mardi 20 février 2018

Un Bilderberg 2018 à l'accent italien

Henri de Castries, descendant du marquis de Sade... et président du comité de direction du Bilderberg depuis 2012.

La réunion du groupe Bilderberg 2018 devrait se tenir en Italie, à Venise sans doute, du jeudi 7 au dimanche 10 juin (tous les hôtels de La Sérénissime affichent d'ores et déjà complet pour cette période).
L'information a été donnée par la Première Ministre de la Serbie Ana Brnabic (formée aux Etats-Unis et en Angleterre, homosexuelle et pro-européenne).
Rappelons que Georges Pompidou, Dominique Strauss-Kahn, Manuel Valls, Christine Lagarde, Emmanuel Macron ou encore Edouard Philippe ont tous pris part aux réunions du très élitiste club fondé en 1954 par Joseph Retinger (en liaison avec David Rockefeller et le Prince Bernhard des Pays-Bas).

***

Incontro Bilderberg 2018 si farà in Italia
16 febbraio 2018, di Alessandra Caparello

ROMA (WSI) – Si terrà in Italia il Bilderberg 2018, il consueto summit dei grandi della terra che si tiene a porte chiuse, una scelta applicata a partire dall’anno di inizio, il 1954, e imposta dal fondatore, David Rockefeller.

A rivelare questa indiscrezione è il Primo Ministro della Serbia, Ana Brnabic che ha reso noto di aver ricevuto un invito per partecipare alla riunione di quest’anno proprio in Italia. La meta prescelta sembra essere Torino e l’incontro avverrò dal 7 al 10 giugno prossimo.

Il gruppo Bilderberg non consiste in una società, né in una cospirazione: si tratta, invece, di un incontro privato tra potenti di tutto il mondo, che ricorre annualmente, a partire dal primo consesso, che avvenne nel 1954 presso l’Hotel Bilderberg della cittadina olandese di Oosterbeek.

Tale incontro annuale ha lo scopo di porre a confronto i potenti per porre in essere una rete atta a tutelare i loro interessi e a unire le istituzioni finanziarie. L’ultimo summit che si è svolto in Italia risale al 2004. I partecipanti si ritrovarono a Stresa. Tra essi figuravano l’attuale presidente della BCE Mario Draghi, l’ex premier Mario Monti, Marco Tronchetti Provera, Giulio Tremonti, Corrado Passera,  Franco Bernabé e Gabriele Galateri di Genola.

Ma oltre a Torino un altro capoluogo italiano sembra essere in lizza per ospitare l’incontro a cui prendono parte industriali, politici e personalità di spicco per discutere del destino del pianeta. L’attivista britannico Tony Gosling, che segue da vicino le vicende del gruppo Bilderberg, ha osservato i dati sulle prenotazioni delle camere d’albergo nella città della Mole per le date indicate. Tutti gli hotel sembrano essere vuoti. Gli albergatori torinesi sembrano non essere al corrente della situazione, al contrario, se si fa una ricerca uguale sugli alberghi di Venezia, si scopre che tutti gli hotel sono sold out tra il 7 e il 10 giugno, le date in cui avverrà la riunione del gruppo Bilderberg. Che sia una mossa per depistare gli eventuali contestatori non è da escludere.

http://www.wallstreetitalia.com/incontro-bilderberg-2018-si-fara-in-italia/

samedi 17 février 2018

Emiettement des nations : un projet de régions autonomes entre la France et l'Allemagne



Le projet de concassage des états européens pourrait prochainement passer à la vitesse supérieure, tout cela sous l’œil bienveillant du Medef et du BDI (Bundesverband der Deutschen Industrie).


***

Un projet de régions autonomes entre la France et l'Allemagne
THIBAUT MADELIN  

Situés à cheval sur les frontières, les eurodistricts pourraient recevoir des compétences autonomes. 

La résolution que doivent adopter l'Assemblée nationale et le Bundestag propose d'expérimenter dans les régions transfrontalières, où un projet d'école professionnelle franco-allemande est en discussion.
Effacer la frontière entre l'Allemagne et la France. C'est la mission de Peter Cleiß. Le directeur des Ecoles professionnelles de Kehl a déjà du succès. Sur les 1.400 apprentis qu'il forme, 50 sont français. Mais étant donné la distance qui sépare sa ville de Strasbourg - quelques centaines de mètres -, il trouve cela dérisoire et veut aller plus loin.

« Nous voulons créer une école professionnelle franco-allemande », dit-il. L'enseignement serait réalisé pour moitié en français et en allemand. Aujourd'hui, un étudiant en sciences politiques peut suivre ce genre de double cursus, mais pas un apprenti. Un déficit qui peut s'avérer fatal aussi sur le plan politique.

« Une expérience enthousiasmante de l'Europe »
« Les touristes ne connaissent pas de frontières, les grandes entreprises et les professions supérieures non plus. Les apprentis si, déplore l'enseignant. Que voulez-vous qu'ils votent s'ils n'ont pas une expérience enthousiasmante de l'Europe ? » De chaque côté du Rhin, le Front National et l'AfD allemande réalisent des scores importants.

Les deux partis regarderont sans doute de près le projet de Peter Cleiß, qui voudrait le placer sous la tutelle de l' eurodistrict de Strasbourg-Ortenau . Aujourd'hui, ce syndicat intercommunal transfrontalier soutient la coopération franco-allemande à l'échelle locale, notamment à travers une ligne de tramway.

Une école professionnelle serait l'étape d'après, selon Andreas Jung. « En Alsace, le chômage des jeunes dépasse 30 % et dans le Rhin supérieur, on souffre d'une pénurie de main-d'oeuvre, regrette le député de la CDU d'Angela Merkel. Souvent, ça échoue pour des raisons purement pratiques. Les eurodistricts peuvent améliorer le quotidien des transfrontaliers. »

Abandon de souveraineté
C'est un point sensible de la résolution que l'Assemblée nationale et le Bundestag veulent adopter lundi à l'occasion du 55e anniversaire du Traité de l'Elysée. Elle invite les gouvernements à déléguer aux eurodistricts « des compétences autonomes, et à introduire des clauses d'exception et d'expérimentation dans chacune des législations nationales ».

Pour Claire Demesmay, spécialiste des relations franco-allemandes, il s'agit d'un saut extrêmement ambitieux en matière d'intégration. « Ces régions n'auraient plus les mêmes règles que l'Etat dans lequel elles se trouvent, y compris fiscales, dit l'experte de l'Institut allemand de politique étrangère (DGAP). On n'a jamais vu cela. »

Reste à savoir si, au-delà des déclarations d'intention, les gouvernements français et allemand seront prêts à abandonner une part concrète de leur souveraineté nationale. « C'est difficile, je sais, dit Michael Link, député libéral du FDP allemand. Mais à un moment ou un autre, on doit essayer. »

Les patronats français et allemand avertissent Macron et Merkel
Le Medef et le BDI allemand publient ce lundi des recommandations pour de nouvelles initiatives en matière de coopération économique entre la France et l'Allemagne. Ils s'inquiètent des projets fiscaux du président et de la chancelière. Harmoniser la fiscalité des entreprises, oui. Augmenter les impôts, non. « L'Allemagne et la France doivent éviter d'introduire des mesures pénalisant les entreprises », avertissent les deux organisations patronales dans les recommandations que leur avaient demandées en juillet le président de la République et la chancelière. Les patrons allemands et français les mettent aussi en garde contre les risques d'une lutte contre le moins-disant fiscal dans l'Union européenne. « Ce serait un malentendu que de croire qu'un taux d'imposition minimum fournira des conditions de concurrence équitables entre les Etats membres », écrivent-ils dans une déclaration commune dont « Les Echos » ont eu une copie.

