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mercredi 14 mars 2018
samedi 17 juin 2017
17 juin 1689, message du Sacré-Cœur à Sainte-Marguerite-Marie
Le 17 juin 1689 à Paray-le-Monial, apparition de Jésus-Christ à Sainte-Marguerite-Marie Alacoque à laquelle est adressé le message suivant :
"Fais savoir au fils aîné de mon Sacré-Cœur (il s’agissait alors de Louis XIV) que, comme sa naissance temporelle a été obtenue par la dévotion aux mérites de ma sainte Enfance, de même il obtiendra sa naissance de gloire éternelle par sa consécration à mon Cœur adorable qui veut triompher du sien, et par son entremise de celui des grands de la terre.
Mon Cœur veut régner dans son palais, être peint sur ses étendards et gravé dans ses armes pour les rendre victorieuses de tous ses ennemis, en abattant à ses pieds ces têtes orgueilleuses et superbes, pour le rendre triomphant de tous les ennemis de la sainte Eglise."
Malheureusement, aucune de ces demandes ne sera réalisée, que ce soit par Louis XIV, Louis XV ou Louis XVI, et 100 ans jour pour jour plus tard, le 17 juin 1789 à Versailles, le Tiers-état se proclame
assemblée constituante, c'est la fin de la monarchie de droit divin et le début de la république...
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| Adieux de Louis XVI à sa famille au Temple, Charles Benazech, 1793. |
Louis XVI, emprisonné au Temple, se rendra compte de la terrible erreur de ne pas avoir appliqué le message reçu un siècle plus tôt par Sainte-Marguerite-Marie, mais il est trop tard :
«Vous voyez, ô mon Dieu, toutes les plaies qui dessèchent mon cœur et la profondeur de l’abîme dans lequel je suis tombé. Des maux sans nombre m’environnent de toutes parts. A mes malheurs personnels et à ceux de ma famille, qui sont affreux, se joignent, pour accabler mon âme, ceux qui recouvrent la surface de tout le Royaume. Les cris de tous les infortunés, les gémissements de la Religion opprimée retentissent à mes oreilles, et une voix intérieure m’avertit encore que peut-être, votre justice me reproche toutes ces calamités, parce que dans les jours de ma puissance, je n’ai point réprimé la licence des mœurs et l'irréligion qui en est la principale cause... parce que j’ai fourni moi-même des armes à l’hérésie qui triomphe, en la favorisant par des lois qui ont doublé ses forces et lui ont donné l’audace de tout oser.
Je n'aurais point, ô mon Dieu ! la témérité de vouloir me justifier devant vous. Mais vous savez que mon cœur a toujours été soumis à la foi et aux règles des mœurs. Mes fautes sont le fruit de ma faiblesse, et semblent dignes de votre grande miséricorde. Vous avez pardonné au roi David, qui avait été cause que vos ennemis avaient blasphémés contre vous ; au roi Manassée qui avait entraîné ses peuples dans l'idolâtrie. Désarmés par leur pénitence, vous les avez rétablis l'un et l'autre sur le trône de Juda. Vous les avez fait régner avec paix et avec gloire. Seriez-vous inexorable aujourd'hui pour un fils de Saint-Louis, qui prend ces rois pénitents pour ses modèles, et qui à leur exemple, désire de réparer ses fautes et de devenir un roi selon votre cœur ? O Jésus-Christ ! divin réparateur de toutes nos iniquités, c'est dans votre Cœur adorable que je dépose en ce moment les affections de mon âme affligée. J'appelle à mon secours le tendre Cœur de Marie, mon auguste protectrice et ma mère et l'assistance de Saint-Louis, mon patron et le plus illustre de mes aïeux. Ouvrez-vous, Cœur adorable, et par les mains si pures de mes puissants intercesseurs, recevez le Vœu satisfactoire que la confiance m'inspire, et que je vous offre comme l'expression naïve des sentiments de mon cœur.
VOEU.
Si par un effet de la bonté infinie de Dieu je recouvre ma liberté et ma puissance royale, je promets solennellement :
1. De révoquer le plus tôt que faire se pourra, toutes les lois qui me seront indiquées (soit par le Pape, soit par un Concile, soit par quatre Évêques choisis parmi les plus éclairés et les plus vertueux de mon Royaume) comme contraires à la pureté, à l'intégrité de la Foi, à la discipline, et à la juridiction spirituelle de la Sainte Eglise Catholique, Apostolique et Romaine notamment la Constitution civile du Clergé.
