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dimanche 31 décembre 2017

"Agiter le peuple (iranien) ... avant de s'en servir"



La maxime de Talleyrand est toujours d'actualité, dernier exemple en date avec l'Iran.
Sans doute, existe-t-il des raisons valables et légitimes pour le peuple iranien de manifester sa colère contre son gouvernement (dans quel pays cela n'est-il pas le cas ?).


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Contestation en Iran : au moins deux morts, menace du gouvernement

Des manifestations antigouvernementales ont éclaté samedi en Iran pour la troisième journée consécutive.

Samedi, pour la troisième journée consécutive, des manifestations antigouvernementales et contre les difficultés économiques de la population ont éclaté en Iran alors même que des rassemblements prorégime avaient lieu pour commémorer la fin du soulèvement postélectoral de 2009. Depuis deux jours, ces manifestations contre la vie chère, à Téhéran et dans d'autres grandes villes du pays, ont pris une tournure politique. Samedi soir, des heurts ont éclaté entre manifestants et forces de l'ordre.

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Seulement, le timing des événements fait irrésistiblement penser à une tentative de révolution "colorée" dont les instigateurs sont assez faciles à distinguer.
L'Etat islamique est en train de perdre la bataille en Syrie et en Irak, laissant ces deux derniers pays exsangues, laminés par des années de guerre.
Donald Trump vient de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, et pour l'état hébreu, la seule vraie menace existant encore au Moyen-Orient reste l'Iran qui pour l'heure demeure un état solide et le plus puissant de la région.
Alors que la Syrie et l'Irak sont en voie de démembrement (conformément au "plan Yinon"), guerres, attentats, et montée des volontés indépendantistes kurdes participant à l'émiettement de Damas et Bagdad, on peut voir dans cette tentative de déstabilisation du gouvernement iranien une manière de parachever un travail de sape... 
Dans quel but me direz-vous ?

Regardons du côté de l'entourage de Trump, de l'état profond qui le soutient, de Jared Kushner son principal conseiller, relisons l'ouvrage de Mearsheimer et Walt ("le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine") rappelons-nous  que Gadi Eizenkot, le chef d'état major de l'armée israélienne ne faisait guère de mystère sur l'objectif prioritaire de Tsahal en juillet dernier et souvenons-nous des propos de Moshe Dayan (ministre israélien de la Défense et des Affaires étrangères) prononcés le 12 février 1952 à Radio Israël :
- "La population doit se préparer à la guerre, mais il revient à l'armée israélienne de poursuivre le combat avec l'objectif ultime qui est la création de l'Empire israélien."

Une autre manière de nommer le "Grand Israël" biblique (Genèse 15:18-21).

Or, pour l'élaboration de ce projet grandiose, il convient de faire "place nette" et d'évacuer de la scène géopolitique tous les acteurs qui seraient susceptibles de contester les visées sionistes.
Si l'ennemi est trop puissant, il conviendra de l'affaiblir par tous les moyens (embargo, manipulations diverses concernant l'opinion publique, attentats, guerre civile...) avant de porter l'estocade finale.
Le messianisme a un prix, celui du sang.


Sur le même sujet :
- Le Grand Israël, une espérance messianiste
- Vers un Kurdistan irakien indépendant ?
- Israël : objectif Iran
- Le Moyen-Orient au bord de l'implosion
- L'ennemi public numéro un : Etat islamique ou Hezbollah ?


mercredi 31 mai 2017

Jared Kushner, entre Washington et Moscou



Article très intéressant concernant le principal conseiller et gendre de Donald Trump que j'avais déjà évoqué par ailleurs.
On en apprend également un peu plus sur son père (emprisonné pour fausses déclarations fiscales, dons illégaux à des campagnes électorales et représailles contre un témoin...) ainsi que sur la personnalité de Jared Kushner.


Quand il était un étudiant en droit de 24 ans, son père a été envoyé en prison pour de fausses déclarations fiscales, des dons illégaux à des campagnes électorales et des représailles contre un témoin. Kushner a repris l’affaire immobilière familiale, acheté l’Observer, un journal new-yorkais immobilier et culturel, et acheté le 666 de la Cinquième avenue pour 1,8 milliard de dollars, l’une des transactions immobilières les plus chères de l’histoire de New York. Et pendant tout ce temps, il allait toutes les semaines voir son père dans une prison de l’Alabama.