Source :  https://www.lesechos.fr/monde/europe/0301179956486-projet-de-regions-autonomes-entre-la-france-et-lallemagne-2146720.php#E2xg1HGQxriEPLde.99

mercredi 14 février 2018

La ploutocratie républicaine


C'est une règle mathématique, le candidat qui dépense le plus d'argent lors de la campagne électorale des élections présidentielles est aussi celui qui sera élu Président de la République.
Comme en 2012 avec François Hollande, comme en 2007 avec Nicolas Sarkozy, comme en 2002 et 1995 avec Jacques Chirac, ce fut encore le cas en 2017 avec Emmanuel Macron (et pour ce dernier c'est sans compter le soutien sans faille de toute la caste médiatique qui pèse très lourd, en effet à combien de millions d'euros et de bulletins de vote peut-on estimer le bourrage de crâne en règle effectué par BFMTV, Le Monde, Le Point, Libération... ?).
Toujours est-il que les six candidats les plus dépensiers occupent les 6 premières places, certes, l'ordre n'est pas exactement respecté (notamment en raison du naufrage du Titanic socialiste pendant 5 longues années de Hollandie qui ont totalement discrédité le PS, et dont le fade Benoît Hamon a récolté les fruits amers) mais la tendance lourde est là.
La démocratie n'est rien d'autre que le règne de l'argent, seuls les rêveurs et les idiots peuvent encore croire le contraire...

Dépenses :                                        Scores obtenus au premier tour de l'élection présidentielle 2017 :
1. Macron 16.57 M€                           1. Macron 24.01 %
2. Hamon 15 M€                                 2. Le Pen 21.3 %
3. Fillon 13.8 M€                                3. Fillon 20.01 %
4. Le Pen 11.54 M€                             4. Mélenchon 19.58 %
5. Mélenchon 10.24 M€                      5. Hamon 6.36 %
6. Dupont-Aignan 1.8 M€                   6. Dupont-Aignan 4.7 %

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2018/02/13/25001-20180213ARTFIG00123-depenses-remboursements-tout-savoir-sur-les-comptes-de-campagne-de-la-presidentielle.php

Sur le même sujet voir : démocratie ou ploutocratie ?



Mercredi des Cendres



Le Mercredi des cendres, premier jour du Carême, est marqué par l’imposition des cendres : le prêtre dépose un peu de cendres sur le front de chaque fidèle, en signe de la fragilité de l’homme, mais aussi de l’espérance en la miséricorde de Dieu.

Qu'est-ce que le mercredi des Cendres ?
On trouve déjà le symbolisme des cendres dans l’Ancien Testament. Il évoque globalement la représentation du péché et la fragilité de l’être. On peut y lire que quand l’homme se recouvre de cendres, c’est qu’il veut montrer à Dieu qu’il reconnaît ses fautes. Par voie de conséquence, il demande à Dieu le pardon de ses péchés : il fait pénitence.

Un symbole de renaissance
Tous, nous faisons l’expérience du péché. Comment s’en dégager ? Jésus nous apprend que nous serons victorieux du péché quand nous aurons appris par l’Evangile à remplacer le feu du mal par le feu de l’Amour. Car le feu qui brûle ce jour détruit d’abord mais, en même temps, ce feu éclaire, réchauffe, réconforte, guide et encourage.

La cendre est appliquée sur le front pour nous appeler plus clairement encore à la conversion, précisément par le chemin de l’humilité. La cendre, c’est ce qui reste quand le feu a détruit la matière dont il s’est emparé. Quand on constate qu’il y a des cendres, c’est qu’apparemment il ne reste plus rien de ce que le feu a détruit. C’est l’image de notre pauvreté. Mais les cendres peuvent aussi fertiliser la terre et la vie peut renaître sous les cendres.

Tout en le marquant, le prêtre dit au fidèle : « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». L’évangile de ce jour est un passage de saint Matthieu – chapitre 6, versets 1 à 6 et 16 à 18 – qui incite les fidèles à prier et agir, non pas de manière orgueilleuse et ostentatoire, mais dans le secret de leur cœur :


"Quand tu fais l’aumône, que ta main gauche ignore ce que te donne ta main droite, afin que ton aumône reste dans le secret ; ton Père voit ce que tu fais en secret.

Quand tu pries, retire-toi au fond de ta maison, ferme la porte, et prie ton Père qui est présent dans le secret.

Quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage ; ainsi ton jeûne ne sera pas connu des hommes, mais seulement du Père qui est présent dans le secret."


http://eglise.catholique.fr/approfondir-sa-foi/la-celebration-de-la-foi/les-grandes-fetes-chretiennes/careme-et-paques/careme/371472-mercredi-des-cendres/

mardi 13 février 2018

Corse : le syndrome finlandais



Comme toujours, derrière les aspirations régionalistes : l'Allemagne et l'Union Européenne...



***




Les revendications des nationalistes, maîtres de l’Assemblée corse depuis décembre 2017, peuvent être mieux cernées si l’on s’intéresse aux coulisses.


La récente visite du Président Macron dans l’île de Beauté n’a pas permis d’améliorer les relations de la République française avec les nationalistes corses. Ces derniers réclament l’amnistie des « prisonniers politiques », la co-officialité de la langue corse à parité avec le français dans tous les domaines, un statut de résident permanent en Corse après plusieurs années de présence sur l’île pour pouvoir devenir propriétaire (cinq à dix ans, selon les différents courants nationalistes) ; enfin, un statut donnant à ce territoire une autonomie plus grande, en particulier pour la fiscalité.

Lors de son discours du 7 février, le Président a affiché une fin de non-recevoir à ces revendications, en dehors d’une possibilité de retour des prisonniers sur l’île et d’une inscription de la Corse dans la Constitution. En réponse, le parti de Jean-Guy Talamoni a qualifié les propos du Président de « haineux, provocateurs et méprisants ». Les revendications des nationalistes, maîtres de l’Assemblée corse depuis décembre 2017, peuvent être mieux cernées si l’on s’intéresse aux coulisses.

En effet, nous retrouvons le corps de ces exigences lors d’un colloque organisé par un institut allemand siégeant à Flensburg et œuvrant en faveur du droit aux minorités : l’European Centre for Minorities Issues (ECMI). Fondé en 1996 par les gouvernements danois et allemand et le Land du Schleswig-Holstein, et travaillant en liaison avec l’Union européenne, l’ECMI a organisé, du 25 au 30 août 1998, sur les îles Åland, un colloque réunissant notamment son président de l’époque, Stefan Troebst, Frank Horn, du comité d’experts chargé de vérifier la bonne application de la Charte européenne des langues régionales, Pierre Joxe (plusieurs fois ministre de Mitterrand) et les principaux nationalistes corses – Jean-Félix Acquaviva, Paul Giacobbi, Philippe Peretti, Edmond Simeoni (le père de Gilles Simeoni) et Jean-Guy Talamoni -, évoquant alors le cas des « prisonniers politiques déportés en France ». Les Éditions Albiana, en liaison avec l’ECMI, publièrent les actes de ce colloque sous le titre « Autonomies insulaires, vers une politique de la différence pour la Corse ? ». Les îles Åland, finlandaises mais de langue suédoise, sont dotées d’une grande autonomie grâce à un Parlement régional compétent sur les aspects politiques, financiers, juridiques et linguistiques ; seules restent au pouvoir central finlandais les Affaires étrangères et la Défense. L’essentiel des demandes actuelles des nationalistes corses s’inspire largement du statut de « citoyenneté régionale » correspondant à un « droit de domicile » accordé aux Finlandais du continent à condition qu’ils connaissent le suédois et résident sans interruption depuis au moins cinq ans sur ces îles.

Ainsi, c’est un institut allemand, soutenu et financé par les gouvernements allemand et danois, et en liaison avec les instances européennes, qui a inspiré, encouragé les aspirations autonomistes de certains hommes politiques corses.




Pierre Hillard
Docteur en science politique et essayiste

Source : http://www.bvoltaire.fr/corse-syndrome-finlandais/ 

dimanche 11 février 2018

Lev Leviev, entre diamants et mouvement Loubavitch

Lev Leviev
Quatre articles (des Echos, du Figaro, du New York Times et de Haaretz -les deux derniers sont en anglais-) à propos du milliardaire et diamantaire israélien Lev Avnerovich Leviev.
Il est notamment intéressant de constater les liens qu'il peut entretenir avec le président russe Vladimir Poutine, le mouvement Loubavitch et l'influence qu'il a pu avoir dans la nomination de Berel Lazar, le grand rabbin de Russie.


***


Homme d'affaires richissime, Lev Leviev est devenu l'un des principaux diamantaires de la planète, ébranlant au passage le pouvoir de l'empire De Beers.

