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mercredi 10 octobre 2018

Russie : le grand rabbin russe fustige la livraison des S-300 à la Syrie

Vladimir Poutine et Berel Lazar

Des nuages semblent s'amonceler dans le ciel (si bleu jusqu'ici) des relations entre le président russe Vladimir Poutine et le grand rabbin de Russie Berel Lazar.
Ce dernier était même de la délégation russe qui s'est rendue en Iran en avril dernier : 

Le grand-rabbin de Russie Berel Lazar s'est rendu à Téhéran au printemps dernier. Cette information, publiée initialement dans les médias israéliens, a été confirmée par une source diplomatique informée.
(...)
Début septembre, des médias israéliens ont rapporté que le grand-rabbin de Russie Berel Lazar faisait partie de la délégation de la Douma. En particulier, le site Ynet a écrit que «malgré les objections iraniennes, la Russie, qui cherche à améliorer les liens commerciaux et économiques avec Téhéran, a imposé la participation de Berel Lazar comme une condition de la visite». La visite de représentants de la communauté juive à Téhéran a été également confirmée par le milieu d'experts.

Mais cela, c'était avant la mort des 15 soldats russes et la livraison des missiles S-300 à la Syrie qui en a découlé.
Cette opposition du leader de la Fédération des communautés juives de Russie à Vladimir Poutine sera-t-elle sans conséquence ?
L'avenir nous le dira.

***

Dans une démarche rare, Berel Lazar a qualifié la décision de fournir des systèmes avancés de défense antiaérienne au régime d'Assad "d'erreur", indiquant en avoir parlé à Poutine

Le grand rabbin de Russie a déclaré que la décision prise par Moscou d’approvisionner la Syrie en missiles antiaériens avancés est une « erreur », une réprimande rare de la part de cet homme de la politique de défense mise en oeuvre par son pays.

Berel Lazar, du mouvement hassidique ‘Habad, a tenu ces propos jeudi lors d’une conférence organisée par le groupe culturel du Limmud FSU à Sighet, en Roumanie.

La Russie a donné à la Syrie le système S-300 suite à l’abattage accidentel, le mois dernier, d’un avion espion russe par les forces syriennes, alors qu’elles répondaient à une frappe israélienne dans l’espace aérien syrien. La Russie a attribué la responsabilité de cet incident, au cours duquel 15 soldats russes sont morts, à Israël.

« Je pense que c’est une erreur qui ne fera qu’augmenter les problèmes dans la région », a dit Lazar, qui rencontre régulièrement le président russe Vladimir Poutine, au journaliste israélien Eli Mandelbaum sur le transfert de missiles.

Le groupe de Lazar, la Fédération des communautés juives de Russie, s’est souvent exprimé contre les expressions d’antisémitisme en Russie et certains aspects de la politique russe en ce qui concerne Israël, notamment du vote de Moscou, en 2017, en faveur d’une résolution de l’ONU qui ignorait la signification de Jérusalem pour les Juifs. Mais Lazar, qui dit s’opposer à l’implication excessive des leaders communautaires juifs dans la politique russe, a rarement critiqué publiquement la Russie concernant ses relations bilatérales avec Israël sur des sujets dénués de dimension religieuse.

Le rabbin, né en Italie et devenu citoyen russe en l’an 2000, a déclaré que lui et son organisation « parlent de la question des S-300 avec le président », se référant à Poutine. « Nous expliquons, ai-je envie de dire, le caractère sensible de ce problème pour nos frères en Israël, à Sion, et nous espérons que la Russie et Israël pourront continuer à coopérer pour stopper le terrorisme, pour stopper l’Iran et qu’Israël continuera à garder ses frontières et à neutraliser toutes les menaces avant qu’elles n’atteignent son seuil ».

Depuis des années,Israël et ses alliés font pression sur la Russie pour que cette dernière ne livre pas à la Syrie et à d’autres acteurs régionaux le système S-300, affirmant que cela limiterait la capacité israélienne à neutraliser les menaces terroristes et notamment le groupe du Hezbollah, basé au Liban.

Plusieurs centaines de personnes ont assisté à cet événement organisé à Sighet, lieu de naissance d’Elie Wiesel, lauréat du prix Nobel de la paix et survivant de la Shoah décédé en 2016.

Au mois d’août, la police roumaine avait arrêté un homme de 37 ans soupçonné d’avoir écrit des slogans antisémites sur la maison d’enfance de Wiesel.

Source : TimesofIsrael

mercredi 11 avril 2018

La route vers la Troisième Guerre Mondiale



100 ans après la fin de la Première Guerre Mondiale tous les voyants sont désespérément au rouge écarlate.

La Syrie, qui depuis 7 ans maintenant est le terrain de jeu miniature sur lequel se déverse sourdement les rivalités internationales semble ne plus suffire.
Plusieurs fois déjà, des signes avant-coureurs s'étaient produits mais en l'espace de quelques jours, la phase de préparation semble être en pleine voie d'accélération :
 - La nouvelle et dernière accusation contre Damas d'avoir utilisé des armes chimiques semble porter ses fruits vénéneux.
[Notons au passage que peu importe qu'Assad ait utilisé ou non des armes chimiques, ce qui compte, c'est le prétexte afin d'agir. Toute ressemblance avec les "armes de destruction massive de Saddam Hussein" ou les "couveuses koweïtiennes" est évidemment fortuite...]
- La frappe d'Israël sur une base militaire en Syrie semble quant à elle avoir définitivement (encore qu'en relations internationales, il faut toujours se méfier du terme "définitif") placé la Russie face à ses contradictions : épauler le partenaire syrien tout en assurant Israël de son soutien n'était pas viable à long terme, il fallait faire un choix, or, les nécessités géostratégiques font que Moscou ne peut lâcher Assad sans voir sa position fragilisée (cf ses bases militaires de Tartous et de Hmeimim)... ainsi que celle de son allié iranien : http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/04/09/97001-20180409FILWWW00064-frappes-contre-la-base-syrienne-moscou-designe-israel.php
Donald Trump en rajoute encore une couche aujourd'hui avec des termes on ne peut plus belliqueux destinés à la Russie.

