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lundi 10 septembre 2018

La Révolution selon Louis-Ferdinand Céline




 Ça suffit pas la misère pour soulever le peuple, les exactions des tyrans, les grandes catastrophes militaires, le peuple il se soulève jamais, il supporte tout, même la faim, jamais de révolte spontanée, il faut qu'on le soulève, avec quoi ? Avec du pognon.
   Pas d'or pas de révolution.
   Les damnés pour devenir conscients de leur état abominable il leur faut une littérature, des grands apôtres, des hautes consciences, des pamphlétaires vitrioleux, des meneurs dodus francs hurleurs, des ténors versés dans la chose, une presse hystérique, une radio du tonnerre de Dieu, autrement ils se douteraient de rien, ils roupilleraient dans leur belote. Tout ça se paye, c'est pas gratuit, c'est des budgets hyperboliques, des tombereaux de pognon qui déversent sur le trèpe pour le faire fumer.
   Il faut étaler les factures, qui c'est qui dèche ? C'est à voir.
   Pas de pognon, pas de fifres, pas de grosses caisses, pas d'émeutes par conséquent.




(...)
  Pas d'or, pas de révolution.
  Le damné il est pas commode faut qu'on l'éclaire et bougrement, pour qu'il s'élance aux barricades, qu'il commence à faire le fou. Il préfère lui la vie de famille, l'autobus et le meeting baveux. Au fond il aime pas les histoires. Il est conservateur fini, il est de la terre, né Bidasse, faut pas l'oublier. Voter ça devrait bien suffire, voilà ce qu'il pense intimement. Il tient pas aux sacrifices, aux piscines de sang. Il y tient même pas du tout. Il faut pour ça qu'on l'enfurie, qu'on le picadorise à mort. C'est un tintouin du tonnerre. Il est gueulard mais pacifique. Plus mendigot que fracasseur. Il veut bien encore des violences mais si c'est les autres qui dérouillent.

 (...)
La vieille Bastille et ses neuf tours, serait toujours au poste, altière, hautaine, formidable, et ne gênerait vraiment personne, pas plus que Fresnes ou l'île de Ré, si les Banques, les démons de Londres, n'avaient pas fait le nécessaire, enflammé la viande saoule à temps, déchaîné l'émeute, le carnage, soulevé l'ouragan des ragots, les torrents de bave conventionnels, l'ébullition de la frime du sang. L'arrière petit-fils de Louis XIV serait encore à l'Elysée, Marie-Antoinette révérée par tous les enfants des écoles, patronne de l’élevage des agneaux, si Pitt avait pas insurgé les petits scribouilleux de l'époque, pourri la noblesse à gaga, versé les ronds à pleines hottes, soudoyé la cour et les champs, les mères abbesses et les bourreaux... 

Sans or les idées ne sont rien.
Il faut verser l'or à foison, à boisseaux, à tonnes, pour soulever le peuple.
Qui n'en a pas n'insurge personne.
Pas plus aujourd'hui qu'autrefois.




Tout d'abord un commanditaire ! C'est la condition du spectacle ! Et point petit cave chichiteux ! quelque hagard effaré comparse ! Pouah ! Quelle horreur ! Quelle insolence ! Non ! Tel répondant colossal ! Le plus coûteux des opéras ! Y songez-vous ? L'Opéra des Insurrections ! Avec Déluges ! Chœurs symphoniques ! Oh ! la ! la! Si ça vous entraîne ! Tâtez-vous avant d'y toucher ! Vous en avez ? Z'en avez pas ? Quelle est votre banque ? Vous êtes raides ?

Alors taisez-vous ! Caltez ! emmerdez personne ! Vous êtes qu'un petit impertinent ! un petit garçon mal embouti ! Allez donc apprendre la musique ! Ça vous disciplinera l'esprit ! On n'insurge qu'avec des espèces et pas du semblant ! des pichenettes ! Non ! Non ! Des trombes ! Cyclones de pèze !

Guillotine est fille de Guichet.




