lundi 3 juillet 2017

Vladimir Poutine, la Russie, l'Ukraine et les rivalités internes au monde juif

Vladimir Poutine et le rabbin loubavitch Berel Lazar.
L'article qui suit est l'oeuvre de Pierre de Villemarest*, il date de juin 2007 mais est très utile pour la compréhension de la situation russe, de plus, les tendances évoquées n'appartiennent pas au passé mais constituent une orientation qui ne s'est pas démentie ces dernières années, notamment concernant les liens unissant le mouvement loubavitch à Vladimir Poutine.  
Le document suivant enfonce le clou à propos de cette question, enfin, le dernier article "Les Juifs de Russie et d'Ukraine sont en guerre" éclaire sous un angle différent le conflit russo-ukrainien...

*Pierre de Villemarest (1922-2008) était un ancien membre des services de contre-espionnage français.


Le SVR n'a plus besoin de Vladimir Jirinovsky pour espionner les communautés juives, comme il le fit durant l'ère Andropov. Poutine, depuis, quand il dirigeait l'appareil des services secrets de la Russie, puis quand il est devenu Président de la Fédération russe, a résolu le problème. Et cela grâce à un rival, Berel Lazar.
Berel Lazar s'opposait en 1996 à Vladimir Gouzinsky, alors créateur du Congrès des juifs de Russie. Gouzinsky, propriétaire à l'époque d'une grande partie des médias du pays, jouissait en outre d'excellentes relations dans la diaspora juive des États-Unis et de Grande-Bretagne.

Pendant la présidence de Boris Eltsine, il a lutté pour s'imposer sur une communauté d'alors près d'un million de juifs russes. Il se heurtait à un noyau puissant de cadres du FSB (le KGB de l'intérieur) et aux indicateurs placés dans ce milieu par le député " libéral " Jirinovsky, nom du second mari de sa mère, mais en réalité fils de son premier époux, Volf Isakovitch Edelstein.
A l'âge adulte, Edelstein abandonna ce patronyme pour prendre celui de Jirinovsky, et devint un agent d'Anatoli Lioukanov, alors second de Gorbatchev à la direction des Organes administratifs, camouflage au Secrétariat du parti de la section qui coiffait les services de sécurité de l'URSS.

Le 2 avril 1994, Edelstein-Jirinovski présidait le Congrès de son parti, c'est-à-dire de 334 délégués représentant 120.000 adhérents, dits libéraux-démocrates. Il avait à ses côtés le général du KGB Alexandre Sterligov, représentant en URSS de l'éditeur britannique et agent soviétique Robert Maxwell. Étaient également présents : Abdel Ghani Ghafour, délégué personnel de Saddam Hussein ; Gerhard Frey, président en Allemagne de l'Union Populaire ; la soeur orthodoxe Monarkhina Angelina, sorte d'ayatollah en jupon, déléguée par la Serbe Mariana Milosevic, épouse du chef des Serbes nationaux-soviétiques ... et Bruno Gollnisch, vice-président du Front national, pourtant informé, comme Le Pen, du rôle d'agent double de Jirinovski.
Ce dimanche 3 avril 1994, il était question de créer une Union des Peuples Slaves, projet retourné presque tout de suite dans les limbes. Mais Jirinovski n'en demeurait pas moins l'agent de pénétration du KGB dans le milieu juif.

La Lettre du Centre européen d'information le précisait dès 1994, et publiait en 1996 sa biographie détaillée, précisant qu'il avait pris le nom de Jirinovski afin de pouvoir s'inscrire en 1964 au Département de l'Institut des Langues orientales de Moscou. Cinq années plus tard, il commençait sa carrière d'agent double dans les aciéries turques d'Iskanderun, mais il fut assez vite démasqué par le contre-espionnage turc. Rentré en URSS, il devint un indicateur des services de sécurité contre ses coreligionnaires, en participant, entres autres activités, à la création de l'organisation " Shalom " qui réunissait des juifs antisionistes.
Aux élections présidentielles de 1991, son Parti libéral démocrate obtint 7,83% des voix. Il arrivait troisième sur la liste des prétendants, devancé par Boris Eltsine et Nikolaï Ryjkov, alors Premier ministre. Il poursuivit alors ses missions pour les " services ", notamment auprès de Saddam Hussein, et sera l'hôte aux États-Unis des plus hautes sommités du CFR en novembre 1994 à San Francisco, New York et Washington.