2. De rétablir sans délai tous les Pasteurs légitimes et tous les Bénéficiers institués par l'Eglise, dans les bénéfices dont ils ont été injustement dépouillés par les décrets d'une puissance incompétente, sauf à prendre les moyens canoniques pour supprimer les titres des bénéfices qui sont moins nécessaires, et pour en appliquer les biens et revenus aux besoins de l'Etat.
3. De prendre, dans l'intervalle d'une année, tant auprès du Pape qu'auprès des Évêques de mon Royaume, toutes les mesures nécessaires pour établir, en observant les formes canoniques, une fête solennelle en l'honneur du divin Cœur de Jésus, laquelle fête sera célébrée à perpétuité dans toute la France, le premier vendredi après l'octave du Saint-Sacrement, et toujours suivie d'une procession générale, en réparation des outrages et des profanations commises dans nos saints Temples, pendant ce temps de troubles, par les schismatiques, les hérétiques et les mauvais chrétiens.
4. D’aller moi-même en personne, sous trois mois à compter du jour de ma délivrance, dans l’église de Notre-Dame de Paris, ou dans toute autre église principale du lieu où je me trouverai, et de prononcer, un jour de dimanche ou de fête, au pied du Maître-Autel, après l’Offertoire de la Messe, et entre les mains du Célébrant, un acte solennel de consécration de ma personne, de ma famille et de mon royaume au Sacré Cœur de Jésus, avec promesse de donner à tous mes sujets l’exemple du culte et de la dévotion qui sont dus à ce Cœur adorable.
5. D’ériger et de décorer à mes frais, dans l’église que je choisirai pour cela, dans le cours d’une année à compter du jour de ma délivrance, une chapelle ou un autel qui sera dédié au Sacré Cœur de Jésus, et qui servira de monument éternel de ma reconnaissance et de ma confiance sans bornes dans les mérites infinis, et dans les trésors inépuisables de grâces qui sont renfermés dans ce Cœur sacré.
6. De renouveler tous les ans, au lieu où je me trouverai, le jour qu’on célébrera la fête du Sacré-Cœur, l’acte de consécration exprimé dans l’article 4, et d’assister à la procession générale qui suivra la Messe de ce jour.
Je ne puis, aujourd’hui, prononcer qu’en secret cet engagement; mais je le signerais de mon sang, s’il le fallait, et le plus beau jour de ma vie sera celui où je pourrai le publier à haute voix dans le Temple.O Cœur adorable de mon Sauveur, que j’oublie ma main droite et que je m’oublie moi-même si jamais j’oublie vos bienfaits et mes promesses, si je cesse de vous aimer, et de mettre en vous ma confiance et ma consolation. »
Lien vers le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France pour visualiser le document "Vœu du roi-martyr Louis XVI".
dimanche 30 avril 2017
Anacharsis Cloots, apôtre de la République Universelle
"Salut, trompette centrale du monde, consolateur des opprimés ! Tu sièges au chef-lieu du globe, et ta voix retentit d'un pôle à l'autre. Parle, l'univers t'écoute. Ton livre de la République Universelle contient plus de vérités que les livres de nos saints prophètes !"
C'est en ces termes que le rabbin Samuel Lévi saluait l'oeuvre d'Anacharsis Cloots, "la République Universelle", que ce dernier publiait en février 1792 dans le bruit et la fureur de la Révolution française.
Dans sa république universelle ainsi que dans sa suite directe Bases constitutionnelles de la République du genre humain (publiée en avril 1793) Cloots prône donc un monde sans frontière, libéré de "l'obscurantisme chrétien".
C'est en ces termes que le rabbin Samuel Lévi saluait l'oeuvre d'Anacharsis Cloots, "la République Universelle", que ce dernier publiait en février 1792 dans le bruit et la fureur de la Révolution française.
Anacharsis Cloots (Jean-Baptiste de son vrai prénom) est issu d'une famille d'aristocrates rhénans. Né en 1755, il s'installera en France en 1789, fervent défenseur des lubies révolutionnaires, il deviendra citoyen français et se fera élire à la Convention en septembre 1792.
"L'orateur du genre humain" fera partie de ceux qui voteront la mort du roi Louis XVI (exécuté le 21 janvier 1793).
