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vendredi 14 septembre 2018

Le manifeste des généticiens (1939)



Transhumanisme et mondialisme sont intimement liés dans un même but : l'uniformisation de la population de la planète.
Ensuite, pourra se constituer une élite génétiquement modifiée provenant des familles les plus puissantes financièrement.
C'est en tout cas le "plan", la voie à suivre.
Celle-ci est tracée ci-dessous avec le "manifeste des généticiens", document datant de 1939, les passages soulignés l'ont été par mes soins.

Le premier renvoie directement et brutalement au mondialisme le plus décomplexé, le second est parfaitement illustré dans l'ouvrage d'Aldous Huxley (frère de Julian, un des signataires du présent manifeste avec, entre autres, John B.S. Haldane) "Le Meilleur des Mondes"  et illustre à merveille une vision panthéiste du monde et de la vie, chaque individu faisant partie d'un "grand tout" indissociable (la liberté et le libre arbitre sont évacués).
Ce qui n'était qu'une utopie de plus aux vagues relents communistes devient de plus en plus palpable à mesure que les progrès scientifiques s'intensifient, que la religion catholique recule (elle qui dans le passé savait s'opposer vigoureusement à toute marchandisation de l'humain) et enfin que le monde ne devienne qu'un vaste supermarché dans lequel on peut déambuler (tel un zombie) "librement".
Un monde de l'argent, conçu par et pour les plus riches dans lequel les états disposent d'un pouvoir de plus en plus réduit.
Tout cela était de la science-fiction, c'est désormais notre futur proche.
A moins que la Providence ne s'en mêle.


***

Biologie sociale et amélioration de la population

En réponse à une requête du Service Scientifique de Washington, D.C., adressant la question « Comment la population mondiale peut le plus efficacement être améliorée génétiquement ? » à un grand nombre de travailleurs scientifiques, la déclaration ci-dessous a été préparée et signée par ceux dont le nom apparaît à la fin.



Cette question « Comment la population mondiale peut le plus efficacement être améliorée génétiquement ? » soulève des problèmes bien plus larges que ceux qui sont purement biologiques, des problèmes que le biologiste rencontre inévitablement dès lors qu’il tente de mettre en pratique les principes de son propre champ de spécialité. Car l’amélioration génétique effective de l’humanité dépend de changements majeurs dans les conditions sociales, et de changements corrélatifs dans les attitudes humaines.

En premier lieu, il ne peut y avoir aucune base valide pour estimer et comparer la valeur intrinsèque de différents individus, sans les conditions sociales et économiques fournissant des opportunités approximativement équivalentes pour tous les membres de la société, au lieu de les stratifier dès la naissance dans des classes avec des privilèges extrêmement différents.

Le deuxième obstacle majeur à l’amélioration génétique réside dans les conditions économiques et politiques qui favorisent l’antagonisme entre les différents peuples, nations et « races ». La suppression des préjugés raciaux et de la doctrine non scientifique selon laquelle les bons ou les mauvais gènes sont le monopole de peuples particuliers, ou de personnes ayant une caractéristique donnée, ne sera cependant pas possible avant que les conditions qui produisent la guerre et l’exploitation économique n’aient été éliminées. Cela nécessite une forme effective de fédération du monde entier, basée sur l’intérêt commun de tous ses peuples.

Troisièmement, on ne peut pas s’attendre à ce que l’éducation des enfants prenne activement en compte le bien des générations futures à moins que les parents aient en général une sécurité économique très considérable et à moins qu’ils se voient accorder les aides économiques, médicales, éducatives et autres, adéquates pour la naissance et le développement de chaque enfant supplémentaire, de telle sorte qu’avoir plus d’enfants ne soit un fardeau supplémentaire pour aucun d’eux. Vu que la femme est particulièrement affectée par l’enfantement et l’éducation, elle doit se voir accorder une protection spéciale pour s’assurer que ses devoirs reproductifs n’interfèrent pas trop avec ses possibilités de participer à la vie et au travail de la communauté au sens large. Ces objectifs ne peuvent être atteints à moins qu’il y ait une organisation de la production au bénéfice premier du consommateur et du travailleur, et que les conditions d’emploi soient adaptées aux besoins des parents et en particulier des mères, et que les logements, les villes et les services communs soient en général transformés avec les biens des enfants comme un de leurs objectifs principaux.