Et quand Kushner a eu des dettes après l’achat de la Cinquième avenue, il a pris une décision très Trumpienne, en renégociant agressivement ses obligations jusqu’à sauver l’investissement.

« C’est très utile pour lui qu’il soit constamment sous-estimé », a dit au magazine New York Ken Kurson, ancien rédacteur de l’Observer et ami de Kushner. Jonathan Mechanic, avocat en droit immobilier, a dit au New York que pendant les négociations de sa dette, les Kushner ont traversé des moments turbulents, et non seulement ils ont survécu, mais ils ont prospéré. »

Kushner a aussi acquis la réputation de chercher la vengeance. Il aurait poussé l’équipe de l’Observer à publier des articles négatifs sur ses concurrents, même si aucun n’a jamais été publié. Il aurait aussi banni Chris Christie, gouverneur du New Jersey, l’un des premiers soutiens de Trump, de l’administration. Dix ans plus tôt, Christie était le procureur qui a envoyé le père de Kushner en prison.





vendredi 19 mai 2017

Les Etats-Unis sous influence

Joe Lieberman entre Lindsay Graham et Ehud Barak alors ministre de la défense de l'état d'Israël en 2010.
Extrait d'un article de Libération de septembre 2002 concernant Lieberman et les néoconservateurs :
Certains l'appellent le «parti de la guerre» : une vingtaine de personnalités influentes, responsables politiques, experts ou journalistes, qui, derrière le vice-président Dick Cheney et le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, poussent depuis septembre dernier à porter la guerre en Irak. Ces faucons évoluent au confluent de plusieurs cercles : celui des cold warriors, anciens de la guerre froide, généralement obsédés par la sécurité. Celui de la droite religieuse, très antichinoise et pro-israélienne et surtout celui des «néoconservateurs»,courant idéologique créé dans les années 60 par des intellectuels, juifs new-yorkais pour la plupart, issus de la gauche. Quelques faucons volent également dans les cieux démocrates : au Sénat, l'un des plus farouches d'entre eux n'est autre que Joe Lieberman, candidat démocrate à la vice-présidence aux dernières élections.



Dans l'article concernant le projet du Grand Israël j'évoquais l'influence grandissante de Jared Kushner, néoconservateur et juif orthodoxe, dans l'ombre de Donald Trump.
Cette influence est en passe de se confirmer avec la possible arrivée aux commandes du FBI d'un autre néoconservateur, juif orthodoxe également, en la personne de Joseph Lieberman.
Viscéralement opposé à l'Iran, son intronisation à la tête des services de renseignements intérieurs des Etats-Unis marquerait un pas de plus vers un assujettissement de la politique et des institutions américaines aux intérêts israéliens ainsi qu'un renforcement du parti belliciste.




"Lieberman a été le premier Juif à apparaître sur un bulletin présidentiel, quand il s’est présenté à la vice-présidence avec Al Gore, en 2000.
Lieberman a ensuite été un sénateur indépendant, et s’est fait connaître pour sa politique étrangère belliqueuse.
Il a soutenu avec enthousiasme le sénateur républicain de l’Arizona John McCain quand il s’est présenté à la présidence en 2008, avant de soutenir Hillary Clinton en 2016.
« C’est un choix évident, elle est tellement meilleure pour le futur de notre pays », avait-il dit pendant la campagne."





mardi 18 avril 2017

Brzezinski et les stratèges de l'ombre

Zbigniew Brzezinski est né le 28 mars 1928 à Varsovie.
Fils d’un diplomate polonais, professeur à Harvard, Baltimore ou Columbia, il est une des principales figures actuelles de l’idéologie mondialiste.
Zbigniew Brzezinski



Conseiller à la sécurité nationale de Jimmy Carter entre 1977 et 1981, il a très largement contribué à mettre en place la stratégie extérieure des Etats-Unis au cours de ces dernières décennies.
Il est notamment l’architecte du « piège afghan » qui se refermera sur l’URSS et entraînera (avec l’adjonction d’autres facteurs) la chute de celle-ci en 1991 (la guerre contre l’Afghanistan s’étend de 1979 à 1989).