Cloots ne lui survivra pas longtemps puisqu'il finira lui aussi sous la lame révolutionnaire le 24 mars 1794 après que Robespierre l'ait violemment pris à partie et accusé de "faire le jeu des puissances étrangères".
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| Anacharsis Cloots (1755-1794) |
Dans sa république universelle ainsi que dans sa suite directe Bases constitutionnelles de la République du genre humain (publiée en avril 1793) Cloots prône donc un monde sans frontière, libéré de "l'obscurantisme chrétien".
Car oui, Cloots est viscéralement antichrétien.
Il souhaite même que soit érigée une statue du curé athée Jean Meslier à l'intérieur de Notre-Dame de Paris transformée par les profanateurs révolutionnaires (voir l'Histoire du Vandalisme de Louis Réau et en particulier le chapitre concernant le "vandalisme jacobin" pour réaliser l'ampleur des méfaits commis au nom de la "liberté") en "temple de la Raison".
| Jean Meslier, le curé athée... |
L'utopie mondialiste a toujours fraternisé avec le judaïsme (on a vu la réaction enflammée du rabbin Samuel Lévi) et de manière quasi symétrique s'est opposée au christianisme en général et à la religion catholique en particulier.
Pour Cloots, "la république universelle remplacera l'Eglise catholique" et le "genre humain est Dieu" (oui l'humanisme est une religion qui ne dit pas son nom, elle fait d'ailleurs bon ménage avec un panthéisme très en vogue actuellement et participant à cultiver l'image d'une Nature -avec un n majuscule- divinisée).
* Petit florilège d'extraits de La République Universelle et des Bases constitutionnelles de la République du genre humain :
- "je demande la suppression du nom Français, à l'instar de ceux de Bourguignon, de Normand, de Gascon."
- "c'est le genre humain régénéré que j'avais en vue, lorsque j'ai parlé du Peuple-Dieu dont la France est le berceau et le point de ralliement."
- "l'âge d'or reviendra quand le souverain régnera, quand l'erreur et la tyrannie ne morcelleront plus les domaines du souverain universel."
- "hommes de tous les climats, une vérité mère doit vous être continuellement présente à l'esprit, c'est que la révolution de France est le commencement de la révolution du monde."
- "brisez donc les moules de la tyrannie, rendez au souverain unique sa dignité première, et vous assurerez à jamais le bonheur de la France et de l'univers"
(Difficile de ne pas constater dans ce dernier extrait une transposition de l'univers kabbalistique d'Isaac Luria, ce ne sont plus les vases qui se brisent -chevirat haKelim-, mais "les moules de la tyrannie").
* On y retrouve également une inversion typiquement satanique, une ode à la débauche que n'aurait pas reniée un Sabbataï Tsévi :
- "Tâchons de nous élever à l'instinct des animaux, soumettons-nous aux lois invariables."
* Dans l'extrait suivant, on peut substituer l'expression "la république universelle" par "les droits de l'homme" afin d'obtenir une teinte plus actuelle... :
- "La République universelle remplacera l'Eglise catholique et l'Assemblée nationale fera oublier les conciles œcuméniques."
* Nous y lisons aussi l'expression d'un totalitarisme messianique, germe des futures dictatures communistes et nazies dont la Terreur révolutionnaire peut être considérée comme une
annonciatrice :
annonciatrice :
- "La souveraineté étant nécessairement despotique, gardons-nous bien de l'attribuer à toute autre puissance que le genre humain."
* Sans oublier un mépris de la création divine, thème ô combien gnostique (et judaïque... avec la nécessité de "réparer" le monde -voir concept du Tikkoun Olam-) :
- "eh bien, le globe que nous habitons est une île médiocre qui flotte autour du soleil"
Pour conclure, il ne faudrait surtout pas commettre l'erreur de voir en Cloots une espèce d'illuminé isolé.
Sa pensée et ses écrits sont l'expression d'une mentalité bien ancrée dans un monde du XVIIIe siècle profondément imprégné par le courant des Lumières (sur la réalité de ces dernières, voir impérativement les excellents travaux de Xavier Martin).
Il est essentiel de préciser que les Lumières sont elles-même le fruit de l'arbre kabbalistique qui a commencé à prospérer à partir de la Renaissance, lequel a contribué à lentement évacuer Dieu du cœur de la société pour faire place à un "Homme" divinisé et abstrait qui ouvrira la boîte de Pandore des pires totalitarismes.
Source principale :
Anacharsis Cloots, La République Universelle, L'insomniaque, Paris, 2014.
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