L'équilibre déjà très précaire de la région (conflit au Yémen, Irak dévasté, tensions religieuses et ethniques multiples, etc.) est clairement en danger comme le déclarait le porte-parole du Kremlin.
La Russie de Poutine n'est plus l'ours moribond, le monstre en papier mâché et en métal rouillé du temps de Gorbatchev ou Eltsine, elle défendra ses intérêts si ceux-ci sont attaqués.

La guerre économique bat quant à elle son plein.
Après ce que les Etats-Unis ont considéré comme une attaque frontale envers la prédominance du dollar avec le lancement par la Chine du petroyuan, la réplique de Washington ne s'est pas faite attendre avec la taxation des importations d'acier et d'aluminium suite à quoi la Chine a porté plainte auprès de l'Organisation Mondiale du Commerce.

On le voit, les deux camps, Occident (USA/UE) contre Orient (Russie/Chine), se rendent coup pour coup.
La Syrie est malheureusement pour son peuple l'épicentre sur lequel convergent actuellement les tensions mais vu le nombre de forces en présence dans la région, l'échiquier syrien risque rapidement de s'avérer fort étroit... 

Mais tout cela, ce ne sont que les conséquences matérielles d'une espérance messianiste qui ne demande qu'à éclore dans la douleur :



mercredi 14 mars 2018

Mike Pompeo, nouveau secrétaire d'Etat américain, proche des frères Koch et pro israélien

Mike Pompeo, ex-directeur de la CIA, nouveau secrétaire d'Etat américain.

La nomination de Mike Pompeo (ex-directeur de la CIA) par Donald Trump au poste de secrétaire d'Etat des Etats-Unis a été particulièrement bien accueillie du côté de Tel Aviv et de Jérusalem.
Pompeo, sponsorisé par les frères Koch{1} est en effet considéré comme un ami d'Israël et logiquement comme un opposant farouche à l'Iran.
S'entourer de "faucons" néo-conservateurs semble être une manie chez le président américain.


{1} "Après avoir servi pendant cinq ans – mais jamais au combat – il a intégré la Harvard Law School, l'une des grandes facultés de droit du pays, par laquelle est aussi passé Barack Obama.
Il a fondé une société d'ingénierie dans le Kansas avant de se lancer dans la politique en 2010 avec le soutien des frères Koch, des milliardaires libertariens qui financent les candidats défendant leurs idées." (https://www.nouvelobs.com/monde/l-amerique-selon-trump/20180313.OBS3528/qui-est-mike-pompeo-le-nouveau-chef-de-la-diplomatie-americaine-nomme-par-trump.html)


***

Mike Pompeo, le nouveau chouchou de Jérusalem ?

Le nouveau secrétaire d'État américain a depuis longtemps exprimé son soutien aux positions de l'État juif, et ce, sur diverses questions


Préoccupés par la crise politique qui menaçait de renverser la coalition au pouvoir, les politiciens de Jérusalem ont ignoré mardi à une écrasante majorité l’annonce selon laquelle les États-Unis se dotaient d’un nouveau secrétaire d’État.


Il ne fait cependant aucun doute que le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la plupart des membres de son gouvernement étaient ravis d’apprendre que le président américain Donald Trump avait congédié Rex Tillerson et qu’il avait plutôt fait appel à Mike Pompeo, le directeur actuel de la CIA.

La nouvelle de la nomination de Pompeo est tombée alors que la classe politique israélienne était encore en train de résoudre la ‘crise’, et des heures après qu’elle eut été résolue, ni le bureau de Netanyahu, ni le ministère des Affaires étrangères, ni aucun autre haut fonctionnaire n’ont fait de déclarations ou adressé des félicitations au nouveau diplomate américain.

Seul le ministre du Renseignement Yisrael Katz, qui avait rencontré Pompeo à plusieurs reprises au cours de ses 14 mois de mandat à la tête de l’agence d’espionnage la plus connue au monde, est allé féliciter Pompeo sur Twitter et « le remercier pour son soutien à Israël ».

Tillerson, qui a appris son licenciement sans ménagement par un tweet de Trump, a été considéré par Jérusalem comme un secrétaire d’État amical. Ancien magnat du pétrole, il n’avait aucun lien antérieur avec l’État juif, mais semblait être d’accord avec les positions générales pro-israéliennes de l’administration. Ce n’était certainement pas un John Kerry, qui a fait pression et critiqué Israël concernant le processus de paix et qui a promu un accord nucléaire avec l’Iran qui, selon Israël, menace la paix dans le monde entier.

M. Tillerson n’était toutefois pas d’accord avec M. Trump sur plusieurs questions clés de politique étrangère. Plus particulièrement, le secrétaire d’État sortant ne partageait pas la haine profonde du président à l’égard de l’accord sur le nucléaire iranien.

« Quand on examine l’accord avec l’Iran, je pense que c’est terrifiant », a déclaré Trump mardi. Tillerson, par contre, était « OK », a-t-il expliqué. « Je voulais soit le rompre, soit faire quelque chose, et il ressentait les choses un peu différemment. Donc nous ne pensions pas vraiment la même chose. »

En revanche, Pompeo est un « faucon » connu en Iran. Ses vues sur l’accord avec l’Iran de 2015 correspondent parfaitement à celles de Trump – et à celles de Netanyahu. Ils pensent tous que l’accord a été une catastrophe et qu’il faut l’améliorer considérablement ou le rejeter complètement.