La promotion du rabbin Berel Lazar

A cette époque, l'attention de Vladimir Poutine fut attirée par la secte des Loubavitchs, laquelle végétait en Russie depuis 1990 autour d'un étrange jeune rabbin: Berel Lazar, né à Milan, et qui avait suivi aux États-Unis les séminaires réservés aux futurs rabbins. Lazar avait séjourné en 1990 en Russie muni d'un visa valable un an, mais finalement il avait choisi de s'y ancrer. Il s'entoura de 150 fidèles fort actifs, et se heurta à Vladimir Gouzinsky, dont les publications et la radio se montraient fort critiques à l'égard de Poutine.
Lazar prit à partir de là de l'importance, à la fois en Russie et sur le plan international, avec son organisation : la Fédération des Organisations juives de Russie dans laquelle le secondait un juif d'Ouzbékistan, Lev Leviev, spécialisé dans le commerce des diamants. En 2000, nous avions noté un geste étrange de Poutine qui avait ouvert les portes et les salles du Kremlin à la fête annuelle des Loubavitchs. Cela ne s'était jamais vu, ni du temps des tsars, ni sous Staline, ni encore moins du temps de Khrouchtchev ou de Brejnev.
Cette réception correspondit à l'arrestation de Gouzinsky. Il sera relâché par le KGB au bout de quatre jours, à condition de s'exiler, et de renoncer à ses journaux et à sa radio. En revanche, dès le mois de juillet 2000, Poutine invitait Berel Lazar à assister, accompagné d'autres potentats, à son discours à la Nation. Le successeur de Gouzinsky au Congrès des Juifs de Russie n'a pas été convié.

En septembre suivant, selon nos sources à Moscou, Poutine accorda dix millions de dollars de subventions à la Fédération animée par Lazar, sous prétexte d'aider à la création d'un centre de formation loubavitch. Ce geste amorça les dons de plusieurs richissimes juifs, dont celui du plus fortuné des oligarques : Roman Abramovitch. En mai 2007, ce dernier est devenu le roi mondial du vanadium, un minerai hautement stratégique, puisque utilisé dans les systèmes radars et autres technologies. Abramovitch, qui vit à Londres dix mois sur douze, finance à bout de bras le budget de la ville d'Omsk, en Sibérie. C'est un fidèle de Vladimir Poutine, de même que l'oligarque George Rohr, un des plus importants investisseurs en Russie, qui s'active depuis sa résidence américaine.
La revanche juive de l'espionnage russe

Ici l'observateur doit s'interroger. La Fédération présidée par Berel Lazar compte à ce jour 4.000 prosélytes, dont 150 seulement animent le secteur russe, mais 3.850 sont répartis dans 73 communautés d'autant de pays étrangers. Un vrai succès en moins de dix ans de l'activisme loubavitch, dont les missionnaires s'appellent eux-mêmes des " chabadniks ", terme formé des initiales de l'acronyme des mots hébreux : " Sagesse, savoir et compétence ".

Poutine ne cache pas ses relations personnelles avec Berel Lazar. En septembre 2005, il s'est laissé photographier lui serrant la main, lors d'un congrès annuel des Loubavitchs. Une sorte d'adoubement pour ce fils d'émigrés juifs de Milan, dont Guy Chazan, correspondant en URSS du " Wall Street Journal ", assure qu'il a douze enfants. Mais cette réussite ne s'assortit-elle pas de services rendus en échange par les recrues du SVR et du GRU dans le milieu loubavitch, implanté, répétons-le, dans soixante-treize pays ?
De tous temps, les services russes ont préconisé la supériorité de l'espionnage " humain " sur l'espionnage par des moyens technologiques, souvent privilégiés par la CIA ou d'autres services secrets. Importance donc, pour eux, de l'emploi, sinon d'espions proprement dits, du moins d'agents d'influence dans les milieux politiques, commerciaux et religieux. C'est un aspect à ne pas négliger, en observant les communautés implantées dans nos pays et en particulier en France. Les Européens, inconditionnels de Vladimir Poutine, devraient réfléchir lorsqu'ils se félicitent que leur " héros " ait su écarter des allées du pouvoir les oligarques d'origine juive. Or, sept sur dix sont issus de cette communauté.
Pierre de Villemarest