Les diamants sont éternels "... C'était en 1946. L'auteur de cette publicité géniale, la firme De Beers, régnait alors en maître sur le marché mondial du diamant. Pays producteurs, diamantaires : à tous, le « Syndicat » comme on l'appelait, imposait sa volonté et dictait ses conditions. Epoque bien révolue aujourd'hui ! Depuis quelques années en effet, de nouveaux « tycoons » du diamant sont apparus, au Canada, en Australie, en Russie, en Inde et en Israël. Refusant de passer sous les fourches Caudines de De Beers, ils ont créé leurs propres filières, mis en place des systèmes de distribution, parfois acquis des mines. Ces nouveaux milliardaires du diamant s'appellent Joseph Gutnick, Charles Fipke, Dan Gertler et Dilip Mehta. Mais le plus actif d'entre eux est un Israélien d'origine russe de cinquante-deux ans : Lev Leviev. Presque totalement inconnu encore il y a quinze ans, le « discret « tycoon » », comme on le surnomme, a réussi à ébranler l'empire De Beers. Un empire avec lequel il avait pourtant longtemps fait affaire...


Pour comprendre la menace que représente Lev Leviev pour le Syndicat et les mutations du marché du diamant dont elle témoigne, il faut remonter loin en arrière, au début des années 1860. A ce moment, il n'existe aucune exploitation industrielle du diamant. Le secteur n'est qu'une juxtaposition de « petits mondes », comme l'écrit Roger Brunet dans le livre qu'il a consacré à cet univers très particulier : « Des gisements disparus et devenus mythiques en Inde où les maharadjahs continuent à dépenser des fortunes pour orner trônes et turbans, des trous presque vides au Brésil dans un paysage de villes fantômes, des entremetteurs et des joailliers dans les grandes villes européennes qui fournissent de quoi illuminer les soirées mondaines, des quasi-ghettos à Anvers et Amsterdam où l'on taille et retaille laborieusement les joyaux. » En somme, rien d'organisé. Tout change en 1866. Cette année-là en effet, un jeune garçon déniche par hasard un joyau de 21 carats dans la vallée de l'Orange, en Afrique du Sud. Sur le moment, l'événement passe presque inaperçu. Mais lorsque trois ans plus tard, en 1869, un nouveau caillou est découvert par un modeste berger, des centaines de chercheurs de diamants affluent vers les vallées de l'Orange et du Vaal. Les découvertes, dès lors, se succèdent. En 1870, de gros diamants sont trouvés sur des terres appartenant à deux fermiers, les frères De Beers. Ces découvertes marquent le véritable début de la ruée vers le diamant. En 1871, on compte déjà plus de 3.500 concessions dans les territoires d'Orange et du Transvaal. Les chercheurs sont si nombreux - 50.000 ! - qu'il faut édifier une ville entière à leur intention : Kimberley. L'afflux soudain de diamants entraîne rapidement une crise de surproduction et une chute brutale des prix. A la fin des années 1870, le secteur est mûr pour une reprise en main...


David Slager, Nathaniel Rothschild, le rabbin loubavitch Joshua Metzger et Lev Leviev.

L'homme qui va la mener à bien s'appelle Cecil Rhodes. Ce fils de pasteur anglais venu soigner en Afrique du Sud ses affections pulmonaires débarque au Cap en 1870. Un an plus tard, atteint lui aussi par la fièvre du diamant, il se porte acquéreur de plusieurs concessions sur le gisement De Beers. Mais les résultats sont maigres. Le coup de génie de Cecil Rhodes consiste à s'orienter vers la fourniture de services aux prospecteurs. Marchand de vivres et d'eau, vidangeur de concessions - il a acheté pour cela la seule pompe à vapeur existant dans la région -, il se fait payer en diamants et en bouts de concessions. Stratégie payante : en 1880, il est à la tête d'un petit empire qu'il a baptisé du nom des anciens propriétaires des lieux, « De Beers ». En 1883, il parvient à mettre la main sur le principal gisement sud-africain, celui de Kimberley. En 1888, les deux exploitations fusionnent sous le nom de De Beers Consolidated.

Le deuxième coup de génie de Cecil Rhodes est de s'assurer un quasi-monopole sur la totalité de la filière du diamant. Il le fait en se mettant d'accord avec les grandes banques anglaises engagées dans l'achat de diamants, Rothschild en tête. Objectif de cette entente : étouffer toute concurrence de façon à maintenir les cours à des niveaux très élevés. C'est l'acte de naissance du Syndicat de Londres, plus connu sous le nom de « Syndicat » : en amont, il permet à De Beers de parachever sa mainmise sur la production de diamants en Afrique du Sud. A l'aval, il est l'unique fournisseur de pierres brutes. En 1902, à la mort de Cecil Rhodes, la firme contrôle 95 % de la production mondiale ! Le diamant est devenu une industrie et la De Beers un véritable empire.

De cet empire un homme va consolider les bases : Ernest Oppenheimer. En 1926, cet ancien acheteur de diamants qui a fait fortune en acquérant des mines d'or en Afrique du Sud parvient à mettre la main sur la De Beers. Sous son impulsion, ce qui n'est encore que le premier exploitant mondial va se transformer en un véritable conglomérat régissant de façon rationnelle tous les aspects du marché. C'est notamment lui qui crée en 1933 la fameuse Central Selling Organisation (CSO), centrale collective de vente chargée d'acheter, de trier, de stocker et de vendre la production mondiale de diamants en vue de son écoulement rationnel sur le marché. Génial, le système fait de la De Beers l'intermédiaire obligé pour toutes les transactions sur le diamant. Le monopole est désormais total.


Le système va fonctionner des décennies durant, sous la houlette d'Ernest Oppenheimer puis de ses successeurs, Harry Oppenheimer et Julian Ogilvie Thomson. Leur secret : le marketing. Ayant largement recours à la publicité, ils ouvrent aux diamants de nouveaux marchés. Le slogan « Les diamants sont éternels » fera ainsi des pierres précieuses, jusque-là réservées à une élite aristocratique, le cadeau de fiançailles obligé pour tous les couples occidentaux et bientôt du monde entier. Mais le coeur de l'empire reste la CSO. C'est sur elle que repose sa puissance, elle qui lui permet de contrôler les prix. Dix fois par an, la De Beers convoque à Londres ses clients, choisis parmi les principaux diamantaires de la planète, les « sightholders » - « ceux qui ont le droit de voir » - comme on les appelle. Entre 100 et 200 selon les années. Là, l'heureux élu se voit attribuer une boîte contenant un certain nombre de diamants bruts. Le diamantaire n'a qu'un droit : celui de prendre son lot tel quel. Il ne peut ni changer le contenu de la boîte, ni marchander les prix, ni discuter la qualité. Quant à savoir ce qu'il y a dans la boîte de son voisin, il l'ignore totalement. Son lot est à prendre ou à laisser, aux prix indiqués par la De Beers. Le « sightholder » doit en outre s'engager à ne pas revendre les diamants bruts mais à les façonner ou à les faire façonner. Un moyen pour le Syndicat de contrôler le stock de diamants existant sur le marché. En cas de besoin, la De Beers n'hésite d'ailleurs pas à réduire la production afin de maintenir les prix au plus haut. Redoutable, cette organisation permet de totalement verrouiller le marché. « Si la De Beers demandait aux « sightholders » de mettre un bikini et de sauter à cloche-pied en poussant de petits cris, il le feraient. Ils n'ont pas le choix », va même jusqu'à écrire Martin Rapoport, l'un des meilleurs spécialistes de la profession. Des mots qui en disent long sur le degré d'autonomie des diamantaires...