M. Pompeo a indiqué à la fin de 2014, avant la signature de l’accord, qu’il croyait que les frappes militaires contre les installations nucléaires iraniennes contrecarreraient plus efficacement la quête de bombes atomiques de Téhéran que la diplomatie.

« L’Iran, le plus grand pays au monde qui parraine la terreur, est devenu un acteur encore plus audacieux et déstabilisateur au Moyen Orient », a-t-il déclaré lors de l’audience de confirmation au Sénat en janvier 2017.

Comme on pouvait s’y attendre, les amis de la République islamique ont tiré la sonnette d’alarme mardi.

Pompeo aux Affaires étrangères augmenterait les risques d’une « nouvelle guerre au Moyen Orient », a averti le National Iranian American Council, le qualifiant d' »un des opposants les plus farouches à la diplomatie avec l’Iran ».

D’autres groupes pro-iraniens ont émis des avertissements similaires, tandis que des groupes pro-israéliens « faucons » ont salué la position hostile de Pompeo envers la République islamique.

« Tout au long de son séjour à la Chambre des représentants et en tant que directeur de la CIA, il s’est avéré être un rempart contre les agressions de l’Iran, et un grand ami d’Israël », a déclaré Matt Brooks, chef de la coalition juive républicaine.

Lorsque Trump a constitué son gouvernement à la fin de l’année 2016, Pompeo a été salué par des sources officielles à Jérusalem, qui ont souligné son excellent bilan concernant l’Iran.

En décembre, lorsque des rumeurs selon lesquelles Pompeo pourrait remplacer Tillerson ont commencé à faire surface, Tom Gross, un éminent analyste du Moyen Orient, a déclaré qu’il serait « le premier secrétaire d’État américain pro-israélien depuis des décennies ».

Contrairement à Tillerson, qui n’a pas joué un rôle important dans l’approche de l’administration face au conflit israélo-palestinien et qui s’est volontiers concentré sur d’autres parties du globe, Pompeo voudra peut-être s’impliquer au Moyen Orient, d’autant plus que Trump et son équipe se préparent à dévoiler leur proposition de paix.

Pompeo entretient un lien avec l’État juif. Il est venu en Israël en 2015, alors qu’il était encore membre du Congrès du 4e district du Kansas, pour obtenir des informations en matière de sécurité de la police israélienne et visiter le mur Occidental.

« Les efforts de Netanyahu pour empêcher l’Iran d’obtenir des armes nucléaires sont particulièrement remarquables et très appréciables », a-t-il déclaré après avoir rencontré le Premier ministre de l’époque.

Il a également salué la « retenue admirable des Israéliens face à des attaques d’une cruauté indescriptible », évoquant une série d’attentats terroristes palestiniens, dont beaucoup ont été perpétrés avec des couteaux, qui étaient à leur apogée à l’époque. Les États-Unis doivent « se tenir aux côtés de notre allié Israël et mettre un terme au terrorisme », a-t-il déclaré. « Les attaques constantes des Palestiniens ne servent qu’à éloigner les perspectives de paix. »

Tout comme les Iraniens, les Palestiniens ne sont pas des fans de cet homme. L’année dernière, la campagne américaine pour les droits des Palestiniens a donné une note négative à Pompeo sur le site votesmart.org.

Depuis qu’il siège à la Chambre des représentants, Pompeo, qui, en 2013, a déclaré de façon controversée que les dirigeants musulmans américains qui ne dénoncent pas les actes de terrorisme sont « potentiellement complices », s’est penché à maintes reprises sur des positions qui concordent étroitement avec celles des dirigeants israéliens.

En tant que chef de la CIA, il a naturellement dû faire profil bas – il n’y a pas de photos ou de communiqués de presse sur sa visite de l’année dernière – mais au département d’État, Pompeo est susceptible de montrer clairement et peut-être même faire briller sa bonne foi pro-israélienne.

S’il s’implique dans les affaires du Moyen Orient, et surtout si Trump le laisse jouer un rôle important dans la tentative de l’administration de négocier un accord de paix israélo-palestinien, Pompeo semble prêt à devenir le nouveau chouchou de Jérusalem, aux côtés de l’ambassadrice américaine auprès des Nations unies, Nikki Haley.

Les politiciens israéliens étaient peut-être trop occupés avec eux-mêmes cette semaine pour remarquer sa nomination, mais le nouveau secrétaire d’État est en mesure de changer le visage de la diplomatie américaine vis-à-vis du Moyen Orient.

https://fr.timesofisrael.com/mike-pompeo-le-nouveau-chouchou-de-jerusalem/






mercredi 3 janvier 2018

Manifestations en Iran, les services secrets occidentaux impliqués ?



Cette information demande confirmation mais semble tout à fait plausible...

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Un Européen, dont la nationalité n'a pas été précisée, a été arrêté lors d'une manifestation antigouvernementale dans la région de Borujerd, dans l'ouest de l'Iran, a-t-on appris aujourd'hui de source judiciaire iranienne.

"Un citoyen européen a été arrêté dans la région de Borujerd (...) Cette personne, entraînée par des services de renseignement européens, conduisait les émeutiers", a précisé Hamidreza Abolhassani, responsable judiciaire de la préfecture de Borujerd, à l'agence de presse Tasnim.

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/01/03/97001-20180103FILWWW00127-iran-un-europeen-arrete-lors-d-une-manifestation.php

lundi 1 janvier 2018

Accord Etats-Unis-Israël destiné à renforcer la lutte contre l'Iran



Les "grands médias" ont été assez discrets à ce sujet.
Bien sûr, seuls les esprits malintentionnés feront le lien entre cet accord et les événements se produisant actuellement en Iran.

