mercredi 7 juin 2017

Vers un Kurdistan irakien indépendant ?

En clair, les zones kurdes constituant un éventuel futur Kurdistan.

" L'Irak riche en pétrole d'une part et pays déchiré par des conflits internes d'autre part est assuré de se trouver dans notre viseur. Sa dissolution est encore plus importante pour nous que celle de la Syrie. L'Irak est plus résistant que la Syrie. Pour l'instant c'est le pouvoir irakien qui constitue la plus grosse menace pour Israël. (...) En Irak, une division en provinces selon des lignes ethnico-religieuses comme en Syrie à l'époque ottomane est possible. Ainsi trois Etats ou plus existeront autour des trois plus grosses villes  : Bassora, Bagdad et Mossoul, et les zones chiites au sud se sépareront des zones sunnite et kurde du nord."

{Oded Yinon - fonctionnaire du Ministère des Affaires étrangères israélien- 1982}


Les événements s’enchaînent toujours à la vitesse de l'éclair au Moyen-Orient.
Après le premier attentat commis par l'Etat Islamique en Iran {lien} et l'affirmation de Nikki Haley, l'ambassadrice américaine à l'ONU, qui a accusé les Nations Unies d'être des "brutes" à l'égard des Israéliens -ce qui revient à exonérer ces derniers de toute faute commise ou à commettre- {lien}.
C'est maintenant le Kurdistan irakien qui se dirige droit vers son indépendance {lien}.
La citation d'Oded Yinon en préambule laisse à penser que cela sera vu d'un très bon œil à Tel Aviv.
L'Irak est en train de mourir sous nos yeux et cet éclatement ne sera pas sans conséquence pour les autres Etats de la région.
Si le Kurdistan irakien obtient effectivement son indépendance en septembre prochain, la déstabilisation des voisins turc, syrien et iranien sera encore accentuée, l'ensemble du peuple kurde s'étendant sur ces 4 pays.
L'indépendance de la zone irakienne (particulièrement riche en pétrole autour de Kirkouk et de Mossoul) formera un trou noir, attirant à elle les zones encore incarcérées dans les états limitrophes.

Un autre aspect du problème nous ramène une nouvelle fois à l'Iran :
"Convaincus qu'une crise avec le pouvoir central pour le contrôle des villes de Mossoul et de Kirkuk est inévitable, les Kurdes comptent sur leurs alliés. En échange de sa neutralité, carte blanche a été donnée à la CIA pour continuer à opérer au Kurdistan, en particulier le long de la frontière iranienne."
(T. JOSSERAN, F. LOUIS, F. PICHON, Géopolitique du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, PUF, 2012, p.144)




Si tous les événements de ces dernières semaines ressemblent à un magma informe, c'est pourtant à un véritable tir croisé sur la République islamique iranienne auquel nous assistons, florilège :

- Déclaration de Netanyahu désignant l'Iran comme étant "le plus grand générateur de terrorisme au monde" {lien}.
- Déclaration de Trump qui appelait à "isoler l'Iran" {lien}.
- Qatar placé en quarantaine par ses voisins alors qu'il entretenait des relations cordiales avec Téhéran.

Et aujourd'hui :

- Attentat en Iran.
- Un Kurdistan irakien en gestation qui favoriserait une déstabilisation iranienne de par la présence d'une population kurde en Iran mais aussi en raison d'une facilité de projection accrue pour la CIA sur le terrain iranien.
- La dernière communication (qui serait applicable à bien des Etats...) du président américain : "ceux qui soutiennent le terrorisme s'exposent à en être les victimes" {lien}.

Plus que jamais, l'Iran est dans l’œil du cyclone  et semble destiné à l'opprobre internationale.
A qui cela sera-t-il bénéfique ?
Je vous laisse conclure.



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