C'est contre ce système qui interdit toute concurrence que Lev Leviev va se dresser. L'homme arrive tardivement sur le marché du diamant. Né en 1956 à Tachkent, alors en URSS, ce fils d'un rabbin émigre en Israël avec sa famille à l'âge de seize ans. Le futur « tycoon » du diamant ne reniera jamais ses origines juives. Il est aujourd'hui très proche des milieux religieux orthodoxes (Loubavitch) et a fait édifier en Israël un technoparc de 500.000 mètres carrés réservé aux « ouvriers religieux ». Tel-Aviv, où il s'installe en 1972 avec ses parents, est alors, avec Anvers, l'un des principaux centres mondiaux pour la taille des diamants. C'est donc tout naturellement dans une taillerie qu'il commence sa carrière professionnelle avant d'ouvrir son propre atelier. Pendant dix ans, il taille les diamants que d'autres lui confient, s'imposant peu à peu comme l'un des principaux diamantaires de la place. Jusqu'à ce jour de 1987 où il est enfin admis dans le saint des saints : le prestigieux club des « sightholders » de la De Beers.




C'est à partir de ce moment, alors qu'il est confronté quotidiennement à la redoutable puissance du Syndicat, qu'il commence à mûrir son projet : contourner le monopole de la De Beers. Le contexte lui est favorable. Depuis la fin des années 1970, de nouveaux pays producteurs ont émergé, le Canada, l'Australie et même l'URSS. Non sans mal, la De Beers est parvenue à garder un pied sur ces nouveaux marchés, prenant des parts dans les gisements ou signant des contrats d'exclusivité. Mais sa puissance est mise à mal. Elle l'est d'autant plus que, sur ses terres historiques d'Afrique du Sud, son plus fidèle soutien, le régime ségrégationniste blanc, est en train de vaciller sur ses bases. A l'autre bout du monde, aux Etats-Unis, la firme est en outre en butte à plusieurs procès antitrust. Profitant de cet affaiblissement de la De Beers, Lev Leviev décide d'agir. Son premier coup au Syndicat, c'est de Russie qu'il le porte. Le diamantaire israélien y arrive au tout début des années 1990, en pleine déliquescence de l'empire soviétique. Sa parfaite maîtrise de la langue russe, ses liens avec le très influent mouvement Loubavitch - qui a créé en ex-URSS de nombreuses organisations humanitaires et qu'il finance généreusement en échange de son soutien - mais aussi ses relations avec Vladimir Poutine, qu'il rencontre en 1992 alors qu'il n'est que maire adjoint de Saint-Pétersbourg, lui permettent de se poser en concurrent direct d'Alrosa, l'ex-compagnie publique alliée traditionnelle de la De Beers. Lev Leviev peut ainsi participer, aux côtés des oligarques, au grand dépeçage du secteur étatique des matières premières, mettant la main sur de très nombreuses tailleries de pierres et officines de vente. Habile, il aide ses hôtes à se doter de leur propre industrie de polissage. Un premier pas vers la reprise en main du secteur par les Russes. Et un vrai défi jeté à la face de la De Beers. Conscient de la menace que représente Leviev, le Syndicat l'exclut d'ailleurs de son organisation en 1995.

Mais il est déjà trop tard ! A cette date, Lev Leviev a déjà franchi une nouvelle étape dans la constitution de son propre empire : l'entrée dans la production de diamants. Profitant des liens historiques entre l'Angola et l'ex-URSS, il obtient en 1996 du président Dos Santos plusieurs concessions minières, premier pas vers l'obtention du monopole de la vente de tous les diamants bruts du pays. L'Afrique fait désormais figure de terrain de chasse privilégié pour Lev Leviev. Au Congo, il fait ainsi affaire avec Joseph Kabila, prenant le contrôle de la plus grande partie du commerce des bruts. Un deal qui lui vaut d'être accusé de tirer allègrement profit des « diamants de la guerre ». Il parvient également à s'implanter en Namibie. Lev Leviev se rapproche ainsi peu à peu du « donjon » de De Beers, l'Afrique du Sud. Mais il n'en reste pas là ! Mettant en oeuvre une ambitieuse stratégie d'intégration verticale, il ouvre ses propres joailleries, à New York, à Londres, à Paris, à Moscou et au Moyen-Orient.

En quinze ans à peine, Lev Leviev a ainsi totalement bouleversé le modèle économique du diamant. A la « stratégie du robinet » poursuivie pendant des lustres par de De Beers - le contrôle de la vente des diamants aux diamantaires - il a substitué la « stratégie de la mine à la maîtresse ", soit le contrôle de l'ensemble de la filière, de la production à la vente finale. Au coeur de cette stratégie se trouvent l'achat et la taille des diamants bruts, deux activités que De Beers avait négligées, préférant se concentrer sur la production et la distribution aux diamantaires. Ce sont elles qui fournissent à Leviev l'essentiel de ses bénéfices. Sans doute la De Beers est-elle loin d'être abattue : la firme contrôle encore 40 % du marché mondial du diamant brut. Mais son pouvoir est plus qu'écorné. Avec l'argent des diamants, Lev Leviev a bâti un empire qui s'étend aujourd'hui à l'immobilier, à l'électronique, aux télécommunications et à la vente en ligne. Très présent en Russie par l'intermédiaire de sa fondation, il est resté proche de Vladimir Poutine et a obtenu que le rabbin loubavitch Berl Lazar soit élu grand rabbin de Russie. Une puissance que pourraient bien menacer à terme les nouveaux diamantaires indiens et même chinois. Dans le monde du diamant, la roue de la fortune n'a pas fini de tourner !

https://www.lesechos.fr/22/07/2008/lesechos.fr/300281702_lev-leviev--tous-les-diamants-du-monde.htm


***
Roman Abramovitch et Lev Leviev.

Lev Leviev, l'homme qui s'est fait voler 100 millions d'euros
Par  Hayat Gazzane   Mis à jour le 31/07/2013 à 07:21  Publié le 30/07/2013 à 15:00

En se faisant voler sa collection «Extraordinary Diamonds» au Carlton de Cannes, la maison Leviev a bénéficié d'une campagne publicitaire inattendue. Encore peu connue du grand public, cette marque de bijoux de luxe est aujourd'hui au centre de toutes les attentions.

Alors qu'elle ne possède aucune boutique dans l'Hexagone, la marque Leviev était de passage à Cannes pour se faire connaître. Pour s'implanter en Europe, Leviev a en effet choisi Londres en 2006, avant de s'installer à New York, sur la célèbre Madison Avenue, à Dubaï et à Singapour. La maison Leviev se vante de commercialiser les pierres «parmi les plus exceptionnelles au monde», venues directement des mines de la société Lev Leviev Diamonds (LLD). Polies et taillées par les artisans de la maison, elles donnent naissance à des collections uniques, «des pièces qu'on ne trouve nulle part ailleurs», explique le groupe.

Ce modèle de bijouterie complètement intégré (de l'extraction dans la mine à la vente en boutique) est le résultat du travail acharné de Lev Leviev, milliardaire israélien de 57 ans, né en Ouzbékistan et propriétaire de la totalité du capital de la maison de bijoux. Après avoir débuté comme simple tailleur de pierre à Tel-Aviv où sa famille avait immigré pour fuir l'oppression soviétique à l'égard des Juifs, il devient l'un des diamantaires les plus importants de cette place incontournable des diamants avec Anvers.

Lev Leviev entre rapidement dans le prestigieux club des «sightholders» de De Beers, ces diamantaires triés sur le volet par la toute puissante société qui maîtrise la production, les prix et la vente de la quasi-totalité des diamants depuis des décennies. Mais lassé de se voir imposer ses conditions de travail, Lev Leviev va oser, dans les années 1990, mettre à mal le monopole exclusif du géant sud-africain. Il bâtit son propre empire, en allant chercher ses diamants directement à la source. Grâce à de bonnes relations conservées malgré les pressions en ex-URSS, il met la main sur des tailleries de pierres, prend ensuite le contrôle des mines d'Angola, du Congo et de Namibie. Des possessions qui lui valent d'ailleurs les critiques de nombreuses ONG qui l'accusent d'avoir construit sa richesse sur les diamants de sang… Lev Leviev met en place la stratégie «de la mine à la maîtresse», soit le contrôle de l'ensemble de la filière. En quelques années, LLD devient un géant du secteur.

«Dans les affaires, je n'ai jamais transigé sur mes principes religieux»

Si Lev Leviev amasse une fortune colossale dans les diamants, il veille également à se diversifier. En 1996, il rachète Africa Israël Investments, un holding qu'il transforme en conglomérat en investissant dans la chimie, les médias et l'immobilier. Aux États-Unis, il devient propriétaire, entre autres, de l'ancien immeuble du New York Times. Son holding sera frappé de plein fouet par la crise financière mondiale de 2008. Il affichait encore une perte d'un milliard de dollars l'an dernier. Après la crise, Lev Leviev a vu sa fortune personnelle fondre de 8 à 1,5 milliard de dollars selon le dernier classement Forbes .