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Israël et les Etats-Unis ont secrètement signé un accord stratégique visant à développer leur coopération dans le domaine de la lutte contre la menace nucléaire iranienne et contre les ambitions croissantes de Téhéran dans la région, a rapporté vendredi le Times of Israel.Conduisant une délégation israélienne, le conseiller à la sécurité nationale Meir Ben Shabat a rencontré le 12 décembre son homologue américain H. R. McMaster à la Maison Blanche. Selon Channel 10, un document a été signé lors de ce meeting, suivi d'intenses discussions.Dans le cadre des discussions entre les Etats-Unis et Israël, qui cherchent à définir leurs objectifs stratégiques communs, cette réunion a abouti à la création d'équipes conjointes qui se concentrent sur les éléments de menaces pour les deux alliés. Parmi les thèmes abordés figurent l'activité iranienne en Syrie, le programme d'armement nucléaire iranien et ses systèmes de missiles balistiques, ainsi que le soutien de Téhéran au groupe libanais du Hezbollah."Israël et les Etats-Unis partagent la même opinion concernant les tendances de la région, en particulier sur l'Iran, et ont conclu des accords sur la stratégie et la politique à mener", ont déclaré les hauts responsables israéliens selon Channel 10."Nous et les Américains sommes très satisfaits de ces conclusions et de notre engagement à faire face à la fois aux défis et aux opportunités dans la région", a poursuivi le responsable.

Cet accord fait suite au discours du président américain Donald Trump, le 13 octobre dernier, qui dévoilait une stratégie plus agressive pour contrôler la puissance croissante de l'Iran, annonçant qu'il ne certifierait pas l'accord nucléaire iranien conclu par l'administration Obama.Dans la foulée, une série de projets de loi avaient été adoptés au Congrès pour sanctionner le Hezbollah et cibler le financement illégal du groupe terroriste, cherchant ainsi à étouffer les ambitions iraniennes.Le secrétaire d'Etat Rex Tillerson dans une tribune pour le New York Times la semaine dernière a également réitéré les intentions américaines d'augmenter la pression sur l'Iran en déclarant que "l'accord nucléaire défectueux n'est plus le point central de notre politique iranienne... nous sommes confrontés maintenant à la totalité des menaces iraniennes. 

"La perspective des Etats-Unis et d'Israël sur le Moyen-Orient converge de plus en plus depuis l'arrivée au pouvoir du président Trump.
Lors de la présentation de sa stratégie de sécurité nationale le 18 décembre, Trump a déclaré qu'"Israël n'est pas la cause des problèmes de la région" et a plutôt eu tendance à dénoncer l'Iran comme une cause fondamentale d'instabilité.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou était également un farouche opposant à l'accord de 2015 sur l'Iran, il s'est joint aux efforts du millionnaire américain pour empêcher de certifier ce traité.La décision de Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël a également été défendue par l'administration Netanyahou tout en recevant simultanément une foule de critiques internationales.En janvier, Trump devra réévaluer sa décision sur l'Iran et décider s'il veut réimposer des sanctions, portant ainsi atteinte à l'accord nucléaire de 2015.


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http://www.i24news.tv/fr/actu/international/163866-171229-accord-secret-signe-entre-les-usa-et-israel-contre-la-menace-grandissante-de-l-iran

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D'autre part, Donald Trump a aujourd'hui et une nouvelle fois réaffirmé son souhait de voir s'opérer un changement de régime à Téhéran.

"Trump: le "temps du changement" est venu en Iran

Le président américain Donald Trump a affirmé lundi que "le temps du changement" est venu en Iran, après les violences meurtrières de ces derniers jours, lors des plus importantes contestations du pouvoir depuis 2009.

"L'Iran échoue à tous les niveaux, malgré le très mauvais accord passé avec le gouvernement Obama", a affirmé Trump sur Twitter. "Le grand peuple iranien est réprimé depuis des années. Il a faim de nourriture et de liberté. La richesse de l'Iran est confisquée, comme les droits de l'Homme. Il est temps que ça change".

C'est la troisième fois depuis vendredi que le président américain s'en prend au régime iranien. Samedi, il avait averti que "les régimes oppresseurs ne peuvent perdurer à jamais".

Depuis un an que Donald Trump est au pouvoir, l'Iran est la bête noire de l'administration qui n'a de cesse de dénoncer les ambitions régionales de Téhéran, sa participation à plusieurs conflits qui déchirent la région comme en Syrie et au Yémen, ainsi que son programme de missiles balistiques.  


dimanche 31 décembre 2017

"Agiter le peuple (iranien) ... avant de s'en servir"



La maxime de Talleyrand est toujours d'actualité, dernier exemple en date avec l'Iran.
Sans doute, existe-t-il des raisons valables et légitimes pour le peuple iranien de manifester sa colère contre son gouvernement (dans quel pays cela n'est-il pas le cas ?).


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Contestation en Iran : au moins deux morts, menace du gouvernement

Des manifestations antigouvernementales ont éclaté samedi en Iran pour la troisième journée consécutive.

Samedi, pour la troisième journée consécutive, des manifestations antigouvernementales et contre les difficultés économiques de la population ont éclaté en Iran alors même que des rassemblements prorégime avaient lieu pour commémorer la fin du soulèvement postélectoral de 2009. Depuis deux jours, ces manifestations contre la vie chère, à Téhéran et dans d'autres grandes villes du pays, ont pris une tournure politique. Samedi soir, des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre.

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Seulement, le timing des événements fait irrésistiblement penser à une tentative de révolution "colorée" dont les instigateurs sont assez faciles à distinguer.
L'Etat islamique est en train de perdre la bataille en Syrie et en Irak, laissant ces deux derniers pays exsangues, laminés par des années de guerre.
Donald Trump vient de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, et pour l'état hébreu, la seule vraie menace existant encore au Moyen-Orient reste l'Iran qui pour l'heure demeure un état solide et le plus puissant de la région.
Alors que la Syrie et l'Irak sont en voie de démembrement (conformément au "plan Yinon"), guerres, attentats, et montée des volontés indépendantistes kurdes participant à l'émiettement de Damas et Bagdad, on peut voir dans cette tentative de déstabilisation du gouvernement iranien une manière de parachever un travail de sape... 
Dans quel but me direz-vous ?

