lundi 15 mai 2017

Le Grand Israël, une espérance messianiste

En ce jour-là, l'Eternel fit alliance avec Abram, et dit :
"Je donne ce pays à ta postérité, depuis le fleuve d'Egypte jusqu'au grand fleuve, au fleuve d'Euphrate."
Génèse 15:18-21


En rouge, les frontières du "Grand Israël" s'étendant du Nil à l'Euphrate conformément au texte biblique.

Dans l'article consacré à Zbigniew Brzezinskij'évoquais le rôle tenu par les néoconservateurs dans la vie politique américaine (pour plus de précisions, voir notamment l'ouvrage des deux universitaires américains, Mearsheimer et Walt, Le lobby pro-israélien et la politique étrangère américaine).

Néoconservateurs qui à travers la politique menée par Washington tentent d'avancer leurs pions en faveur des intérêts de l'état d'Israël.
Jared Kushner, juif orthodoxe, est l'un d'eux et le principal conseiller de Donald Trump (en plus d'être son gendre).


Jared Kushner, l'homme qui murmurait à l'oreille de Donald Trump.

Petite anecdote, notons que Kushner a acquis en 2006 le 666 Fith Avenue à New York pour 2 milliards de dollars, ce qui en fait le bâtiment le plus cher de l'histoire des Etats-Unis...
Mais revenons au projet du Grand Israël.

Trump, comme Poutine, a été appelé à reconstruire le Temple de Jérusalem par le rabbin Hillel Weiss en novembre dernier.
L'article complet et traduit en français depuis "Breaking Israël News" sur le site pleinfeux.org.

La reconstruction du troisième temple, la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d'Israël et le projet d'un Grand Israël sont des perspectives étroitement liées.


Maquette du troisième temple de Jérusalem, dont la construction permettra de "hâter le retour du Messie".

Pour bien comprendre le projet de constitution d'un super état israélien et ce que cela implique sur le plan géopolitique pour les voisins de Tel Aviv, il faut lire le texte -publié en 1982- de Oded Yinon (fonctionnaire au ministère des affaires étrangères israélien) intitulé "Zionist plan for the Middle East", traduit et diffusé à l'origine par Israël Shahak.

Ce passage est fondamental :
"La dissolution de la Syrie puis de l'Irak en zones ethniquement ou religieusement uniques, comme au Liban, voilà le premier objectif d'Israël sur le front Est à long terme ; tandis que la dissolution du pouvoir militaire de ces Etats est l'objectif immédiat, dans la première étape. (...) L'Irak riche en pétrole d'une part et pays déchiré par des conflits internes d'autre part est assuré de se trouver dans notre viseur. Sa dissolution est encore plus importante pour nous que celle de la Syrie. L'Irak est plus résistant que la Syrie. Pour l'instant c'est le pouvoir irakien qui constitue la plus grosse menace pour Israël."

Le texte de Yinon prend tout son sens quand on constate ce que l'Irak a subi depuis 1982 :
- Guerre contre l'Iran entre 1980 et 1988.
- Opération "Tempête du Désert" en 1991.
- Embargo terriblement meurtrier pendant 10 ans.
- Intervention américaine en 2003 pour liquider Saddam et pousser le pays dans un chaos qui persiste et a permis à Daech de s'y implanter.
Résultat, l'Irak est aujourd'hui en voie de parcellisation, comme le souhaitait Yinon : "En Irak, une division en provinces selon des lignes ethnico-religieuses comme en Syrie à l'époque ottomane est possible. Ainsi trois Etats ou plus existeront autour des trois plus grosses villes  : Bassora, Bagdad et Mossoul, et les zones chiites au sud se sépareront des zones sunnite et kurde du nord."
Yinon mentionne également la nécessité de déstabiliser l'Egypte.
On peut aisément imaginer que le marasme régnant actuellement en Libye (et favorisé par un certain Bernard Henri Lévy) déteindra prochainement sur son voisin oriental.




Concernant la Syrie (que Tsahal ne se prive pas de bombarder à l'occasion), les événements s'y déroulant depuis début 2011 vont également dans la "bonne direction" indiquée par Yinon.

Des voisins affaiblis, divisés voire dévastés, un soutien sans faille de la diaspora néoconservatrice, une influence jamais démentie d'institutions telles que l'AIPAC aux Etats-Unis, le CRIF en France ou encore la proximité du président russe Vladimir Poutine avec le rabbin Berel Lazar, tous ces éléments contribuent à favoriser ce projet dantesque.

Les colons israéliens sont en tout cas persuadés de parvenir bientôt à leurs fins, et peu importe si cela entraîne non seulement le Moyen Orient, mais aussi le reste du monde dans de terribles convulsions.


{Il est possible de se procurer le petit livre "Le Plan Sioniste pour le Moyen-Orient" aux éditions Sigest.}

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