions transfrontalières, où un projet d'école professionnelle franco-allemande est en discussion.
Effacer la frontière entre l'Allemagne et la France. C'est la mission de Peter Cleiß. Le directeur des Ecoles professionnelles de Kehl a déjà du succès. Sur les 1.400 apprentis qu'il forme, 50 sont français. Mais étant donné la distance qui sépare sa ville de Strasbourg - quelques centaines de mètres -, il trouve cela dérisoire et veut aller plus loin.

« Nous voulons créer une école professionnelle franco-allemande », dit-il. L'enseignement serait réalisé pour moitié en français et en allemand. Aujourd'hui, un étudiant en sciences politiques peut suivre ce genre de double cursus, mais pas un apprenti. Un déficit qui peut s'avérer fatal aussi sur le plan politique.

« Une expérience enthousiasmante de l'Europe »
« Les touristes ne connaissent pas de frontières, les grandes entreprises et les professions supérieures non plus. Les apprentis si, déplore l'enseignant. Que voulez-vous qu'ils votent s'ils n'ont pas une expérience enthousiasmante de l'Europe ? » De chaque côté du Rhin, le Front National et l'AfD allemande réalisent des scores importants.

Les deux partis regarderont sans doute de près le projet de Peter Cleiß, qui voudrait le placer sous la tutelle de l' eurodistrict de Strasbourg-Ortenau . Aujourd'hui, ce syndicat intercommunal transfrontalier soutient la coopération franco-allemande à l'échelle locale, notamment à travers une ligne de tramway.

Une école professionnelle serait l'étape d'après, selon Andreas Jung. « En Alsace, le chômage des jeunes dépasse 30 % et dans le Rhin supérieur, on souffre d'une pénurie de main-d'oeuvre, regrette le député de la CDU d'Angela Merkel. Souvent, ça échoue pour des raisons purement pratiques. Les eurodistricts peuvent améliorer le quotidien des transfrontaliers. »

Abandon de souveraineté
C'est un point sensible de la résolution que l'Assemblée nationale et le Bundestag veulent adopter lundi à l'occasion du 55e anniversaire du Traité de l'Elysée. Elle invite les gouvernements à déléguer aux eurodistricts « des compétences autonomes, et à introduire des clauses d'exception et d'expérimentation dans chacune des législations nationales ».

Pour Claire Demesmay, spécialiste des relations franco-allemandes, il s'agit d'un saut extrêmement ambitieux en matière d'intégration. « Ces régions n'auraient plus les mêmes règles que l'Etat dans lequel elles se trouvent, y compris fiscales, dit l'experte de l'Institut allemand de politique étrangère (DGAP). On n'a jamais vu cela. »

Reste à savoir si, au-delà des déclarations d'intention, les gouvernements français et allemand seront prêts à abandonner une part concrète de leur souveraineté nationale. « C'est difficile, je sais, dit Michael Link, député libéral du FDP allemand. Mais à un moment ou un autre, on doit essayer. »

Les patronats français et allemand avertissent Macron et Merkel
Le Medef et le BDI allemand publient ce lundi des recommandations pour de nouvelles initiatives en matière de coopération économique entre la France et l'Allemagne. Ils s'inquiètent des projets fiscaux du président et de la chancelière. Harmoniser la fiscalité des entreprises, oui. Augmenter les impôts, non. « L'Allemagne et la France doivent éviter d'introduire des mesures pénalisant les entreprises », avertissent les deux organisations patronales dans les recommandations que leur avaient demandées en juillet le président de la République et la chancelière. Les patrons allemands et français les mettent aussi en garde contre les risques d'une lutte contre le moins-disant fiscal dans l'Union européenne. « Ce serait un malentendu que de croire qu'un taux d'imposition minimum fournira des conditions de concurrence équitables entre les Etats membres », écrivent-ils dans une déclaration commune dont « Les Echos » ont eu une copie.