Regardons du côté de l'entourage de Trump, de l'état profond qui le soutient, de Jared Kushner son principal conseiller, relisons l'ouvrage de Mearsheimer et Walt ("le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine") rappelons-nous  que Gadi Eizenkot, le chef d'état major de l'armée israélienne ne faisait guère de mystère sur l'objectif prioritaire de Tsahal en juillet dernier et souvenons-nous des propos de Moshe Dayan (ministre israélien de la Défense et des Affaires étrangères) prononcés le 12 février 1952 à Radio Israël :
- "La population doit se préparer à la guerre, mais il revient à l'armée israélienne de poursuivre le combat avec l'objectif ultime qui est la création de l'Empire israélien."

Une autre manière de nommer le "Grand Israël" biblique (Genèse 15:18-21).

Or, pour l'élaboration de ce projet grandiose, il convient de faire "place nette" et d'évacuer de la scène géopolitique tous les acteurs qui seraient susceptibles de contester les visées sionistes.
Si l'ennemi est trop puissant, il conviendra de l'affaiblir par tous les moyens (embargo, manipulations diverses concernant l'opinion publique, attentats, guerre civile...) avant de porter l'estocade finale.
Le messianisme a un prix, celui du sang.


Sur le même sujet :
- Le Grand Israël, une espérance messianiste
- Vers un Kurdistan irakien indépendant ?
- Israël : objectif Iran
- Le Moyen-Orient au bord de l'implosion
- L'ennemi public numéro un : Etat islamique ou Hezbollah ?


jeudi 6 juillet 2017

Israël : objectif Iran

Gadi Eisenkot, le chef d'état major de l'armée israélienne.
Cela paraissait évident depuis de nombreuses années, c'est désormais officialisé par la voix du chef d'état major de l'armée israélienne Gadi Eisenkot : lutter contre l'Iran est l'objectif majeur d'Israël (ainsi que des Etats-Unis et de l'Arabie Saoudite), avant le combat contre l'Etat Islamique (qui tend à être utile pour ce qui est de déstabiliser durablement les voisins syrien et irakien).
L'Iran est en effet l'état le plus puissant et le plus stable de la région et l'un des rares à ne pas être ensanglanté par une guerre (civile ou autre).




Le chef d’état-major Gadi Eisenkot a déclaré que réduire la sphère d’influence de l’Iran dans la région est plus important que la lutte contre l’État islamique.
Devant la Comission parlementaire des Affaires étrangères et de la Défense, Eizenkot a déclaré que « faire baisser l’influence de l’Iran dans les régions limitrophes avec Israël n’est pas moins important que vaincre l’État islamique, et pour Israël, ça l’est peut-être plus ».
Il a ajouté qu’au cours de ces onze dernières années, depuis la Seconde guerre du Liban, Israël a considérablement renforcé ses capacités opérationnelles et son renseignement, et a désormais des « capacités qu’il n’a jamais eu ».



mardi 27 juin 2017

Israël et la déstabilisation de la Syrie



Voici l'occasion d'insister sur la participation directe d'Israël dans le conflit qui ensanglante la Syrie depuis plusieurs années.
Rappelons que le plateau du Golan est occupé depuis 1967 par Israël alors que celui-ci est un territoire syrien.
En lisant l'article du Point, on comprendra mieux les pressions qui se font toujours plus fortes sur l'Iran et tous ceux qui, tel le Qatar, entretiennent des relations dénuées d'hostilité avec Téhéran.
Par ailleurs, notons que la Russie, bien qu'elle soutienne officiellement le régime syrien, ne prend manifestement aucune mesure directe contre les actions israéliennes, l'art du double-jeu à la Poutine...
Petit florilège d'articles parus depuis 8 jours :

Selon le Wall Street Journal, l'Etat hébreu fournirait de l'aide matérielle et financière à certains groupes rebelles syriens situés sur le plateau du Golan. Un rapprochement qui aurait commencé début 2013.
En 2014, les relations entre Tsahal et certaines factions rebelles syriennes étaient déjà bien établies puisque la Fnuod, une force d’observation de l’ONU basée sur le Golan depuis 1974, a transmis au Conseil de sécurité un rapport constatant une augmentation des contacts entre Tsahal et des Syriens. Au cours de plusieurs de ces rencontres qui se déroulaient le long de la ligne de démarcation entre Israël et la Syrie, la Fnuod a d’ailleurs constaté que les premiers transmettaient des caisses aux seconds. Et en d’autres occasions, que les Israéliens laissaient des Syriens en civil et en bon état de santé pénétrer dans leur pays pour y participer à des réunions. Objectif ? Obtenir des informations bien sûr mais en donner également puisque dispose de photos satellites des positions de l’armée syrienne et du Hezbollah.
 Depuis le rapport de la Fnuod, l’Etat hébreu a encore renforcé ses liens avec les rebelles en fournissant des vivres, des vêtements et du matériel à plusieurs villages du Golan. Selon des informations dignes de foi, ces colis ne portent généralement pas d’étiquette permettant de deviner leur origine. La plupart des livraisons se déroulent durant la nuit grâce à une porte de la «barrière de sécurité» séparant l’Etat hébreu de la Syrie en guerre.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé samedi un secteur en Syrie d'où avaient été tirés peu auparavant dix projectiles vers la partie du plateau du Golan occupée par Israël, l'agence de presse officielle syrienne faisant état de plusieurs morts. L'armée de l'air israélienne a entre autres visé deux chars du "régime syrien" dans la partie nord du Golan, a indiqué un de ses porte-parole, précisant que les projectiles tirés n'avaient pas fait de victime en Israël.
 Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), la frappe israélienne a tué deux soldats syriens. L'agence de presse officielle syrienne Sana a fait état de plusieurs morts, sans en préciser le nombre, et a accusé Israël de soutenir les rebelles."L'ennemi israélien continue de soutenir les terroristes (...) et son aviation a tiré plusieurs projectiles (...) qui ont visé (...) la province de Qouneitra, faisant des martyrs et des dégâts matériels", a indiqué Sana.