Autre article concernant les liens entre Poutine et le monde juif :


La Jewish Connection De Vladimir Poutine Et Pourquoi Ça Pourrait Être Bien Pour Israël…
 Dans la longue histoire des Juifs de Russie, le gouvernement a rarement été un allié, et a souvent, au contraire, été source de persécution. L’actuel président Vladimir Poutine, cependant, est une formidable exception. Depuis qu’il est au pouvoir, les Juifs jouent un rôle important dans son histoire personnelle et dans son cercle intime. Cet élément personnel pourrait devenir important, voire décisif, dans la façon dont le conflit mondial se déroule.

Lors de l’Assemblée internationale des représentants Chabad en 2007, le grand rabbin de Russie, Berel Lazar, souvent désigné comme « le Rabbi de Poutine », a raconté une histoire remarquable à propos du dirigeant russe… Une histoire racontée par Poutine lui-même.
« Quand il était jeune enfant, il a grandi dans une famille très pauvre. Ses parents étaient toujours au travail et ses voisins étaient des juifs hassidim. Et a chaque fois que Vladimir était seul à la maison, les voisins l’invitaient à la maison. Et ils s’en occupaient comme si c’était leur propre enfant, pas comme si c’était celui des voisins, et pas non plus comme s’il était non juif. »
« Trente ans plus tard, en raison de la gratitude qu’il éprouvait pour cette famille, et pour le respect qu’il éprouvait pour le peuple juif dans son ensemble, il a accordé une autorisation officielle aux juifs de sa ville, Leningrad, d’ouvrir la première école juive de la région. »
La famille dans l’histoire de Lazar était celle d’Anatoly Rakhlin, l’entraîneur de lutte du lycée de Poutine ; un homme qu’il considérait comme une figure paternelle et aux funérailles duquel il a pleuré. Poutine a même largement parlé de cette famille dans son autobiographie:
« (Ils étaient) des juifs pratiquants qui ne travaillent pas le samedi. Les hommes étudiaient la Bible et le Talmud toute la journée. Un jour, j’ai demandé ce qu’ils marmonnaient et ils ont alors pris le temps de m’expliquer ce que c’était. Immédiatement, je me suis senti intéressé par cela. »
Mais les liens de Poutine avec le judaïsme ne sont pas limités à ses souvenirs d’enfance. En 2005, lorsque Poutine a effectué une visite officielle en Israël, il a rendu visite à son professeur de lycée, Mina Yuditskaya Berliner, qui vivait à Tel-Aviv. Plus tard, apprenant qu’elle vivait dans un tout petit appartement insalubre, Poutine ira jusqu’à lui acheter un appartement en plein coeur de Tel-Aviv.
En fait, Poutine s’est lui-même entouré de Juifs comme Moshe Kantor, Lev Leviev, Roman Abramovich et Victor Vekselberg. Ils sont tous des amis proches et confidents du président russe, et ils sont tous très ouvertement juifs.
Et lors de Rosh Hashana de cette année, Poutine a même envoyé cette lettre de vœux au Grand Rabbin de Russie:
« Pendant des siècles, les valeurs juives ont inspirées de nobles idéaux. Ces valeurs ont rendues meilleures les relations entre les différents peuples, ce sont des valeurs de charité, d’éducation et de bien public. »
Puis il a continué en promettant de s’opposer farouchement à toute manifestation d’antisémitisme et de xénophobie.
Reste à savoir si Poutine sera demain au côté de l’Etat juif quand les plus fortes violences de la 3ème guerre mondiale auront été déclenchées…






Enfin, des précisions fondamentales concernant le conflit qui oppose l'Ukraine à la Russie :