Malgré ses difficultés, le businessman poursuit ses investissements, notamment en Israël où il est soupçonné de participer à la construction de logements dans les colonies de Cisjordanie via son entreprise. Très pratiquant - «dans les affaires, je n'ai jamais transigé sur mes principes religieux», aime-t-il répéter - il arrose de millions de dollars chaque année le mouvement religieux hassidique Loubavitch. À Londres, il mène une vie discrète avec sa femme Olga, qui lui a donné neuf enfants. Hormis l'achat de l'une des maisons les plus chères de la capitale anglaise en 2008 (53 millions d'euros), pas de fantaisies. Sauf l'achat en mai 2011 d'un diamant rose lors d'une enchère Sotheby's pour 11 millions de dollars. Une pierre rare qui selon des rumeurs fait partie de la collection dérobée à Cannes...

http://www.lefigaro.fr/societes/2013/07/30/20005-20130730ARTFIG00352-lev-leviev-l-homme-qui-s-est-fait-voler-100-millions-d-euros.php



***
Lev Leviev et Vladimir Poutine.

When Lev Leviev’s first son, Shalom, was born in 1978, Leviev decided to circumcise the baby himself. He was only 22 years old. He had never studied the art of circumcision and never performed one. But he had seen it done. His father, Avner, had been an underground mohel in Tashkent, the capital of Uzbek Republic, at a time when performing any Jewish ritual act could get you in trouble with the Soviet authorities. The family had been in Israel for eight years. There were plenty of trained ritual mohelim in Tel Aviv. But Leviev regarded the act of circumcising his own son as both a religious duty and the fulfillment of a family tradition.

Avner Leviev advised his son to prepare by cutting chicken legs, but young Lev felt no need to practice. “I knew what I was doing,” he told me when I spoke to him recently at his office in Yahud, a suburb of Tel Aviv. “I was a diamond cutter, after all. It’s not all that different.” He extended his hands, palms down, for my inspection and smiled. “I’ve got steady hands.”

In the years since he introduced his son into Israel’s blood covenant with the almighty, Lev Leviev has performed more than a thousand ritual circumcisions — many on the sons of employees in his ever-expanding business empire. In those years, Leviev has gone from impoverished immigrant to the man who broke the De Beers international diamond cartel. His companies build vast shopping malls, housing projects, highways and railways throughout Israel, the former Soviet Union and Western Europe. He owns everything from diamond mines in Angola to a string of 7-Elevens in Texas. Recently he has been buying up iconic American properties, including the former New York Times Building in Manhattan for a reported $525 million.

Lev Leviev is probably Israel’s richest man. Forbes ranks him 210th among the world’s wealthiest people, with an estimated personal net worth of $4.1 billion. (People close to Leviev put that figure closer to $8 billion.) However much Leviev has, he is hungry for more. His business role model is Bill Gates, whom he says he hopes to eventually join in what he calls, in Russian-accented Hebrew, “the world’s starting 10.”

Leviev admires not only Gates’s wealth but also his activist style of philanthropy. “A lot of very rich men wait too long to give their money away,” he told me. “Warren Buffett, for example. He’s in his 70s now, and he should have started earlier. But Bill Gates is a young man, and he’s already giving to help the world. That’s the right way to do it.”

Leviev, who is 51, is a legendary philanthropist, too — he refuses to say how much he gives away each year, but he did not dispute an estimate of $50 million. He does not share Gates’s universalist outlook, however. Leviev is a tribal leader, a benefactor of Jewish causes, particularly in the former Soviet Union, where he underwrites Jewish day schools, synagogues, orphanages, social centers and soup kitchens for more than 500 communities. To make this vast philanthropic enterprise run, Leviev subsidizes an army of some 10,000 Jewish functionaries from Ukraine to Azerbaijan, including 300 rabbis.

Most of the 300 rabbis are Chabadniks, adherents of the Brooklyn-based Hasidic group Chabad — fundamentalist, missionizing, worldly and centered on the personality and teachings of the late Menachem Mendel Schneerson, the Lubavitcher rebbe. Chabad is anti-abortion, regards homosexuality as a sexual perversion and generally finds itself aligned with other fundamentalist religious groups on American domestic issues. In Israel, it has supported right-wing Greater Israel candidates. Most controversially, during Rebbe Schneerson’s lifetime, Chabad entertained the notion that he might be the messiah; a vocal group in the community still does. (This led the ultrapious Rabbi Eliezer Shach to acidly define Chabad as the sect closest to Judaism.)

Lev Leviev’s loyalty to Chabad is unquestioning. “The rebbe is my role model, and my values are his values,” he says.

Lev Leviev arrived in Israel as a teenager in 1971, at a time when Moshe Dayan, hero of the Six Day War, was the legendary embodiment of the Israeli WASP (Well-born/Ashkenazi/Secular/Paratrooper). Immigrants were classified by their potential to attain this ideal. The Leviev family — unconnected, uneducated, not even real Russians but Bukharan Jews, primitives from the steppes of Central Asia — were classified as “bad material” and dispatched by government authorities to the dusty “development town” of Kiryat Malachi.

Avner Leviev enrolled his son in a Chabad yeshiva. It was a match that didn’t take. “I’m not a born yeshiva scholar,” Leviev admits. In Tashkent he had finished 10th grade. He left the yeshiva after a few months, ending his formal education. If Leviev regrets this, he doesn’t show it. “I just wanted to make money,” he told me.

Through a family friend, Leviev found work as an apprentice diamond cutter. It was industry practice not to teach anyone all 11 steps of the diamond-cutting trade, but Leviev paid his fellow workers to show him every facet of the process. By the time he finished an undistinguished stint in the rabbinical corps of the army, he was ready to go into business for himself.

“I never doubted that I would get rich,” Leviev told me. “I knew from the time I was 6 that I was destined to be a millionaire. I’d go with my father to shops, and while he was talking business, my eyes automatically counted the merchandise.”

Leviev chose a tough industry. “The diamond business is usually a family business,” says a Tel Aviv diamond merchant. “People accumulate wealth slowly, over generations. When Leviev started out, all he had was an amazing amount of ambition and the ability to understand the stone. Understanding the stone — that was the key.”

The headquarters of Leviev’s U.S. diamond company, LLD USA, is located at the mouth of the Manhattan diamond district, on the corner of 47th Street and Fifth Avenue. To get up to his office, you need to be both photographed and fingerprinted by a very high tech security system.


People who handle gems are cautious and security-conscious, and Leviev is no exception. Perhaps for that reason, many of his closest associates are relatives or longtime friends, most of them also Bukharan Jews. Paul Raps, the general manager of LLD USA, has known Leviev since they were both young diamond merchants in Ramat Gan. “One day we were sitting there, just chatting, and suddenly Leviev said to me: ‘You know what we need? We need to get our hands on the gelem.’ Uncut diamonds. I thought he was kidding. Nobody could find uncut diamonds back then.”

Before Leviev’s epiphany, the world’s diamond market was strictly regulated by De Beers, a company founded in the 19th century to mine its first shaft of diamond-bearing kimberlite. In 1930, De Beers established a cartel that over the next few decades came to dominate diamond mining in the Soviet Union, Africa and the rest of the world. It regulated the market through a system of “sightholders,” handpicked producers of rough diamonds and dealers of finished diamonds, who were allowed to buy quantities of unfinished diamonds at fixed prices, via De Beers.

When Leviev started out, there were about 100 sightholders around the world. They came to London several times a year and, at syndicate headquarters, were offered diamonds on a take-it-or-leave-it basis. Those who left it too often were decertified, and new sightholders were selected.




Small diamond cutters and merchants like Leviev couldn’t afford to buy from sightholders. They were allowed to buy rough diamonds from “secondary dealers” who managed to get their hands on small, smuggled quantities. It was a limiting arrangement, and Leviev didn’t like limitations. He applied to become a De Beers sightholder.