L'armée israélienne a annoncé dimanche avoir ciblé des positions du régime syrien en représailles à des projectiles qui ont frappé le plateau du Golan, le second incident du genre en deux jours.L'armée "a ciblé deux postes d'artillerie et un camion de munitions appartenant au régime syrien", a-t-elle indiqué dans un communiqué, soulignant qu'elle avait ordonné aux civils israéliens de se tenir éloignés des zones proches de la localité syrienne de Qouneitra, où les combats entre régime et rebelles sont intenses.

Le vrai danger pour Israël est bien le Hezbollah. Cette milice de combattants chiites, bras armé de l'Iran au Liban, a pris un poids nouveau dans la guerre civile syrienne. Dévolu par Téhéran à soutenir Bachar el-Assad, le Hezbollah a profité de la faiblesse et de la désorganisation de l'armée syrienne pour devenir l'une des forces combattantes sur lesquelles s'appuient les Russes. Comme ce fut le cas lors de la prise d'Alep. Ce qui lui a permis d'améliorer considérablement son armement, grâce à des livraisons iraniennes et russes. Au point d'avoir aujourd'hui la dotation d'une armée régulière de la région. Ce qui a valu aussi au Hezbollah de participer à la conférence internationale sur le sort d'Alep. Une première pour une organisation considérée comme terroriste par la plupart des institutions internationales.Devant cette montée en puissance d'un ennemi qui, depuis 1980 et l'invasion du Liban, a promis sa perte, Israël ne reste pas inactif. Mais le fait discrètement en évitant toute action qui pourrait être considérée comme une provocation. L'État hébreu est devenu le soutien actif de certains groupes rebelles anti-Assad. Clandestinement, Israël leur procure des vivres, du carburant et des médicaments. Et si les Israéliens se défendent de fournir directement des armes à ces mouvements, ils donnent de l'argent à leurs chefs pour en acheter et payer leurs hommes. Une unité spéciale de Tsahal a même été créée pour faire la liaison avec ces maquis. Au risque d'aider des combattants plus ou moins proches de la mouvance islamiste.Le Premier ministre Benjamin Netanyahu néglige manifestement ce piège. Son objectif est de s'assurer, grâce à ces groupes, une sorte de zone tampon le long des frontières d'Israël. Pour le jour où le Hezbollah, avec le soutien de la bête noire d'Israël qu'est l'Iran, déciderait de passer à l'action au-delà de la frontière syrienne. Ce moment pourrait venir plus vite que prévu et obligerait l'État hébreu à sortir de sa prudente réserve. Signe précurseur : il y a deux mois, avec l'approbation de son sponsor de Téhéran, le Hezbollah a créé « une brigade pour la libération du Golan ».

lundi 12 juin 2017

L'ennemi public numéro un : Etat Islamique ou Hezbollah ?

Le couple présidentiel américain lors de son voyage en Arabie Saoudite.

Alors que l'Etat Islamique vient de menacer la France, la Belgique, l'Italie, les Etats-Unis, le Canada, la Grande-Bretagne, la Russie et l'Australie, la cible numéro un des USA est le... Hezbollah.




L'Iran et le Qatar sont plus que jamais dans l’œil du cyclone.
Accusés de financer le terrorisme par Donald Trump, ils sont isolés par l'Arabie Saoudite et ses alliés et bien sûr dans le viseur des Etats-Unis et d'Israël.

Mais de quel terrorisme parle-t-on ?
Si le Qatar a pu entretenir des connexions avec la nébuleuse Daech et si on se rappelle notamment du renversement de Mouammar Kadhafi et de la révolution sur la place verte de Tripoli tournée dans les studios d'Al-Jazeera à Doha : 



le Qatar, après avoir tenté de concilier entre elles des positions radicalement opposées {lien}, se retrouve aujourd'hui dans la peau du bouc-émissaire alors que l'Arabie Saoudite passe quant à elle entre les gouttes de la critique (grâce au gargantuesque contrat de 380 milliards de dollars signé avec les USA ? {lien}).
L'Iran chiite n'a quant à lui  rien à voir avec un Etat Islamique salafiste/takfiriste et anti-chiite {lien}.
Encore une fois, l'enjeu central de toute cette ébullition semble bien être l'Etat d'Israël.

Pourquoi ?
Le Qatar et l'Iran ont pour similitude de soutenir les principaux et plus proches ennemis de Tel-Aviv : le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais.

Doha ne s'est jamais caché de son appui à la cause gazaouite {lien} et Téhéran soutient le Hezbollah chiite qui lutte aux côtés de Bachar el-Assad {lien} et contre l'Etat Islamique, en Syrie, comme en Irak.
Ces combats ne sont d'ailleurs pas sans conséquence pour le Hezbollah qui a subi de lourdes pertes, au plus grand bonheur d'Israël {lien}.

