dimanche 16 avril 2017

Démocratie ou ploutocratie ?


Pour gagner une élection, il suffit d'avoir de l'argent.
Simpliste me direz-vous ?

"Mon ennemi c'est la finance" 

Consultons ensemble les dépenses des 10 candidats à l'élection présidentielle française de 2012 (entre parenthèses, le score et le rang au premier tour) :

1. Hollande 21.8 M€    (28.6% -1-) 
2. Sarkozy 21.3 M€      (27.1% -2-)
3. Mélenchon 9.5 M€   (11.1% -4-)
4. M. Le Pen 9.1 M€    (17.9% -3-)
5. Bayrou 7 M€            (9.1% -5-)
6. E. Joly 1.8 M€          (2.3% -6-)
7. Dupont-Aignan 1.2 M€    (1.8% -7-)
8. N. Arthaud 1M€      (0.56% -9-)
9. Poutou 0.8 M€         (1.15% -8-)
10. Cheminade 0.5 M€    (0.25% -10-)

Les deux seules "anomalies" concernent l'inversion de Mélenchon et Le Pen ainsi que de Arthaud et Poutou, pour le reste, les scores obtenus épousent magnifiquement les dépenses consenties.
Et les deux candidats ayant significativement dépensés le plus d'argent sont largement en tête.... Ce qui était également le cas en 2007 :


1. Sarkozy 21 M€       (31.18% -1-) 
2. S. Royal 20.6 M€   (25.87% -2-)
3. Bayrou 9.7 M€              (18.57% -3-)
4. Le Pen 9.3 M€               (10.44% -4-)
5. M.G. Buffet 4.8 M€     (1.93% -7-)
6. Ph. de Villiers 3M€     (2.23% -6-)
7. A. Laguiller 2.1 M€    (1.33% -9-)
8. D.Voynet 1.37 M€     (1.57% -8-)
9. J. Bové 1.18 M€         (1.32% -10-)
10. Besancenot 0.9 M€   (4.08% -5-)
11. Nihous 0.8 M€         (1.15% -11-)
12. Schivardi 0.7 M€    (0.34% -12-)

La seule petite surprise venait de Besancenot (10e aux dépenses et 5e de l'élection) qui bénéficiait de l'absence d'un "grand candidat" réellement marqué à gauche ainsi que de passages télévisés multiples.

Pareillement, en 1995 et en 2002, on retrouvait le futur président Jacques Chirac en tête des dépenses.
Je pourrais étendre les exemples à l'étranger avec la campagne d'Obama arrosée par plus de 326 millions de dollars en 2012 (contre 165 pour Romney).
Mais restons en France.
Doit-on considérer cela comme une dérive d'un système qui était sain à l'origine ?
Ou ne faudrait-il pas plutôt constater qu'il s'agit du produit d'une impulsion donnée il y a bien longtemps ?
La démocratie, telle qu'elle nous est proposée (imposée...) ne serait-elle que le corollaire d'une mise de l'argent au pouvoir ?

 En 1791, Sieyès instituait le suffrage censitaire et séparait déjà les citoyens en deux camps :
- d'un côté, les plus riches, les possédants, ayant le droit de voter (soit environ 15% de la population).
 - de l'autre, les gueux ayant le droit... de la fermer.

Avec la Révolution, la république remplaçait la monarchie, Mammon et l'argent prenaient la place du Christ et du catholicisme qui depuis 496 et le baptême de Clovis façonnaient la France.
Tout ce que nous vivons aujourd'hui ne sont que les conséquences logiques de ces événements historiques.

Pour terminer, je vous invite à regarder ce petit témoignage très intéressant de Philippe de Villiers concernant la nécessité d'avoir les poches bien remplies pour espérer exister sur la scène politico-médiatique.



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