“There was resistance to him at first,” recalls the Tel Aviv diamond merchant, who knew Leviev at the time. “A lot of people thought he was uncouth, not really civilized. This wasn’t anti-Semitism. Most of the people who rejected him were European Jews themselves. Leviev was an outsider, a Bukharan. But he was so industrious, so ambitious, such a good businessman, that eventually they had no choice. They had to accept him.”

Soon Leviev became a rising star in the De Beers syndicate. He brought his extended family into his business, leveraged their resources and prospered. But he chafed under the control of the syndicate.

In the late ’80s, Leviev saw an opportunity. De Beers had encountered antitrust problems in the United States. In South Africa, the apartheid government that had worked with De Beers was losing political power. At the same time, the Soviet Union, whose leaders had long had a mutually profitable partnership with De Beers, was nearing collapse.

Leviev has a complicated relationship with his former homeland. In our first meeting, when I asked him about his boyhood memories, he surprised me by saying: “Fear. I grew up in fear.”
Le président américain Donald Trump et le diamantaire israélien Lev Leviev.

Tashkent is a Muslim city, and although there wasn’t much overt anti-Jewish violence, there was a climate of mistrust. “Many times I was beaten up in school,” he recalls. But his biggest fear was of the Communist government.

“As a boy, they used to make us stand at attention and salute the statue of Lenin,” he told me. “I’d curse him and the other Communists under my breath. They sent my grandfather to Siberia. They wouldn’t let us keep the Sabbath — we had to go to school on Saturdays. Just being Jewish was dangerous.”

Still, he saw business potential in Russia. He spoke the language, knew the local customs. His father, sensing danger, begged Leviev not to go. So Leviev traveled to Brooklyn, to the headquarters of the Lubavitcher rebbe, for a second opinion.

It is a meeting that has become folklore, both in Chabad and in the diamond industry. Leviev tells the story with obvious relish: “I spoke to the rebbe in Hebrew. I asked him, Should I go or not? He answered me in a kind of antique Russian. He said: ‘Go. Go to Russia and do business, but don’t forget to help the Jews. Remember your family tradition.’ ”

This was more than good advice. The rebbe’s blessing gave Leviev the keys to the Chabad network in the former Soviet Union at a very dangerous time.

Officially, Leviev was invited by the Soviet minister of energy in 1989, which was exploring ways of ending the De Beers grip on the country’s diamonds. “When I got there, Gorbachev was still in power, but you could sense that things were coming apart,” Leviev says. “Everything was unsettled, and I felt the fear again.”

There were other risks, too. To do business with the Russians, Leviev had to give up his position as a De Beers sightholder. This shook the international diamond business. “It was unbelievable,” says the Tel Aviv merchant. “He was breaking the rules, going after the source. When he succeeded in Russia, and then in Angola, others saw it and were suddenly emboldened. That’s how Leviev cracked the De Beers cartel. With the instincts of a tiger and the balls of a panther.”

There’s no need to cry for De Beers, which still controls a major share of the world’s uncut diamonds. But the syndicate no longer sets the worldwide market value of diamonds or decides who can manufacture and sell them.

Neither can Leviev. But he has become the world’s largest cutter and polisher of diamonds and one of its major sources of rough diamonds — the gelem he dreamed of.




A key to his success is his vertical integration. He mines the diamonds in Angola, Namibia and Russia, cuts and polishes them, ships them and sells them, wholesale and retail. He has a string of high-end shops in Russia and a luxury boutique, Leviev, on Bond Street in London. Next month, Leviev is opening a store on Madison Avenue in Manhattan, which, as the president of Leviev Jewelry, Thierry Chaunu, told a reporter, will cater to “the young hedge-fund professional who just got his bonus.”

One of Leviev’s first moves in Russia was to set up a high-tech cutting and polishing plant. It provided jobs and, more important, showed the Russians how they could gain control of their own industry. In turn, the Russian government helped him gain a foothold in Africa. In 1997, Leviev bought into the Catoca diamond mine, Angola’s largest, in a joint venture with the Russian state diamond company, Alrosa; a Brazilian partner; and the Angola state diamond company. Leviev soon established warm ties with the Angolan president, José Eduardo Dos Santos, who speaks fluent Russian from his days as an engineering student in the U.S.S.R.

When Leviev arrived in Angola, Dos Santos was fighting a civil war against Unita rebels, who were financed by the sale of smuggled “blood diamonds.” Leviev had a suggestion: Why not create a company that would centralize control of all diamonds? The company that grew out of that idea was the Angola Selling Corporation, or Ascorp, jointly owned by the Angolan government, a Belgian partner and Leviev. While Leviev’s plan took aim at the trade in conflict diamonds, critics say that Ascorp took advantage of mounting international pressure to establish and profit from a monopoly.


Unita surrendered in 2002, after the death of its leader, Jonas Savimbi. By then, the Angolan government had effectively pushed De Beers out of the country, and Ascorp had generated great sums for the Dos Santos government (and, it is rumored, the Dos Santos family), created thousands of jobs for Angolans in newly established factories and mines and made Lev Leviev a vast fortune. None of this would have been possible without the Russian connection.



On a shelf in Leviev’s Ramat Gan office sits a framed photo of Vladimir Putin. Leviev describes him as a “true friend.” The offices of many Israeli business magnates feature photographic trophies, grab-and-grin shots with (in ascending order of importance) the prime minister of Israel, the president of the United States, Bill Clinton and A-list Hollywood stars. Leviev has a different collection. Aside from the Lubavitcher rebbe and Vladimir Putin, there are photos taken with the leaders of Azerbaijan, Armenia and Kazakhstan, for which he serves as honorary consul in Israel. (“Yes, I saw ‘Borat’ ” Leviev told me wearily. “Yes, I thought it was funny. But silly.”) Leviev’s picture gallery reflects his status as the president of the Federation of Jewish Communities in the former Soviet Union, an organization he has led since 1998. Nobody knows exactly how many Jews live in the former Soviet Union, but estimates range from 400,000 to upward of one million. Leviev leads them with his checkbook.

“When it comes to contributing to the Jewish people, Lev Leviev is in a class by himself,” says Natan Sharansky, the former Soviet dissident and former Israeli deputy prime minster. “I know a lot of rich people who give money. But Leviev is on a completely different level. He’s building entire communities.”

More than this, he is a power broker and intercessor on behalf of beleaguered Jews throughout the former U.S.S.R. Take, for instance, the case of the Jewish private schools in Baku, Azerbaijan. Three years ago the government, concerned about the influence of neighboring Iran and the spread of local madrassas, decided to close all the private schools in the country. This, of course, included the Jewish school in Baku, Azerbaijan’s capital. The community elders petitioned the government, but to no avail.

“They even tried to get American Jewish organizations to intervene,” Leviev recalled. “But the Jewish organizations couldn’t do a thing.” He smiled thinly. He has a generally low opinion of American Jewish activists, especially his fellow billionaires.

And so Leviev decided to ride to the rescue. He flew to Baku on his private plane, parked at the airport and went straight to the synagogue.

“The Jews were all gathered there,” he recounted in what is obviously a favorite story. “I told them to wait while I talked to the president.” At the time, that was Heydar Aliyev. “There were journalists in his outer office. Everyone was excited to see me there, because they thought I had come to invest money in the country. Heydar thought so, too. He said: ‘Just tell me what you’re interested in — oil? Gas? Tourism? What can I do for you?’

“I asked him, ‘How can I invest in a country that doesn’t like Jews?’ Heydar got very upset when I said that. He began telling me how many Jewish friends he had and how much the Jews had contributed to his culture and the country and so on.

“ ‘But you’re closing down the Jewish school,’ I told him. ‘I’ve come to ask you to allow it to remain open. Right now the Jews of Baku are gathered in the synagogue, awaiting your answer.’ ”

Leviev paused at this point in the story. Dramatic tales of peril and salvation are part of the Chabad oral tradition.

“Heydar consulted his advisers,” Leviev said. “Then he returned to me and said: ‘The school can remain open. All right?’

“I told him: ‘Well, there’s another problem. The Jewish institutions here are in bad shape. Can you arrange for me to acquire a plot of land to rebuild?’

“ ‘Yes,’ said Heydar. ‘Is that all?’

