dimanche 11 juin 2017

Richard de Coudenhove-Kalergi et son projet pour l'Europe



Le comte et haut-initié Richard Coudenhove-Kalergi (1894-1972) est pratiquement un inconnu du grand public.
Pourtant, son influence sur la construction européenne est immense et la vision qui était la sienne est en train de prendre forme sous nos yeux.
C'est par exemple, et entre autres, lui qui avait suggéré d'adopter l'Ode à la Joie de Beethoven en tant qu'hymne européen, c'est aussi le fondateur de la Paneurope, l'inspirateur du Conseil de l'Europe, ou encore le premier lauréat du Prix Charlemagne.
Son ouvrage Praktischer Idealismus (Idéalisme Pratique en français), paru en 1925 décrit ce que sera le futur de l'Europe.




Pour Coudenhove-Kalergi, l'homme du futur sera un métis et la "noblesse" sera en grande partie constituée de Juifs :


L’humain du lointain futur sera un métis. Les races et les castes
d’aujourd’hui seront victimes du dépassement toujours plus grand de
l’espace, du temps et des préjugés. La race du futur, négroïdo-eurasienne,
d’apparence semblable à celle de l’Égypte ancienne, remplacera la
multiplicité des peuples par une multiplicité des personnalités. 

Les émissaires principaux de la noblesse cérébrale : du capitalisme, du

journalisme, de la littérature, qu’elle soit corrompue ou intègre, sont des
Juifs. La supériorité de leur esprit les prédestine à devenir l’un des
éléments les plus importants de la noblesse du futur

De toutes ces persécutions est ainsi finalement sortie une petite

communauté, forgée par un martyr pour une idée héroïquement supporté,
et purifiée de tous ses éléments faibles en volonté et pauvres en esprit. Au
lieu d’anéantir le judaïsme [Judentum : judéité], l’Europe, contre sa volonté,
l’a ennobli à travers ce processus de sélection artificielle, et l’a élevé au rang
de futur leader de la nation. Il n’y a donc rien d’étonnant à ce que ce
peuple, réchappé du ghetto-cachot, se soit développé en une noblesse
d’esprit européenne. Une providence pleine de bonté a donc, au moment
où la noblesse féodale déclinait, offert à l’Europe à travers l’émancipation
des Juifs, les grâces d’une nouvelle race de noblesse d’esprit
Jean-Luc Mélenchon  suit à la lettre les volontés de Coudenhove-Kalergi.

Le comte est aussi un fervent adepte de l'eugénisme :
Seule sera libre l’alliance des hommes les plus nobles avec les femmes les plus nobles, et inversement — les personnes de valeur moindre devront se satisfaire de
personnes de valeur moindre. Ainsi, le mode d’existence érotique des
personnes de valeur moindre et médiocres sera l’amour libre, celle des
élus : le mariage libre. La nouvelle noblesse de reproduction [Zuchtadel :
noblesse disciplinée, noblesse d’élevage] du futur n’émergera donc pas des
normes artificielles de la culture de castes humaine, mais plutôt des lois
divines de l’eugénisme érotique. 

Il nous donne une parfaite description de l'Union Européenne actuelle :

Dans l’état actuel de l’éthique et de la technique, le maximum de ce
que la politique pourrait atteindre serait la généralisation de la non-liberté,
de la pauvreté et du travail forcé. Elle ne pourrait que rendre ce mal partout
égal [ausgleichen], et non le supprimer [aufheben] ; ne pourrait que faire de
L’Europe une maison de redressement pour forçats égaux en droits —
mais nullement un paradis. 




Sa vision de la condition féminine est très juste.
Mais il aurait également pu ajouter que l'homme vraiment homme est aussi en train de disparaître.
Coudenhove évoquait le métissage des races, il aurait pu étendre sa logique au métissage des sexes...

L’émancipation de la femme [Frau] est aussi un symptôme de la

masculinisation de notre monde : car elle ne mène pas le type humain
féminin vers la puissance — mais plutôt le masculin. Tandis
qu’auparavant la femme féminine [weibliche Frau] prenait part à la
domination du monde via son influence sur l’homme — aujourd’hui les
hommes des deux sexes brandissent le sceptre de la puissance économique et
politique. L’émancipation des femmes signifie le triomphe de la femme
masculine[des Mannweibes] sur la femme [Frau] véritable, féminine ; elle ne
conduit pas à la victoire — mais à l’abolition du féminin [Weibes]. La Dame
[Dame] est déjà éteinte : la femme [Frau] doit la rejoindre. — À travers
l’émancipation, le sexe féminin qui jusque-là avait été partiellement
épargné, est mobilisé et enrôlé dans l’armée du travail.



Triomphe de la femme masculine ou de l'homme féminin ?

Et le but final, l'homme-Dieu, le "Maître de la Terre" (on songe ici au roman de Robert Benson qui décrivait l'Antéchrist en ces termes) :

Le plus haut, l’ultime idéal du romantisme du futur européen
est : non pas l’abandon de — mais le retour à la nature sur un plan plus
élevé. La culture, l’éthique et la technique sont au service de cet idéal.
Après des centaines de milliers d’années de guerre, l’humain doit à
nouveau faire la paix avec la nature et retourner dans son royaume ; mais
non en tant que sa créature — plutôt en tant que son maître. En effet,
l’humain est sur le point de renverser la constitution de sa planète : hier
elle était anarchique, demain elle devra devenir monarchique. Une créature,
parmi des milliards, est en train de s’emparer de la couronne de la création :
l’humain libre et épanoui, en tant que maître royal de la Terre. 


Pour se procurer la traduction complète en français de Praktischer Idealismus, c'est ici.


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