Un quatrième prérequis pour l’amélioration génétique effective est la légalisation, la dissémination universelle, et le développement par le travail scientifique de moyens toujours plus efficaces de contrôle des naissances, à la fois positifs et négatifs, qui puissent être appliqués à tous les stades du processus de reproduction – comme la stérilisation volontaire temporaire ou permanente, la contraception, l’avortement (comme troisième ligne de défense), le contrôle de la fertilité et du cycle sexuel, l’insémination artificielle, etc. A côté de tout cela, le développement de la conscience et de la responsabilité sociale concernant la production des enfants est requis ; et on ne peut espérer que cela soit opératoire sans que soient présents les changements dans les conditions économiques et sociales qu’on a déjà mentionnées et qui sont nécessaires à leur épanouissement, et que l’attitude superstitieuse envers le sexe et la reproduction qui prévaut aujourd’hui ne soient remplacée par une attitude scientifique et sociale. Ceci conduira à ce qu’avoir les meilleurs enfants possibles sera considéré, pour une mère mariée ou non, pour un couple, comme un honneur et un privilège, sinon un devoir, à la fois par rapport à leur éducation et à leur patrimoine génétique, même si pour ce dernier aspect cela signifierait un contrôle artificiel – mais toujours volontaire – du processus de parenté.

Avant qu’on puisse s’en remettre aux gens en général, ou à l’État qui est censé les représenter, pour adopter des politiques rationnelles afin de guider leur reproduction, il devra y avoir, cinquièmement, une bien plus grande extension de la connaissance des principes biologiques et de la reconnaissance du fait qu’à la fois l’environnement et l’hérédité constituent les facteurs dominants et inévitablement complémentaires dans le bien-être humain, mais des facteurs qui sont tous deux sous le contrôle potentiel de l’homme, et qui admettent un progrès illimité mais interdépendant. L’amélioration des conditions environnementales augmente les possibilités d’amélioration génétique comme on l’a déjà indiqué. Mais il faut également comprendre que l’effet d’un environnement amélioré sur les cellules germinales n’est pas direct et que la doctrine lamarckienne, selon laquelle les enfants dont les parents ont eu de meilleures opportunités pour leur développement physique et mental héritent sur le plan biologique de ces améliorations, et selon laquelle, par conséquent, les classes et peuples dominants seraient devenus génétiquement supérieurs à ceux qui sont défavorisés, est fausse.

Les caractéristiques intrinsèques (génétiques) d’une génération ne peuvent être meilleures que celles de la génération précédente que par le résultat d’une forme de sélection, c’est-à-dire, parce que les personnes qui, dans la génération précédente, avaient le meilleur équipement génétique ont produit en tout plus de descendants que les autres, soit par un choix conscient, soit par un effet automatique de la manière dont ils ont vécu. Dans les conditions de la civilisation moderne, il est bien moins probable qu’une telle sélection soit automatique que dans les conditions primitives, donc on doit en appeler à une sorte d’encadrement conscient de la sélection pour la rendre possible. Cependant, la population doit d’abord apprécier la force des principes énoncés ci-dessus, et la valeur sociale qu’une sélection sagement guidée aurait.

Sixièmement, la sélection consciente nécessite, de plus, que la ou les directions que doit prendre cette sélection soient approuvées, et ces directions ne peuvent pas être sociales, c’est-à-dire convenant au bien de l’humanité dans son ensemble, sans que les motivations sociales prédominent dans la société. Ceci en retour implique son organisation socialisée. Les objectifs génétiques les plus importants, du point de vue social, sont l’amélioration des caractéristiques génétiques produisant (a) la bonne santé, (b) le complexe qu’on nomme intelligence, et (c) les qualités de tempérament qui favorisent l’empathie et la sociabilité plutôt que celles (aujourd’hui plus estimées par beaucoup) qui produisent le ‘‘succès’’ personnel, au sens où succès est usuellement compris de nos jours.

Une compréhension plus étendue des principes biologiques amènera avec elle la prise de conscience qu’on peut rechercher bien plus que la prévention de la détérioration génétique, et que l’élévation du niveau de la moyenne de la population à celui le plus haut existant aujourd’hui chez des individus isolés, concernant le bien-être physique, l’intelligence et les qualités du tempérament, est une réalisation qui – pour autant que des considérations purement génétiques soient concernées – serait physiquement possible en un nombre comparativement faible de générations. Dès lors chacun pourrait considérer le ‘‘génie’’, combiné bien sûr à la stabilité, comme un droit de naissance. Comme le cours de l’évolution le montre, cela ne représenterait pas du tout un état final, mais seulement un acompte des progrès ultérieurs encore à venir. L’effectivité de tels progrès nécessiterait cependant un accroissement intensif et extensif des recherches en génétique humaine et dans les nombreux champs d’investigation qui lui sont corrélés.