“ ‘Not quite. I’d appreciate it if you would personally open the school next year. That way there will be no misunderstandings about what the government’s position is.’

“Heydar said: ‘I’ll do that. Are you satisfied now?’

“I told him: ‘Just one last thing, sir. Those journalists in your outer office? Would you mind announcing our agreement to them?’ ”

After Aliyev’s press conference, Leviev remembers returning triumphantly to the synagogue to deliver the good news. Shortly thereafter, Aliyev died and was succeeded by his son, with whom Leviev is on friendly terms.

“And did you invest after that?” I asked.

Leviev smiled. “No,” he said. “Azerbaijan has so many natural resources they don’t need my investment. But I told them that they would get a blessing from God.”

Leviev insists that he maintains a strict division between his community leadership and his business dealings. Perhaps this is so, but the republics of the former Soviet Union are not famous for their transparency. At any rate, business depends to a large extent on personal and political access. “A big part of our analytical value depends on the perception that we can get anything approved in Russia,” says Jacques Zimmerman, the vice president for communications of Africa Israel, Leviev’s international holding and investment company.

This perception has been strengthened by public displays of affection between Putin and Leviev. In 2000, the Russian president was the guest of honor at the opening of the Jewish Community Center in the Marina Roscha district of Moscow, which Leviev played a major role in building. It was a gesture widely interpreted as a sign of good will not only toward Russia’s Jews but toward Leviev himself.

Putin also took Leviev’s side in a dispute over the post of chief rabbi of Russia, backing Leviev’s candidate, Berel Lazar, over Adolf Shayevich, who held the position. The Kremlin’s endorsement of Lazar was a final confirmation that Leviev had achieved a typically audacious and improbable victory — putting the fundamentalist Chabad in effective control of the assimilated, mostly irreligious Jewish communities of the former Soviet Union.

Lazar’s selection has been quite controversial not only in Russia but also among Jewish groups in Israel and in the U.S. But Chabad is nothing if not practical, and they have taken a gradualist approach to winning over Russia’s secular Jews. Schools enroll nonreligious students and offer them a full government curriculum, along with some beginner’s Torah studies. Community centers hold coeducational social events. There are even mixed dances.

Such modernity comports with Leviev’s personal style, which is, in its outward aspect, Chabad-lite. He once made headlines by closing his upscale mall in Ramat Aviv — a bastion of WASP Israel — on the Sabbath, and officially his businesses are closed on Saturday. But he maintains a “don’t ask, don’t tell” policy for his Israeli executives, some of whom hold unofficial meetings and phone sessions on the Sabbath. Abroad, some of the businesses Leviev owns an interest in work seven days a week, and his American 7-Elevens sell nonkosher food. Leviev himself strictly observes the Sabbath, but he has been known to interrupt his weekday prayers for important phone calls.

Unlike many Chabad men, Leviev is clean-shaven, wears stylish business suits open at the collar and sometimes lounges in jeans, and his small black skullcap is barely visible. He is also something of a feminist. The women in his office, including his private secretaries, are allowed to wear slacks, a violation of strict Orthodox custom. Leviev’s two eldest daughters have been brought into the business as senior executives. Zvia, a mother of four who runs international marketing and mall businesses for her father, is frequently mentioned in the Israeli press as a potential successor. Leviev is proud to have raised his nine children in B’nai B’rack, Tel Aviv’s ultra-Orthodox suburb, but he is planning to move to an estate in Saviyon, the equivalent of going from Borough Park to Scarsdale.

Menachem Mendel Schneerson dit le "Rebbe" ou le Rabbi de Loubavitch qui vers la fin de sa vie prétendait être le Messie et fut le fondateur de la "Maison Chabad" a aussi eu une grande influence sur la carrière de Lev Leviev.


Leviev’s pragmatism ends, however, at the vexing and fundamental question of who is a Jew. American Reform Judaism recognizes patrilineal descent. The State of Israel grants citizenship under the Law of Return to people with a single Jewish grandparent. But Leviev accepts only the Talmudic rule that a Jew is anyone born to a Jewish mother, or someone who has undergone an Orthodox conversion and agreed to keep all 613 Jewish laws.

There are a great many people who regard themselves as Jews but do not meet these criteria. In Israel alone, there are an estimated 300,000 among Soviet immigrants, and perhaps more than that in the former Soviet Union. “What do you do about all these people?” I asked Leviev. “Just write them off?”

Leviev’s answer: “It’s not a matter of what I do or what I want. I have no choice. The law is the law.”

A few years ago, concerned Bukharan Jewish immigrants in New York reported to Leviev that their children were being corrupted by the public schools of Queens. “The kids were going out with Pakistanis, Puerto Ricans, all sorts of people,” I was told by one of Leviev’s intimates. Leviev would have been equally horrified to learn that the Bukharan Jews of Queens were hooking up with descendants of the Mayflower.

In response, Leviev donated the money for a private school in Elmhurst. He picks up the tuition tab for the entire student body — about 800 kids at an estimated $18,000 a pop. Leviev regards this as a pilot project. His goal, I was told by his assistant, Shlomi Peles, is to make a free Orthodox Jewish education available to every Jewish child in United States.

The educational project is just one part of Leviev’s recent discovery of America. After 9/11, he and a partner bought the JP Morgan building near ground zero at a bargain price (a reported $100 million), converting it into luxury condominiums and clearing a very handsome profit. It made him a believer in New York.

“Every building is half a billion dollars,” he told me. “All you need is a global perspective. I knew New York would come back.”

Jacques Zimmerman, who handles communications for Africa Israel, told me: “Lev’s natural tendency, his home court, is Israel and Russia. But he is constantly looking to expand.”

The engine for this growth is Africa Israel. The company is publicly traded on the Tel Aviv Stock Exchange and handles Leviev’s businesses, not including privately held diamond interests. Leviev personally owns about 75 percent of Africa Israel, which was valued, in mid-July, at approximately $5 billion.

According to Zimmerman, Africa Israel has made a “strategic decision” to think big. “The work involved in large and small projects is about the same, so why not do big projects?” In Moscow, Africa Israel is currently building a million-square-foot mall as well as another 750,000-square-foot mall that is entirely underground. It is the lead partner in a consortium that is building the subway in Tel Aviv. Africa Israel is active in China, India, the Philippines and Latin America as well.

“We’re worldwide, but our emphasis is moving more and more to the United States,” Zimmerman says. “In the last six months, we’ve bought into more than a billion dollars’ worth of projects in Manhattan, and that’s going to grow.”

Africa Israel’s American holdings include not only the former New York Times Building but also a half-share of the Apthorp apartment building on the Upper West Side and the Clock Tower on Madison Avenue, 1,700 Fina gas stations around the country and development projects in Los Angeles, San Francisco, Miami and Phoenix. Recently the company announced it will be opening a giant Hard Rock amusement park in Myrtle Beach, S.C.

“All you need to do business in America is a good name, and banks will lend you all the money you need,” Leviev told me with enthusiasm.

Israel is a society in which successful people are rarely praised. But I encountered very little criticism of Leviev there, even from members of the Jewish WASP business establishment. “He’s still an outsider,” one high-powered Tel Aviv lawyer told me. “We don’t know anything about his personal life. But from what anyone can tell, he’s clean. You read about him in the business pages of the newspaper, not the gossip columns.”

One of Leviev’s greatest admirers is Eitan Raff, chairman of Israel’s Bank Leumi, from which Leviev bought Africa Israel in 1996. The sale was controversial at the time. “He was a Russian,” Raff says. “We didn’t know him or anything about him. We thought he might be some kind of oligarch. I hired two or three investigators to check him out. He came up clean.”

There were a number of foreign suitors for Africa Israel, but after fighting broke out in Jerusalem between Israeli and Palestinian gunmen, they became skittish and withdrew, leaving Leviev as the sole bidder. The asking price was $400 million, and Bank Leumi had to sell; it had been ordered by a court to divest itself of nonfinancial holdings, including Africa Israel, by a certain date. Leviev had the bank over a barrel. “What would you say to $330?” Leviev asked Raff.

“No, it’s worth four, that’s the fair price,” Raff said.

Leviev stuck out his hand, diamond-business style. “Four,” he said.