Les juifs de Russie et d’Ukraine sont en guerre
 Les dirigeants juifs russes déclarent qu’un antisémitisme virulent menace les juifs ukrainiens. Cette affirmation est fermement rejetée de l’autre côté de la frontière
Le conflit entre la Russie et l’Ukraine a monté les dirigeants juifs de deux pays les uns contre les autres en déclenchant des échanges discordants entre des rabbins éminents de chaque côté de la frontière.
La discorde a commencé à couver depuis le début des manifestations de novembre en Ukraine, mais elle est apparue au grand public ce mois-ci après que la Russie ait déployé ses forces armées en Crimée en réponse à ce que le président Vladimir Poutine a qualifié d’un « déchaînement » de groupes antisémites et nationalistes.
L’affirmation de Poutine a déclenché des réactions de colère de la part des dirigeants de la communauté juive d’Ukraine dont beaucoup d’entre eux ont déclaré qu’il s’agissait d’une fausse justification pour des actions russes agressives qui étaient plus dangereuses pour les juifs que n’importe quel nationalisme ukrainien.
Lundi, Berel Lazar, l’un des rabbins en chef de Russie, a riposté en encourageant les juifs ukrainiens à garder le silence sur des questions de géopolitique et en renouvelant ses préoccupations au sujet de l’antisémitisme dans le gouvernement d’après la révolution. Il a ensuite suggéré que les juifs ukrainiens étaient trop effrayés pour pouvoir exprimer ces préoccupations.
« La communauté juive ne devrait pas envoyer des messages au président Barack Obama à propos de sa politique ni au président Poutine ou à tout autre dirigeant. Je ne crois pas que cela soit la bonne méthode, a déclaré Lazar à JTA.
La révolution en Ukraine, un pays marqué par les souvenirs amers de la domination soviétique et comptant de nombreux russophones dans sa population, a éclaté en automne dernier après que le président Victor Yanoukovitch ait refusé de signer un accord de partenariat avec l’Union Européenne.


 Svodoba, un parti ukrainien ultranationaliste que les dirigeants de la communauté juive ukrainienne considèrent comme antisémitique et dangereux, a joué un rôle de premier ordre dans le soulèvement qui a conduit à la destitution de Yanoukovitch du mois dernier.
Le gouvernement intérimaire d’Ukraine a un vice-Premier ministre juif, Volodymyr Groysman, mais aussi trois ministres du mouvement SvobodaParmi les agitations de la révolution, plusieurs attaques antisémites ont eu lieu, y compris l’agression au couteau d’un juif religieux de Kiev, plusieurs passages à tabac de juifs dans les rues, une tentative d’incendie à une synagogue, et, dans une autre synagogue, des graffitis de croix gammées et de menaces, « Mort aux juifs ».
Au cours d’une conférence le 4 mars à Moscou, Poutine a expliqué que « la plus grande préoccupation » de la Russie concernait le « déchaînement de forces réactionnaires, nationalistes et antisémites qui avait lieu dans certaines régions d’Ukraine » en prévenant que la Russie ferait d’autres incursions si des minorités étaient en danger.
En réponse, Joseph Zissels, président de l’Association des communautés et des organisations juives d’Ukraine (Vaad), et 20 autres dirigeants de la communauté juive ukrainienne ont envoyé au président Poutine une lettre ouverte dans laquelle ils contestaient l’existence des niveaux anormalement élevés d’antisémitisme en Ukraine après la révolution et accusaient la Russie de menacer la sécurité des Ukrainiens.
« Votre politique visant à inciter au séparatisme et la forte pression que vous exercez sur l’Ukraine nous menace avec tout le peuple ukrainien », pouvait-on lire dans la lettre.


 Mercredi, Vaad a publié la lettre telle une publicité prenant la place d’une page entière dans le New York Times et plusieurs autres journaux.
Pour Lazar, un important rabbin du mouvement Chabad, qui s’est adressé à JTA, cette semaine à l’occasion de la conférence bisannuelle du Centre rabbinique européen à Budapest, la lettre du Vaad constitue un exemple de l’implication de dirigeants juifs dans des sujets qui ne concernent pas directement la communauté juive.
C’était une version plus tranchée encore des précédents appels pour un silence des juifs sur la crise ukrainienne, y compris une déclaration datée du 17 mars signée conjointment par Lazar et 47 autres rabbins russes et ukrainiens dont une bonne partie était affiliée au mouvement Chabad.
« Les dirigeants religieux et communautaires devraient se tenir en dehors de la sphère politique, soulignait la lettre. N’oubliez pas : toute parole irréfléchie peut entraîner de graves conséquences pour de nombreuses personnes. »
« Pourtant, plusieurs dirigeants juifs ukrainiens ont déclaré que Poutine, en utilisant la question de l’antisémitisme pour justifier ses actions, ne leur a pas laissé d’autre choix que de s’exprimer. »
« Nous ne sommes pas responsables de l’implication des juifs dans le débat pour en faire un problème juif, a expliqué Jacob Dov Bleich, un des rabbins dirigeants de l’Ukraine. Poutine nous a impliqué par son intrumentalisation cynique de l’antisémitisme comme une justification de ses actions. »