Louis Ferdinand Céline, Les Beaux Draps.

jeudi 11 janvier 2018

Gallimard cède aux pressions et suspend son projet de publier les écrits polémiques de Céline



Après la volonté d'Emmanuel Macron de lutter contre les "fake news" (autrement dit, tout ce qui n'est pas validé et diffusé par la Pravda officielle incarnée par, au hasard et parmi tant d'autres, Le Monde ou BFMTV) voici maintenant Gallimard qui décide de "suspendre" son projet de rééditer les pamphlets de Louis-Ferdinand Céline.
Le galimatias utilisé afin de justifier l'autocensure laisse songeur : "Les conditions méthodologiques et mémorielles ne sont pas réunies pour l'envisager sereinement" selon Antoine Galllimard président des éditions du même nom.
Serge Klarsfeld est soulagé, c'est l'essentiel.
A part cela, la liberté d'expression se porte très bien en France.



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Gallimard "suspend" son projet de publication des pamphlets antisémites de Céline

"Je suspends ce projet, jugeant que les conditions méthodologiques et mémorielles ne sont pas réunies", a annoncé jeudi Antoine Gallimard.
La maison d'édition Gallimard a annoncé jeudi qu'elle suspendait son projet de publier les pamphlets antisémites de Louis-Ferdinand Céline. "Au nom de ma liberté d'éditeur et de ma sensibilité à mon époque, je suspends ce projet, jugeant que les conditions méthodologiques et mémorielles ne sont pas réunies pour l'envisager sereinement", a indiqué Antoine Gallimard dans un texte adressé à l'AFP.

Polémique. Le projet de rééditer les pamphlets antisémites (Bagatelles pour un massacre, L'École des cadavres et Les beaux draps) de Céline avait suscité une levée de boucliers, notamment de la part de Serge Klarsfeld, président de l'association Fils et filles de déportés juifs de France. Ces textes constituent "une insupportable incitation à la haine antisémite et raciste", avait estimé de son côté le Conseil représentatif des institutions juives (Crif). Le président du Crif, Francis Kalifat avait appelé les éditions Gallimard "à renoncer au projet de réédition de ces brûlots antisémites".

"Je partage l'émotion des lecteurs". Gallimard souhaitait publier "une édition critique" des pamphlets "sans complaisance aucune". "Les pamphlets de Céline appartiennent à l'histoire de l'antisémitisme français le plus infâme. Mais les condamner à la censure fait obstacle à la pleine mise en lumière de leurs racines et de leur portée idéologiques, et crée de la curiosité malsaine, là où ne doit s'exercer que notre faculté de jugement", a estimé l'éditeur. Mais, a-t-il ajouté, "je comprends et partage l'émotion des lecteurs que la perspective de cette édition choque, blesse ou inquiète pour des raisons humaines et éthiques évidentes".

Non à l'"autocensure". Alors que la polémique prenait autour de la réédition de ces pamphlets antisémites, l'éditeur s'était défendu : "Le livre pour l'instant n'existe pas, alors pourquoi cette polémique ? Elle ne devrait exister que quand j'annonce : 'voilà, il sortira et voilà l'édition'". Antoine Gallimard avait dénoncé "un procès d'intention" : "On n'a pas à pousser les éditeurs à s'autocensurer."

Serge Klarsfeld "soulagé".
Serge Klarsfeld s'est dit jeudi "soulagé" après la décision d'Antoine Gallimard. "Je suis soulagé. C'était une bataille difficile à gagner car elle ne se passait pas devant des magistrats mais devant la société", a déclaré le défenseur de la mémoire des déportés juifs de France. Alors que les actes antisémites se maintiennent à un haut niveau, la France traverse "une période où verser de l'huile sur l'antisémitisme qui brûle n'est pas opportun", a estimé Serge Klarsfeld. "Ce que je recommande, c'est d'acheter le livre de Pierre-André Taguieff et Annick Duraffour Céline, la race, le Juif : ses mille pages sont le véritable appareil critique des écrits antisémites de Céline", a en outre recommandé l'historien.


http://www.europe1.fr/culture/gallimard-suspend-son-projet-de-publication-des-pamphlets-antisemites-de-celine-3543341

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