Cela impliquerait la coopération de spécialistes de branches variées de la médecine, de psychologie, chimie et, non des moindres, des sciences sociales, avec l’amélioration de la constitution propre de l’homme lui-même comme thème central. L’organisation du corps humain est merveilleusement intriquée, et l’étude de sa génétique est confrontée à des difficultés spécifiques qui nécessitent que la poursuite de recherches dans ce domaine se fasse à une bien plus grande échelle, et même d’une manière plus exacte et analytique que jusqu’ici. Cela ne pourra, cependant, se produire que lorsque les esprits des hommes se seront détournés de la guerre et de la haine ainsi que de la lutte pour les moyens élémentaires de subsistance, afin de se fixer sur des buts plus importants, poursuivis en commun.

Le jour où la reconstruction économique atteindra le point où de telles forces humaines seront lâchées n’est pas encore arrivé, mais c’est la tâche de cette génération de s’y préparer, et chaque pas sur ce chemin représentera un gain, non seulement pour la possibilité de l’amélioration génétique ultime de l’homme, à un degré rarement rêvé jusqu’ici, mais en même temps, plus directement, pour la maîtrise humaine des maux plus immédiats qui menacent tellement notre civilisation moderne.


Initiateurs :

Francis Albert Eley Crew (1903-1981), généticien britannique.

Julian Sorell Huxley (1887-1975), évolutionniste britannique.

John Burdon Sanderson Haldane (1892-1964), biologiste britannique.

Hermann Joseph Muller (1890-1967), généticien américain.

S. C. Harland, généticien.

J. Needham.

Lancelot Thomas Hogben (1895-1975), zoologiste britannique.



Signataires additionnels :

G. P. Child,

Charles Leonard Huskins (1897-1953), généticien canadien.

P. R. David,

W. Landaurer,

Gunnar Dahlberg (1893-1956), médecin suédois.

H. H. Plough,

Theodosius Grygorovych Dobzhansky (1900-1975), biologiste de l’évolution américain.

E. Price.

Rollins Adams Emerson (1873-1947), généticien américain.

J. Schultz,

C. Gordon,

Arthur G. Steinberg (1912-2006), médecin.

John Hammond (1889-1964), vétérinaire.

Conrad Hal Waddington (1905-1975), biologiste britannique.


Une traduction de :
“Social Biology and Population Improvement”,
Nature. Vol. 144, 1939, p. 521-522.

Traduction réalisée par Simon Gouz,
Biographie d’une vision du monde :
les relations entre science, philosophie et politique
dans la conception marxiste de J.B.S. Haldane,
thèse de l’université de Lyon, 2010.


Source : https://sniadecki.wordpress.com/2015/01/19/manifeste-des-geneticiens-1939/

dimanche 18 juin 2017

La franc-maçonnerie, inspiratrice de la République

Siège du Grand Orient de France, 16 rue Cadet à Paris (9e).
Discours de François Hollande devant le Grand Orient de France le 27 février 2017 pour les 300 ans de la franc-maçonnerie :


C'est pénible à l'extrême et cela ressemble à un éloge sans fin, néanmoins, on peut y déceler quelques éléments de vérité.
Aux alentours de 2:00, l'ex-président reconnaît explicitement que les loges sont un incubateur à lois républicaines :

"vous faites en sorte que les réflexions que vous avez portées ces derniers mois puissent se retrouver dans la délibération publique de manière à inspirer des textes qui demain, seront les lois de notre pays."

François Hollande avoue sans peine que la FM :. a été "à l'avant-garde" du "combat républicain pour la laïcité", sous entendu de la lutte contre le catholicisme.
Pour "établir une école débarrassée des influences extérieures" (donc, de la religion catholique une nouvelle fois).

On notera que les "conspirateurs" (!?) sont ceux qui estiment que la FM:. est un danger, comprenne qui pourra...

Aux environs de 13:00 :
"en voulant attaquer la franc-maçonnerie c'était la république qui était directement visée"
On ne saurait mieux décrire la fusion de ces deux entités.