Hassan Nasrallah, secrétaire général du Hezbollah.
Il semblerait donc que l'objectif poursuivi (consciemment par les deux premiers, peut être moins par le troisième) par Washington, Tel-Aviv et Riyad soit d'étouffer au maximum la résistance à laquelle pourrait être confronté l'Etat sioniste en cas de nouvelle guerre avec ses voisins palestinien ou libanais.
Éventualité que n'écarte pas Avigdor Liberman, le ministre de la Défense israélien. {lien

Un Irak en train d'imploser, une Syrie meurtrie et dévastée, un Iran en voie d'ostracisation, un Hezbollah diminué, tous ces éléments jouent en faveur de la politique de Netanhyahu qui ne se prive pas d'avancer ses pions avec une accélération encore accrue des implantations en zone occupée. {lien}
Les Etats-Unis songent quant à eux à intensifier les sanctions contre l'organisation chiite libanaise {lien}.


Abou bakr Al-Baghdadi, (ex?) numéro 1 de l'Etat Islamique.


Signalons enfin le silence assourdissant qui a entouré l'annonce faite par Damas concernant la mort (?) du leader de l'Etat Islamique, Abou bakr Al-Baghdadi.
Ce dernier aurait succombé suite à une attaque aérienne syrienne. {lien}
Les médias occidentaux font un black out total sur le sujet, estimant sans doute qu'il s'agit de propagande de la part du régime de Bachar el-Assad.
Peut-être.
Peut-être pas.
En guise de comparaison, on se souviendra avec émotion du battage médiatique extraordinaire qui avait entouré la mort (?) d'Oussama Ben Laden le 2 mai 2011.
Là, bien évidemment, tous nos médias avaient fidèlement relayé l'information et exulté avec Barack Obama et son "justice est faite" hautement stupide et insultant pour les victimes et familles de celles-ci. {lien}

L'occasion de se rappeler que la propagande n'existe que chez l'ennemi.






mercredi 7 juin 2017

Vers un Kurdistan irakien indépendant ?

En clair, les zones kurdes constituant un éventuel futur Kurdistan.

" L'Irak riche en pétrole d'une part et pays déchiré par des conflits internes d'autre part est assuré de se trouver dans notre viseur. Sa dissolution est encore plus importante pour nous que celle de la Syrie. L'Irak est plus résistant que la Syrie. Pour l'instant c'est le pouvoir irakien qui constitue la plus grosse menace pour Israël. (...) En Irak, une division en provinces selon des lignes ethnico-religieuses comme en Syrie à l'époque ottomane est possible. Ainsi trois Etats ou plus existeront autour des trois plus grosses villes  : Bassora, Bagdad et Mossoul, et les zones chiites au sud se sépareront des zones sunnite et kurde du nord."

{Oded Yinon - fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères israélien- 1982}


Les événements s’enchaînent toujours à la vitesse de l'éclair au Moyen-Orient.
Après le premier attentat commis par l'Etat Islamique en Iran {lien} et l'affirmation de Nikki Haley, l'ambassadrice américaine à l'ONU, qui a accusé les Nations Unies d'être des "brutes" à l'égard des Israéliens -ce qui revient à exonérer ces derniers de toute faute commise ou à commettre- {lien}.
C'est maintenant le Kurdistan irakien qui se dirige droit vers son indépendance {lien}.
La citation d'Oded Yinon en préambule laisse à penser que cela sera vu d'un très bon œil à Tel Aviv.
L'Irak est en train de mourir sous nos yeux et cet éclatement ne sera pas sans conséquence pour les autres Etats de la région.
Si le Kurdistan irakien obtient effectivement son indépendance en septembre prochain, la déstabilisation des voisins turc, syrien et iranien sera encore accentuée, l'ensemble du peuple kurde s'étendant sur ces 4 pays.
L'indépendance de la zone irakienne (particulièrement riche en pétrole autour de Kirkouk et de Mossoul) formera un trou noir, attirant à elle les zones encore incarcérées dans les états limitrophes.

Un autre aspect du problème nous ramène une nouvelle fois à l'Iran :
"Convaincus qu'une crise avec le pouvoir central pour le contrôle des villes de Mossoul et de Kirkuk est inévitable, les Kurdes comptent sur leurs alliés. En échange de sa neutralité, carte blanche a été donnée à la CIA pour continuer à opérer au Kurdistan, en particulier le long de la frontière iranienne."
(T. JOSSERAN, F. LOUIS, F. PICHON, Géopolitique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, PUF, 2012, p.144)




Si tous les événements de ces dernières semaines ressemblent à un magma informe, c'est pourtant à un véritable tir croisé sur la République islamique iranienne auquel nous assistons, florilège :

- Déclaration de Netanyahu désignant l'Iran comme étant "le plus grand générateur de terrorisme au monde" {lien}.
- Déclaration de Trump qui appelait à "isoler l'Iran" {lien}.
- Qatar placé en quarantaine par ses voisins alors qu'il entretenait des relations cordiales avec Téhéran.

Et aujourd'hui :

- Attentat en Iran.
- Un Kurdistan irakien en gestation qui favoriserait une déstabilisation iranienne de par la présence d'une population kurde en Iran mais aussi en raison d'une facilité de projection accrue pour la CIA sur le terrain iranien.
- La dernière communication (qui serait applicable à bien des Etats...) du président américain : "ceux qui soutiennent le terrorisme s'exposent à en être les victimes" {lien}.

Plus que jamais, l'Iran est dans l’œil du cyclone  et semble destiné à l'opprobre internationale.
A qui cela sera-t-il bénéfique ?
Je vous laisse conclure.



lundi 5 juin 2017

Le Moyen-Orient au bord de l'implosion



Les événements concernant le Moyen-Orient s'enchaînent à une vitesse assez vertigineuse ces derniers jours.
Reconstituons brièvement leur chronologie :

20-21 mai : visite de Donald Trump en Arabie Saoudite.
«Le terrorisme s'est répandu à travers le monde. Mais le chemin vers la paix commence ici, sur cette terre ancienne, cette terre sacrée», a affirmé Donald Trump. Il a enfin exhorté les pays musulmans à isoler l'Iran, en accusant la République islamique d'attiser «les feux du conflit confessionnel et du terrorisme».