Meilakh Sheykhet, le directeur ukrainien pour l’Unions américaine des conseils pour les juifs dans l’ancienne Union soviétique a déclaré à JTA, que  » les principes juifs de justice et de vérité [imposaient aux juifs] ukrainiens de combattre les mensonges, les falsifications, la propagande extrémiste pro-russe orchestrée par Poutine.
Si les juifs ukrainiens n’avaient rien dit, explique Sheykhet, cela aurait donné l’impression d’un soutien à Poutine, et les juifs auraient été perçus comme la cinquième colonne en Ukraine. »
Le gouvernement intérimaire d’Ukraine a un vice-Premier ministre juif, Volodymyr Groysman, mais aussi trois ministres du mouvement Svoboda.
L’année dernière, au cours d’un entretien, l’un d’entre eux, Andriy Mokhnyk, le ministre de l’Environnement, a accusé les juifs de détruire l’indépendance ukrainienne.
Mokhnyk a également soutenu l’insistance des membres de son parti d’employer le mot ‘jid’ pour désigner dans la langue ukrainienne courante les juifs, malgré les protestations des dirigeants de la communauté juive ukrainienne qui rappellent que le mot est péjoratif.
« Ce parti, Svoboda, participe au gouvernement, a déclaré Lazar. Vous avez donc des ministres ouvertement antisémites qui sont présents dans ce gouvernement d’intérim. C’est préoccupant. »
Viatcheslav Likhachev, porte-parole du Vaad et chercheur de l’organisation sur l’antisémitisme, a déclaré que les ultranationalistes n’ont que très peu de pouvoir sur le gouvernement d’intérim. La révolution, a-t-il ajouté, n’a pas conduit à une augmentation massive des attaques antisémites.
Likhachev a également suggéré, à l’instar d’autres dirigeants juifs en Ukraine, que certaines des attaques ont pu être des provocations organisées par les pro-russes. Lazar a balayé d’un revers de main cette suggestion.
« Personne n’est sûr de rien, confie Lazar. Néanmoins, au cours des 15 dernières années, je n’ai rien vu de tel en Russie. Malheureusement en Ukraine, et tout spécialement dans certaines régions d’Ukraine, il existe un antisémitisme historique. »
Lazar est considéré comme étant un proche de Poutine, il avait guidé le président russe lors d’une visite du mur des Lamentations en 2012 et avait participé à des réceptions au Kremlin, y compris l’événement du 18 mars au cours duquel le processus officiel d’annexion de la Crimée avait commencé.
Plusieurs dirigeants de la communauté juive ukrainienne avaient rejetté la déclaration de Lazar comme émanant directement d’un porte-parole du Kremlin.
« Lorsque qu’il s’exprime, Lazar le fait comme quelqu’un occupant une position officielle, celle d’un dirigeant religieux dans la Russie contemporaine. En tant que tel, il lui est impossible, ou pour quiconque dans sa position, de formuler des points de vues qui ne suivent la ligne et la propagande officielle du Kremlin, déclare Likhachev. »
Le rabbin Shmuel Kamenetsky, l’une des figures de proue du propre mouvement Chabad de Lazar, a refusé de signer la lettre du 17 mars. Il a indiqué que la différence entre les dirigeants russes et ukrainiens doit quelque chose aux objectifs divergents des communautés juives respectives de ces pays.
« Le rabbin Lazar s’occupe très bien des juifs russes, explique Kamenestky. Ses déclarations correspondent à leurs objectifs. Ses liens très étroits avec le gouvernement sont très bénéfiques pour le judaïsme russe et pour les juifs vivant dans des régions éloignées qui, grâce à ces liens, sont protégés. »
Les juifs ukrainiens, souligne Kamenetsky, « veulent quelque chose d’autre. Nous voulons une Ukraine libre, unie et européenne. »
Boruch Gorin, un porte-parole de Lazar, a déclaré que la participation de Lazar à l’événement du 18 mars était simplement protocolaire et que cela n’impliquait pas que le rabbin ait une position sur les relations entre la Russie et l’Ukraine.




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