Source :  https://www.lesechos.fr/monde/europe/0301179956486-projet-de-regions-autonomes-entre-la-france-et-lallemagne-2146720.php#E2xg1HGQxriEPLde.99

dimanche 24 septembre 2017

Un référendum catalan sous haute tension


Le prochain référendum concernant l'indépendance de la Catalogne qui aura (normalement) lieu le dimanche 1er octobre prochain pourrait être le détonateur d'une implosion prochaine de l'ensemble des nations européennes.
Si le "oui" l'emporte, la Catalogne serait à coup sûr l'élément qui servirait d'exemple émancipateur à tous les mouvements indépendantistes européens, avec, au premier rang de ceux-ci : la Flandre et l'Ecosse. 
En cas d'indépendance catalane, l'Espagne se retrouverait amputée d'un territoire de 7,5 millions d'habitants représentant environ un cinquième de l'économie espagnole.
On comprend l'opposition du Premier Ministre espagnol Mariano Rajoy à la tenue de ce référendum qui en cas de victoire du "oui" reléguerait encore plus la voix de l'Espagne dans le concert des nations.

Il est indispensable de garder à l'esprit que tous ces mouvements indépendantistes ont été favorisés par l'Union Européenne depuis de nombreuses années.
En effet, afin de mettre en place une Europe "unie" il était nécessaire de détruire les Etats, de les dissoudre en encourageant les tendances régionalistes qui agiraient à terme comme de parfaits bâtons de dynamites indispensables afin de faire imploser les sous-ensembles dépassés que sont devenus les Etats-nations dans l'esprit des technocrates bruxellois.




On peut citer la recommandation 34 du Congrès des pouvoirs locaux et régionaux de l'Europe (CPLRE) datant de 1997 qui posait les bases d'une montée en puissance des régions.
L'article 23 de ladite recommandation intitulé "Engagement des Etats dans un processus de régionalisation" est on ne peut plus clair quant aux objectifs poursuivis :


Les Etats dans lesquels un processus de régionalisation
est en cours peuvent ratifier la présente Charte en
prenant l’engagement de mettre en œuvre ses dispositions
par la création et le développement de structures
régionales. Ils s’engagent, dans une période de dix ans
au maximum à partir de l’entrée en vigueur de la Charte
à leur égard, à établir le cadre juridique et les mécanismes
administratifs et financiers qui leur permettront
de respecter à l’égard de leurs régions les droits définis
par la présente Charte, aux conditions précisées au paragraphe
1 ou au paragraphe 2 de l’article 20.




Cette parcellisation des Etats européens doit être vue comme une destruction nécessaire à l'avènement d'une Europe fédérale dont le traité de Maastricht était la porte d'entrée.
A plus ou moins long terme, le grand bénéficiaire de cet émiettement généralisé sera le monde germanique qui verra son emprise sur l'Europe devenir inéluctable de par son poids éthnico-économique.
La régionalisation européenne est également vue d'un très bon œil par "l'ami américain" qui a tout intérêt à liquider ce qui peut rester d'opposition étatique (aussi molle soit-elle) en Europe et faire ainsi le jeu de ses multinationales déjà omniprésentes en matière de lobbying du côté de Bruxelles.

Pour rappel, cet extrait du discours de Bill Clinton lors de la remise du prix Charlemagne en 2000 :
« L’unité de l’Europe est en train d’engendrer quelque chose de véritablement neuf sous le soleil ; des institutions communes plus vastes que l'Etat-nation parallèlement à la dé­légation de l’autorité démocratique aux échelons inférieurs. L’Ecosse et le pays de Galles ont leurs propres parlements. L’Irlande du Nord, dont ma famille tire son origine, a retrouvé son nouveau gouvernement. L’Europe est pleine de vie et résonne à nouveau des noms d’anciennes régions dont on reparle — la Catalogne, le Piémont, la Lombardie, la Silésie, la Transylvanie, etc -non pas au nom d’un quelconque séparatisme, mais dans un élan de saine fierté et de respect de la tradition. La souveraineté nationale est enrichie des voix régionales pleines de vie qui font de l’Europe un lieu garantissant mieux l’existence de la diversité ».

Pour aller plus loin sur ce sujet il faut lire les deux premiers ouvrages de Pierre Hillard : Minorités et Régionalisme dans l'Europe fédérale des Régions et La Décomposition des Nations Européennes.

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