22 mai : visite de Donald Trump en Israël :
«Les Etats-Unis et Israël peuvent affirmer d’une même voix que l’Iran ne doit jamais posséder une arme nucléaire, jamais, et qu’il doit cesser le financement, l’entraînement et l’équipement meurtrier de terroristes et de milices, et qu’il doit cesser immédiatement», a déclaré Donald Trump lors d’une brève allocution en présence du président israélien Reuven Rivlin.




22 mai : attentat de Manchester lors du concert d'Ariana Grande faisant 22 morts et plus de 100 blessés.


23 mai : évocation de l'alliance Etats-Unis-Arabie Saoudite dirigée contre l'Iran.


24 mai : des tensions sont évoquées entre le Qatar et les Etats-Unis.


27 mai : entretien téléphonique entre le président iranien Hassan Rohani et l'émir du Qatar qui va susciter une réaction très vive en Arabie Saoudite.






30 mai : attentats en Irak, 40 morts et 140 blessés.




02 juin : Donald Trump charge Michael D'Andrea du dossier iranien pour le compte de la CIA,
D'Andrea porte le doux surnom d' "Ayatollah Mike" et est connu pour être un "dur", il avait notamment appliqué le programme d'Obama d'assassinats ciblés (donnant lieu à de multiples morts de civils notamment en Afghanistan et au Pakistan).




03 juin : attentat de Londres faisant 7 morts et 48 blessés.

04 juin : l'Iran s'en prend à l'Arabie Saoudite et l'accuse de financer le terrorisme.



05 juin : rupture des relations diplomatiques avec le Qatar décidée par l'Arabie Saoudite et ses alliés, Emirats Arabes Unis, Bahreïn et Egypte, en accusant Doha d'une trop grande proximité avec l'Iran.


Tous ces soubresauts n'annoncent rien de bon pour une région déjà gangrenée par une très grande instabilité avec un Irak toujours en plein chaos et contaminé par les métastases de l'Etat Islamique, et minée par les guerres civiles qui ravagent le Yémen et la Syrie.
Impossible de ne pas mettre en lien cette situation de crise globale avec la volonté des élites mondialistes de redessiner les frontières du Moyen-Orient.
Les cartes présentées en illustration sont extraites de "Blood Borders, redrawing the Middle-East" projet du lieutenant-colonel américain Ralph Peters, la première représente les frontières actuelles, la seconde les frontières modifiées selon les données confessionnelles et ethniques.
Les projets concernant une redistribution des territoires du Moyen-Orient sont légion et dénotent une volonté d'aboutir à une région entièrement remodelée (pensons aussi au projet Yinon de  1982...).

Notons le positionnement très néoconservateur (on sent bien ici l'influence de son gendre et conseiller, Jared Kushner) de Donald Trump vis à vis de l'Iran qui correspond parfaitement aux attentes d'Israël.
Positionnement qui fait craindre un embrasement de la région si les Saoudiens, alliés des Américains, sont désignés pour passer à l'action.
Un conflit ouvert entre l'Arabie Saoudite (soutenu par les USA) et l'Iran (allié de la Russie et de la Chine) risquerait d'entraîner une escalade des forces en présence qui ne se limiterait plus au seul Moyen-Orient mais à une déflagration mondiale dont les conséquences sont difficilement imaginables.









vendredi 19 mai 2017

Les Etats-Unis sous influence

Joe Lieberman entre Lindsay Graham et Ehud Barak alors ministre de la défense de l'état d'Israël en 2010.
Extrait d'un article de Libération de septembre 2002 concernant Lieberman et les néoconservateurs :
Certains l'appellent le «parti de la guerre» : une vingtaine de personnalités influentes, responsables politiques, experts ou journalistes, qui, derrière le vice-président Dick Cheney et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, poussent depuis septembre dernier à porter la guerre en Irak. Ces faucons évoluent au confluent de plusieurs cercles : celui des cold warriors, anciens de la guerre froide, généralement obsédés par la sécurité. Celui de la droite religieuse, très antichinoise et pro-israélienne et surtout celui des «néoconservateurs»,courant idéologique créé dans les années 60 par des intellectuels, juifs new-yorkais pour la plupart, issus de la gauche. Quelques faucons volent également dans les cieux démocrates : au Sénat, l'un des plus farouches d'entre eux n'est autre que Joe Lieberman, candidat démocrate à la vice-présidence aux dernières élections.



Dans l'article concernant le projet du Grand Israël j'évoquais l'influence grandissante de Jared Kushner, néoconservateur et juif orthodoxe, dans l'ombre de Donald Trump.
Cette influence est en passe de se confirmer avec la possible arrivée aux commandes du FBI d'un autre néoconservateur, juif orthodoxe également, en la personne de Joseph Lieberman.
Viscéralement opposé à l'Iran, son intronisation à la tête des services de renseignements intérieurs des Etats-Unis marquerait un pas de plus vers un assujettissement de la politique et des institutions américaines aux intérêts israéliens ainsi qu'un renforcement du parti belliciste.




"Lieberman a été le premier Juif à apparaître sur un bulletin présidentiel, quand il s’est présenté à la vice-présidence avec Al Gore, en 2000.
Lieberman a ensuite été un sénateur indépendant, et s’est fait connaître pour sa politique étrangère belliqueuse.
Il a soutenu avec enthousiasme le sénateur républicain de l’Arizona John McCain quand il s’est présenté à la présidence en 2008, avant de soutenir Hillary Clinton en 2016.
« C’est un choix évident, elle est tellement meilleure pour le futur de notre pays », avait-il dit pendant la campagne."





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