20:40 : défense de la dignité humaine... donc de l'euthanasie "nous avons fait progresser... pas forcément jusqu'au point où vous l'auriez souhaité...(...) mais la législation progressera."
Puis le "transhumanisme, l'homme augmenté" pour lesquels"le regard de la FM:. est une boussole et une lumière...".
On peut légitimement s'attendre au pire sur ce sujet, comme sur bien d'autres il est vrai.




samedi 10 juin 2017

Le transhumanisme ou la course vers l'abîme

Bienvenue à Gattaca, une vision de l'avenir pas très éloignée de celle des transhumanistes.

Les prédictions de Laurent Alexandre (chirurgien, auteur, chef d'entreprise et accessoirement membre du très élitiste club Le Siècle) font froid dans le dos mais ne sont malheureusement pas invraisemblables.
Non seulement en raison des progrès effectués par la science mais aussi par la volonté de l'aristocratie financière qui verrait un aboutissement à sa domination sur le monde avec la possibilité d'accéder à l'immortalité.
Car cette dernière serait évidemment réservée à une certaine élite, celle qui détient beaucoup d'argent.
Les progrès technologiques permettent de caresser cette folle idée plurimillénaire qui hante une certaine partie de l'humanité : se hisser au niveau du Créateur lui-même et le dépasser.


Laurent Alexandre, prophète de l'IA (intelligence artificielle).

Le 28 mars 2017 marque le début de la fusion entre les cerveaux biologiques et l'intelligence artificielle (IA). Elon Musk, l'industriel le plus médiatique au monde, fondateur de PayPal, Tesla, SolarCity, Hyperloop, The Boring Company et SpaceX, a annoncé sur Twitter le lancement de Neuralink, une société destinée à augmenter nos capacités cérébrales grâce à de minuscules composants électroniques entrelacés entre nos 83 milliards de neurones, ce qui nous transformerait en cyborgs. (...)
L'augmentation cérébrale ne peut se faire que de deux façons: par sélection et manipulation génétique des embryons, ou par action électronique sur notre cerveau. Musk se refuse à toucher à l'ADN; il ne reste donc que les implants intracérébraux. Ce projet suscite de la moquerie de la part de beaucoup de neuroscientifiques, qui le jugent irréaliste mais ils oublient que Musk délivre toujours ce qu'il promet ; la seconde est Musk peut mobiliser des moyens considérables et recruter les meilleurs spécialistes mondiaux payés à prix d'or. (...)
Les projets révolutionnaires d'Elon Musk posent de multiples questions politiques. Serait-il éthique de ne pas augmenter les capacités cognitives des gens peu doués? Ces implants augmenteront-ils le QI de tout le monde de façon homogène ou les gens les plus intelligents bénéficieront-ils de facto d'un gain plus élevé, ce qui créerait un monde ultra inégalitaire? Les neurotechnologies vont bouleverser nos institutions: nous sommes à la veille d'une révolution de l'école dont le rôle va devenir la programmation, sous le contrôle de la CNIL, des prothèses cérébrales. Face à ces enjeux, les discours sur l'enseignement sont une succession de poncifs qui semblent bien niais à l'heure des manipulations cérébrales made in Californie. (...)
Demain l'augmentation va prendre plusieurs formes. La sélection embryonnaire sous une forme un peu plus sophistiquée que Bienvenue à Gattaca [NDLR: film de science-fiction décrivant un monde parfait où les individus ont tous un patrimoine génétique impeccable] deviendra la norme. Ce n'est pas mon souhait personnel mais un pronostic.
On ne sauvera pas la démocratie si nous ne réduisons pas les écarts de QI. Des gens augmentés disposant de 180 de QI ne demanderont pas plus mon avis qu'il ne me viendrait à l'idée de donner le droit de vote aux chimpanzés.




Immortalité, voire redonner la vie aux morts selon Ray Kurzweil, le "pape" du transhumanisme :





Interrogé il y a quelques semaines lors de la Conférence SXSW à Austin, au Texas, le « futuriste » de Google Ray Kurzweil prévoyait la singularité, ce moment où les machines prendront le pouvoir sur l’homme pour 2029. L’intelligence artificielle couplée aux nouvelles technologies rendra ainsi l’homme d’aujourd’hui inutile et dépassé.(...)

Mais la singularité n’est pas la seule prédiction faite par le futuriste et transhumaniste qui entend également nous rendre très bientôt immortels avec en ligne de mire le transfert de notre esprit dans des machines. La vie éternelle donc.(...)

