mercredi 14 juin 2017

En marche vers la dictature numérique ?


Réunis mardi à Paris, la Première ministre britannique Theresa May et Emmanuel Macron ont annoncé "un plan d'action" conjoint et "très concret" pour renforcer la lutte antiterroriste. Le sujet est plus que jamais d'actualité après les récents attentats qui ont frappé Manchester fin mai et Londres début juin. Les deux dirigeants ont expliqué travailler sur ce projet commun "depuis plusieurs jours", avec pour ambition de "renforcer les obligations des opérateurs en ligne pour supprimer les contenus qui promeuvent la haine".

Ce qu'il y a de pratique avec les attentats, c'est que ça n'est jamais inutile pour broyer toujours plus les libertés (qui se réduisent de plus en plus telle la peau de chagrin de Balzac).
La rencontre Theresa May/Emmanuel Macron d'hier aura servi à accorder les violons anglais et français en ce qui concerne la réduction de la marge de manœuvre sur internet pour nous autres, utilisateurs potentiellement terroristes et propagateurs de "haine".
Qu'est-ce que la "haine" ?
Comment définir les contours d'un concept aussi vague ?
Pourquoi s'en prendre uniquement à internet, le seul endroit où une information réellement indépendante est encore disponible ?
Les terroristes sont-ils tous des geeks ?
Peu importe, ne posons pas trop de questions, cela voudrait certainement dire que nous avons quelque chose à nous reprocher.

Il est intéressant de voir que les attentats de Manchester (23 mai) et de Londres (3 juin) auront simplement permis de passer la vitesse supérieure concernant une surveillance accrue d'internet Outre-Manche.
Le projet était déjà dans les cartons et prêt à être déballé comme nous le confirme l'article suivant du 22 mai dernier :



Grande-Bretagne : Theresa May veut créer un nouvel Internet contrôlé et réglementé par le gouvernement


Il y a quelques jours, l’actuelle Première ministre de Grande-Bretagne a fait part de la volonté de son parti politique d’assainir Internet. Theresa May promettait de sanctionner les réseaux sociaux qui seront incapables de contrôler les posts de leurs utilisateurs. Elle militait pour interdire la diffusion de contenus inadaptés, voire dangereux, pour les mineurs ou de contenus incitant à la haine (raciale, religieuse...), à la pornographie, à la violence ou à toutes formes de discrimination sur Internet.

Theresa May est revenue à la charge avec un nouveau projet visant à autoriser son gouvernement à prendre le contrôle d’Internet en Grande-Bretagne en choisissant le contenu qui peut être publié ou pas. Actuellement, une grande partie d’Internet est gérée par des entreprises privées comme Google et Facebook, mais le gouvernement britannique souhaite remédier à cette situation. Il a l’intention de prendre le contrôle total d’Internet et de filtrer les informations auxquelles sa population a accès : publication, partage, post ou autre. 
« Certaines personnes pensent que le gouvernement n’est pas censé intervenir dans le contrôle des technologies et d’Internet. Nous ne sommes pas d’accord », a-t-elle déclaré.
Elle a présenté un manifeste qui expose les différents changements que souhaiterait apporter son parti sur la gestion d’Internet. Selon elle, l’objectif officiel de cette initiative serait de permettre à la Grande-Bretagne de devenir « le leader mondial de la régulation des données personnelles et d’Internet », et « mieux combattre le terrorisme en limitant les moyens de communication en ligne des terroristes. »



Au travers de leur manifeste, les conservateurs britanniques souhaiteraient encourager les entreprises technologiques à équiper leurs services de messagerie chiffrés avec des backdoors qui permettraient d’espionner les conversations de n’importe qui, terroristes ou non. Ils voudraient que soient instaurées de nouvelles lois et des restrictions qui rendraient plus difficile que jamais l’accès à des sites qu’ils jugent sensibles ou simplement empêcher les moteurs de recherche de diriger leurs utilisateurs vers ces sites web. Ils voudraient obliger les entreprises technologiques d’Internet à ne pas conserver les données et l’historique de navigation des moins de 18 ans.

Le manifeste détaille le projet des conservateurs pour la réglementation de la nature des contenus qui pourront être affichés en ligne et comment les entreprises d’Internet devront être rémunérées. Il propose également qu’une taxe soit imposée aux entreprises d’Internet comme celle qui existe actuellement pour les entreprises de jeux d’argent. Cet argent devra servir à financer des programmes publicitaires pour informer les gens sur les dangers d’Internet, mais surtout pour « soutenir la sensibilisation et l’activité préventive contre les méfaits de l’Internet. »
« Nous allons mettre en place un système qui oblige l’industrie à ne pas diriger ses utilisateurs, même involontairement, vers des contenus incitant à la haine, la propagande, la pornographie ou d’autres sources de préjudice. »

Ces évènements interviennent après l’adoption de l’Investigatory Powers Act, la loi britannique sur les pouvoirs spéciaux d’investigation qui avait été initiée par la même Theresa May, alors ministre de l’Intérieur à ce moment. Cette loi donne une base légale aux services compétents du gouvernement britannique pour procéder à l'espionnage et au piratage des ordinateurs ou des téléphones portables, forcer un site Internet à sauvegarder et divulguer l’historique de navigation de ses utilisateurs ou bloquer le chiffrement des messages envoyés par des applications comme WhatsApp pour accéder à leurs contenus.

Un petit questionnaire pour conclure, attention, il n'y a qu'une seule bonne réponse.

Pour lutter efficacement contre le terrorisme il faut :
a) restreindre les libertés sur internet.
b) stopper l'immigration incontrôlée.
c) assécher les sources du financement des terroristes (trafics de migrants, d'armes, de drogue...).
d) arrêter de soutenir le renversement de gouvernements d'Etats (Libye, Syrie, Irak...) qui basculeront dans une instabilité faisant le jeu des djihadistes.


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