“He acted with great probity,” Raff says. “He didn’t try to take advantage or squeeze. His word is his bond,” he says. “Look, I’m a kibbutznik. Leviev and I aren’t from the same world at all. But I consider him a friend, and I think he’s an example of what the head of a public company should be.” Leviev’s biggest public-relations problem is his association with Arkady Gaydamak, a mysterious Russian-Israeli billionaire of unsavory reputation, now under indictment in France for a variety of offenses, including gunrunning and money laundering. Gaydamak, who cuts a flamboyant figure and recently established his own political party in Israel, is reputed to have made his fortune selling arms in Angola in partnership with various European, Israeli and African military and government figures.

Leviev says he was first introduced to Gaydamak by the former Mossad chief Danny Yatom. They certainly knew each other. According to the Center for Public Integrity, a nonpartisan journalism group based in Washington, Leviev and Gaydamak jointly acquired a metallurgy plant in Kazakhstan in 1999. A year later, Gaydamak bought a 15 percent share of Africa Israel, which he later sold. Leviev swears they are no longer partners, but the relationship has stained his reputation.

Unlike Gaydamak, Leviev has thus far steered clear of Israeli politics. That doesn’t mean he lacks influence, however. He meets from time to time with the nation’s leaders, mostly to discuss the economy. He owns Israel’s Russian-language television station, which reaches about 15 percent of the population. Despite his allegiance to Chabad, Leviev is considered a moderate. “He’s not one of the crazies,” a former adviser to Ariel Sharon told me. “Certainly not a Greater Israel man.”

Leviev’s global view is Moscow-centric and more than a little Machiavellian. He says he believes, for example, that America’s difficulties in places like Iran, Syria and Venezuela come primarily from George W. Bush’s failure to come to Russia’s economic aid. “If Bush had invested $100 million to help the Russian economy early in his first term, he’d have Putin’s friendship,” he says. “Instead, Bush put the money into a war with Iraq, and he’s been paying for it all over the world ever since.”

The first time I spoke to Leviev, he denied that he had any personal political aspirations. Three days later, he wasn’t so sure. “Would I like to be prime minister?” he mused. “I might. When I turn 60.”

That’s nine years off. At Leviev’s pace, nine years is a lot of time — time enough to make his way into the Forbes “starting 10,” time to complete the Chabadization of Soviet Jewry and time, perhaps, to make a run at becoming Israel’s first Russian-Bukharan-mohel-mogul prime minister.

http://www.nytimes.com/2007/09/16/magazine/16Leviev-t.html

***




Who Is Lev Leviev, the Israeli Billionaire With Ties to Jared Kushner and Putin
Leviev is best known for having cracked the world diamond market monopoly of the De Beers cartel in the 1980s, and for real estate holdings and construction deals from Wall Street to the West Bank

David B. Green Jul 25, 2017 11:06 PM

If the name of Lev Leviev, which has come up in recent reports about the investigations of Jared Kushners Russian connections, rings familiar, its not without good reason. Leviev, who was born in the Soviet Uzbek Republic, and immigrated to Israel at age 14, has been one of the worlds most successful and diversified businessmen for years. He is best known for having cracked the monopoly over the worlds diamond market held by the De Beers cartel back in the 1980s, and for real estate holdings and construction deals in locations ranging from Wall Street to the West Bank. With the encouragement of the Lubavitcher Rebbe, Menachem Mendel Schneersohn, in the late 1980s, Leviev had the impeccable timing to begin doing business in the Soviet Union shortly before it crumbled, and he took advantage of that political watershed to become a major player in the Wild West that was the Russian economy in the succeeding decades. At the same time, he became a close friend of Vladimir Putin and also a Jewish philanthropist unequaled since the legendary Moses Montefiore.

Unlike Kushner and his father-in-law, President Donald Trump, Leviev was not born to wealth, but apparently from a young age, he possessed a strong urge to attain it. Born on July 30, 1956, in the Uzbeki capital of Tashkent, Leviev grew up in a traditional Bukharian-Jewish family that immigrated to Israel in 1971. Clever rather than studious, Leviev left his Kiryat Malachi yeshiva after just two months, and got a job in a diamond-polishing shop, where, through persistence, he had his senior colleagues teach him all 11 stages of diamond cutting, something a single individual does not generally have the opportunity to master. He was supposedly aided in the delicate art of diamond cutting by early training from his father in ritual circumcision.

Highly ambitious, Leviev began making his way up quickly in the De Beers hierarchy, but that wasnt good enough. What he really wanted was to break the cartels stranglehold on the worlds diamond market. This he did by cutting deals at strategic moments with the governments of both Angola and Russia, both with vast unmined diamond reserves.

Having grown up in the Soviet Union, Leviev was trepidatious about returning to its successor states to do business, but he was encouraged to do just that during a late 1980s visit with the Lubavitcher Rebbe, who also warned him not to forget to help his fellow Jews. Long drawn to Chabad, Leviev then proceeded to become one of its most generous supporters; in a 2007 interview with The New York Times, he did not dispute that he had contributed some $50 million to Chabad educational and welfare institutions across the former Soviet Union.

At the same time, Leviev became the worlds biggest cutter and polisher of diamonds. He accomplished this as successfully as he did, wrote Zev Chafets in that 2007 Times article, in part because of his businesses vertical integration. He mines the diamonds in Angola, Namibia and Russia, cuts and polishes them, ships them and sells them, wholesale and retail.


In 1996, Leviev picked up the Africa-Israel holding company, whose fields included real estate and construction, from Bank Leumi when the bank was ordered by a court to divest of its non-financial businesses. The price: $400 million. By 2007, its estimated value was $7 billion. The following year, however, Africa-Israel Investments debt was estimated at some $5.5 billion, and it began to shed properties.

Suffice it to say that Leviev has retained control of Africa-Israel, whose holdings today include energy, steel production, hotels, and a number of fashion designers. Along the way, he has been criticized, and his businesses boycotted, attacked for massive construction projects in several different West Bank settlements; his bid a decade ago to become the operator of Israels first privately owned prison was stymied by the Supreme Court; and he has been dogged by accusations of the worst types of abuse at his mines in Angola.

This weeks news stories dont link Leviev with specific accusations; rather, they indicate a number of business and social relationships that connect him to Vladimir Putin and Kremlin-related businesses, as well as to the Trump Organization. Leviev was a business partner of Prevezon Holdings, the Russian firm that was accused of money-laundering, and that, after it was represented by Natalia Veselnitskaya, got off with a $6 million slap on the wrist. The Prevezon scam had been exposed in 2009 by Russian whistleblower accountant Sergei Magnitsky, who a short time later died in a Moscow prison under suspicious conditions. It was his death that led to the American passage of the sanctions – in the form of the Magnitsky Act – that Veselnitskaya said she was lobbying to have cancelled when she met with Donald Trump, Jr., Jared Kushner and others at Trump Tower last summer. It was to avenge the Magnitsky sanctions that Putin in 2012 abruptly prohibited American citizens from adopting any more children from Russia; readers will remember that Trump has said that adoptions was the subject of his off-the-record second conversation with Putin at the G-20 meeting in Hamburg two weeks ago. Now, the Justice Departments decision to settle with Prevezon last May is likely to come under renewed scrutiny by investigators in the U.S.

The Guardian this week reported on several joint business ventures that Prevezon undertook with Levievs Africa-Israel Investments, both in the U.S. and Europe, and which were later alleged to be vehicles for money-laundering by Prevezon.

In 2015, the Kushner real-estate company purchased four floors of the old New York Times building, on West 43rd St., for $295 million. The seller was Lev Levievs U.S. branch of Africa-Israel Investments, in partnership with Five Mile Capital. According to the Washington Post, Kushner took a loan from Deutsche Bank in October 2016 – a month before Election Day – to refinance the Manhattan property, which was now valued at $74 million above what he paid for it a year earlier.

Deutsche Bank has been of interest to a variety of different federal investigators for its involvement in a Russian money-laundering scheme, and it settled at least one related case with the U.S. Federal Reserve two months ago.

David B. Green

https://www.haaretz.com/us-news/who-is-the-israeli-billionaire-with-ties-to-kushner-and-putin-1.5435007