Il a également fait part d’autres prédictions. En vrac, vers la fin des années 2020, « nous pourrons manger toute la malbouffe (junk food) que nous voudrons grâce à des nanorobots injectés dans notre corps » qui nous fourniront les éléments essentiels à la vie et élimineront toutes les graisses superflues, peut-on lire dans Humanité 2.0 (en anglais The Singularity is Near), un livre publié en 2005 qui reprend ses théories décrites dans ses précédents livres en les réactualisant. Vers 2033, la « prostitution virtuelle » sera autorisée pour les intéressés. Dans les années 2040, les humains auront également « les moyens de créer instantanément de nouvelles parties de leur propre corps, soit biologique soit bionique ».



Jean-Pierre Dickès à propos du transhumanisme : 






Et pour conclure, cet excellent texte de Valentin Retz, "le transhumanisme est un nihilisme" :


Dans le fond, l'affaire n'est pas nouvelle. Dante nous prévenait déjà, au premier chant du Paradis : « Outrepasser l'humain ne se peut/ signifier par des mots ; que l'exemple suffise/ à ceux à qui la grâce réserve l'expérience. » Or, au seuil de son ascension vers le ciel - et pour exprimer cette idée d'un homme s'élevant au-delà des limites humaines -, le poète forge le néologisme trasumanar : un verbe exprimant l'action transformatrice qui l'ébranle, dès lors qu'il fixe ses regards dans les yeux pénétrés d'éternité que lui propose Béatrice, son amour et son guide vers la béatitude. Mais, s'il s'agit, dans La Divine Comédie, d'entrer dans la vision de Dieu, de déifier l'homme créé, afin qu'il vive de cet « amour qui meut le soleil et les autres étoiles» (...)

En un sens, il est maintenant possible d'appréhender - et comme jamais auparavant ! - l'extraordinaire pulsion de mort qui traverse l'Occident depuis que l'homme a décidé de se donner à lui-même sa propre loi. Car enfin la technologie qui devait lui servir à s'émanciper de la tutelle divine lui aura finalement dessiné un horizon terminal que l'accélération constante des innovations et l'instantanéité des réseaux devraient lui faire rencontrer d'ici à quelques décennies, selon les prévisions des sectateurs transhumanistes. Au reste, ces derniers ne sont déjà plus seuls à s'enivrer d'enthousiasme, puisque c'est bien toute une économie dérégulée, néolibérale, financière, qui est en train de se rallier à cette nouvelle idéologie nihiliste, comme si elle venait de trouver là le plus de jouir qui lui manquait pour continuer à dévaster le bien commun en réduisant toujours plus chaque être humain à une variable d'ajustement, à une fonction du flux, à un calcul statistique.


Dante avait bien raison de nous prévenir - lui qui avait fait le voyage ! - que l'homme ne peut se traverser par ses propres moyens, que la grâce seule peut l'y aider. Car, si, pour lui, il s'agissait de s'élever tout du long de la jouissance infinie de la divinité, et donc du Christ qui s'était incarné, était mort et avait ressuscité afin d'arracher l'humanité au pouvoir de la mort, pour les transhumanistes et les tenants de l'homme augmenté, la grâce ne suffit pas. Ils veulent l'autonomie intégrale, c'est-à-dire sans Dieu, cela va de soi, mais également sans l'homme, qu'ils estiment trop fragile, trop imparfait, trop éphémère au vu de leurs fantasmes de puissance. Comme si nous savions ce qu'est l'homme ! Comme si les critères d'une seule génération étaient en droit de refermer l'avenir une fois pour toutes ! Or quel paradoxe, quelle ironie, quel funeste constat qu'une civilisation, qui s'était proposé de sacraliser l'homme, soit maintenant en passe de procéder à sa liquidation. Mais j'y pense : si nous regardions un instant ce qui vient jusqu'à nous avec les yeux de Dante, si nous envisagions les transformations incessantes que les transhumanistes appellent de leurs voeux en les jaugeant à l'aune que le poète s'était fixée pour rallier l'impossible, que trouverions-nous exactement ? D'un côté, le Christ, défini comme vrai Dieu et vrai homme. Et, d'un autre côté, un simple fonctionnement technologique s'employant à transformer l'humanité en rouage : en quelque sorte, une inversion, une antithèse qui ne serait ni Dieu ni homme. En un mot, l'antichrist.





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