C’était un proche du milliardaire David Rockefeller (décédé le 20 mars dernier) avec lequel il est à l’origine de la création de la Commission Trilatérale en 1973.

On l’accuse parfois, à tort, de faire partie du courant néoconservateur qui regroupe de manière globale des défenseurs zélés de l’état d’Israël (deux exemples parmi d’autres : Paul Wolfowitz et Richard Perle). Ceux-ci s’appuient notamment sur la théorie du choc des civilisations de Bernard Lewis popularisée par la suite par Samuel Huntington.


Pour Brzezinski, l’important n’est pas Israël mais d’arriver à un état mondial globalisé en évitant les chocs frontaux et l’engagement militaire direct.
On peut déjà constater les différences en matière de politique étrangère entre l’administration Trump et celle de Barack Obama (dont l’oreille était attentive aux conseils du géostratège d’origine polonaise).
Obama et Brzezinski en pleine discussion


La "patte" Brzezinski se faisait sentir sur l’orientation de la politique étrangère de l’administration Obama avec la part belle accordée aux actions discrètes (soutien aux « rebelles syriens » par les services secrets, aide logistique apportée à la France en Libye lors du renversement de Kadhafi, utilisation de drones pour des assassinats plus ou moins ciblés au Pakistan, en Afghanistan, au Yémen, en Somalie, etc.).
Sans même parler des évènements en Ukraine sur lesquels je reviendrai.
Il s’agissait d’évoluer dans l’ombre en s’appuyant sur des sous-traitants sur le modèle de la guerre Afghanistan/URSS sans jamais prendre le risque d’engager massivement les forces militaires.

Le retour aux affaires des néoconservateurs, notamment par l’intermédiaire de Jared Kushner, donne lieu à une politique étrangère beaucoup plus agressive (on a déjà pu le constater avec les 59 missiles envoyés sur la base aérienne de Shayrat en Syrie mais aussi avec le largage de "la mère de toutes les bombes" sur les grottes afghanes).
Sans parler des vives tensions avec la Corée du Nord.
On retrouve les vieilles habitudes bellicistes expérimentées pendant les mandats de George W. Bush.

Mais revenons à Zbigniew Brzezinski.
Dans son principal ouvrage « Le Grand Echiquier » (dont la lecture est primordiale pour connaître les orientations géopolitiques états-uniennes), Brzezinski identifie la Russie comme étant le principal adversaire à l’hégémonie américaine.





Pour cela, il prend appui sur la doctrine du britannique Halford MacKinder (1861-1947) qui théorisait l’opposition terre/mer et le rôle central joué par l’espace eurasien (le « Heartland »).
L’eurasie (donc la Russie) étant au centre du monde, « qui tient l’eurasie, tient le monde ».
Il conviendra donc de garder sous contrôle les pays européens et de repousser au maximum la sphère d’influence russe.
Or, l’Ukraine est une pièce de choix sur le grand échiquier brzezinskien.
Pour le stratège américain, faire sortir Kiev de l’orbite russe équivaudrait à donner un coup d’arrêt définitif aux ambitions internationales de la Russie.
Les évènements ukrainiens de ces dernières années résonnent d’une manière très particulière lorsqu'on a lu « Le Grand Echiquier »…

Brzezinski a également théorisé le concept de « tittytainment », une version moderne du « panem et circenses » antique, afin de maintenir dans une bienveillante apathie une très large partie de la population mondiale devenue inutile dans un monde envahi par la technique.

Pour résumer, Zbigniew Brzezinski est un des acteurs majeurs du mondialisme depuis maintenant plus de 40 ans.
Il fait partie de ces personnages que l’on connaît peu mais qui exercent une influence de premier ordre dans la marche des affaires mondiales.
Aussi, plutôt que de s’intéresser aux présidents élus, il convient de garder un œil attentif sur l’entourage de ceux-ci, sur les forces que Peter Dale Scott appelle « L’Etat profond » et qui perdurent quelle que soit la volonté exprimée par les urnes.


                                              

"Le marxisme est une victoire de la Raison sur la Foi (...), une étape vitale et créatrice pour la maturation de la vision internationaliste de l'homme."
[Z. Brzezinski, "Between two ages"]


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